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Nº 3018 du vendredi 11 septembre 2015

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Antoine Zahra, député de Batroun. La solution se trouve dans la Constitution

L’actualité politique et les dernières évolutions sur la scène locale ont été au centre d’un entretien avec le député de Batroun Antoine Zahra, membre des Forces libanaises.

 

Pourquoi les Forces libanaises ont-elles décidé de ne pas participer au dialogue auquel a fait appel le président Nabih Berry?
Nous avons participé au premier dialogue auquel avait appelé Berry en 2006. Plus tard, nous avons aussi participé au sommet de Doha qui est une forme de dialogue, tout en ayant des réserves sur le tiers de blocage. Nous avons eu raison, car celui-ci a été utilisé pour faire chuter le cabinet de Saad Hariri. La première étape du dialogue a échoué quand le Hezbollah a déclenché la guerre de juillet 2006 malgré la promesse de sayyed Hassan Nasrallah que les Libanais jouiront d’un été florissant et paisible. Puis nous avons répondu à l’appel du président Michel Sleiman. Le dialogue est une perte de temps et le Hezbollah n’a aucune intention de tenir ses engagements et de respecter les décisions prises depuis 2006 jusqu’à ce jour. Au départ, le Hezbollah avait appuyé la déclaration de Baabda avant de se rétracter et de déclarer que c’était un accord mort-né. C’est encore une preuve que ce parti n’est pas prêt à respecter un accord si celui-ci n’est pas en harmonie avec sa politique régionale, c’est-à-dire la politique de l’Iran au Moyen-Orient. Quoique le dialogue soit une chose positive, il ne doit pas remplacer les institutions constitutionnelles. Aujourd’hui, les sujets proposés dans le cadre du dialogue n’en ont pas besoin. La solution à tous les problèmes se trouve dans la Constitution si on l’applique. Malgré l’accueil positif de toutes les parties, les Forces libanaises ont préféré ne pas tromper les gens et leur donner de faux espoirs.

 

Quel est le but de la visite de Samir Geagea au Qatar et pourquoi intervient-elle en ce moment?
Pour les gens, elle est une surprise mais pas pour Samir Geagea. A l’instar de sa visite en Arabie, celle-ci intervient après une longue préparation portant sur son timing et son ordre du jour. Le timing n’a aucun rapport avec la situation actuelle au Liban.

 

A-t-il discuté de la présidentielle?
C’est la première chose que Samir Geagea évoque avec tous ses interlocuteurs en allant du principe que la solution à tous les problèmes du Liban passe par l’élection d’un président. Malheureusement, nous estimons que c’est l’Iran qui empêche cette élection. Après la signature de l’accord nucléaire, l’Iran n’a plus que la carte de son appui au régime syrien et le contrôle du Liban par le biais du Hezbollah. Avant la conclusion de cet accord, la République islamique croyait avoir réalisé l’empire perse. Aujourd’hui, il ne lui reste plus que 18% du territoire de la Syrie contrôlé par le régime et le Hezbollah, et le Liban.

 

Que pensez-vous des manifestations populaires?
Le contraire m’aurait surpris. Quand le gouvernement déclare depuis janvier que le 17 juillet le dépotoir de Naamé sera définitivement fermé et que tout ce temps passe sans que le ministre de l’Environnement n’évoque cette affaire ni que des sociétés se présentent pour régler ce problème, cela me pousse à me poser des questions. Peut-être que le gouvernement avait parié sur le fait de mettre les gens devant le fait accompli et il doit alors rendre compte et payer le prix, ou alors il ne possède aucun sens de la responsabilité. Au départ, l’action populaire était innocente et avait un but précis: l’affaire des déchets. Ils ont raison et ils en ont le droit. Mais sont venus se greffer à cette action des groupes qui ont d’autres buts et dont on n’est pas sûr s’ils sont poussés par des partis ou des personnes convaincues par la lutte des classes. Nous les appuyons dans leurs réclamations sociales et dans leur lutte contre la corruption, mais nous les appelons à se déclarer non concernés par ceux qui cassent les biens publics et privés. Je les appelle à demeurer une action civile qui respecte la Constitution et à chasser ceux qui veulent les mettre en confrontation avec les forces de sécurité afin que le mouvement ne devienne une révolution sans horizon. Au Liban, le système est pluraliste et il ne peut être vaincu par la révolution, car les révolutions se font contre les régimes où il n’y a qu’une personne.

 

Comment évaluez-vous le dernier discours de Samir Geagea?
Il a confirmé les constantes de la résistance libanaise et leur traduction actuelle chez les Forces libanaises sur le plan de l’entité et de la souveraineté. Il a affirmé qu’il ne participera pas au dialogue. Après avoir évoqué les raisons de la corruption, le partage gouvernemental et le mini-Etat qui empêche la souveraineté, il a assuré que la seule alternative ne peut être qu’un Etat transparent, démocratique, libre de toute corruption.

 

Propos recueillis par Joëlle Seif

 

 

 

 

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