Magazine Le Mensuel

Nº 3019 du vendredi 18 septembre 2015

Hommage

La messe pour Bachir. «Les politiciens puisent leur force de l’étranger»

La famille Gemayel, entourée de ses partisans et des compagnons de Bachir Gemayel, a fait célébrer une messe à la mémoire du président assassiné. A cette occasion, Nadim Gemayel a prononcé une allocution, dans laquelle il a insisté sur le fait qu’un changement doit se faire dans les mentalités.
 

C’est donc en l’église Saint-Michel, à Bickfaya, qu’a eu lieu la messe de commémoration de l’ancien président de la République, Bachir Gemayel, assassiné, il y a 33 ans, dans une explosion contre le siège de son parti à Achrafié.
Dans son allocution, le député Nadim Gemayel a déploré la situation actuelle du Liban. «Dans mon pays, dit-il, beaucoup de rêves existent, mais celui de Bachir était le plus beau, parce que c’est celui de plusieurs générations, de l’Histoire et du futur. Dans mon pays, beaucoup de projets existent, mais celui de Bachir est le plus exemplaire, car il vise à assurer l’indépendance, la souveraineté du pays et la dignité du citoyen. Dans mon pays, existent plusieurs choix, mais celui de Bachir est le plus approprié, puisqu’il met en avant la sécurité, la justice, l’égalité». Et de poursuivre que si Bachir était toujours vivant, le Liban n’aurait pas souffert, aujourd’hui, d’un Etat faible, d’une administration corrompue, d’un gouvernement impuissant, d’un Parlement au mandat autoprorogé, des armes illégales, de la violation de nos frontières et de notre souveraineté ou encore d’un vide à la présidence. Le député a assuré que l’un de ses buts est de défendre la présence chrétienne libre et efficace dans la région du Moyen-Orient, demandant au passage lequel des politiciens a actuellement une politique claire, si ce n’est défendre ses propres intérêts et faire preuve d’opportunisme.
Gemayel a critiqué les partis et les politiciens, qui puisent leur force chez l’étranger, et le manque de positions nationales et patriotiques. «Nous voulons un réel changement, a-t-il affirmé; et le citoyen a raison, lorsqu’il le réclame. Mais nous souhaitons que ce changement soit réel et non fictif».
Il a ensuite énuméré les objectifs qui constituaient essentiellement le projet de Bachir, citant, entre autres, le rôle du Liban à l’échelle régionale et internationale, la coexistence islamo-chrétienne, la pluralité religieuse, la société solidaire, l’économie prospère et la politique stable.
«Nous ne craignons pas de faire face à tous les défis, a insisté le député d’Achrafié. Que nous soyons armés ou pas, nous n’avons peur de personne. L’esprit de résistance de Bachir est toujours présent en nous et nul n’est capable de nous déraciner ou de nous contrôler».
La famille du martyr, son épouse Solange, sa fille Youmna et son fils Nadim, l’ancien président Amine Gemayel et le député Samy Gemayel, ainsi qu’un parterre de figures politiques, sociales et médiatiques ont participé à la cérémonie. Puis les présents se sont rendus devant la tombe du président assassiné pour y déposer une gerbe de fleurs.

Danièle Gergès
 

Les FL se souviennent
C’est à la place Sassine que les Forces Libanaises (FL) ont commémoré, eux aussi, le 33e anniversaire de l’assassinat. Imad Wakim, responsable des FL à Beyrouth, représentait le commandant en chef des FL, Samir Geagea. Dans son allocution, il a tiré à boulets rouges sur le Hezbollah, l’accusant de saboter toutes les institutions. «Il est du devoir de tout Libanais qui défend les notions de liberté, de souveraineté et d’indépendance, dit-il, de se souvenir de cette date du 14 septembre». Il a évoqué le rêve qui taraudait Bachir qui souhaitait que le Liban soit un pays fort et indépendant, «un rêve, précise-t-il, qui lui a coûté la vie». Poursuivant sur sa lancée, il a déploré que le Liban soit actuellement «sous le joug d’un mini-Etat qui couvre tout genre de corruption et protège tous les hors-la-loi», en allusion franche au Hezbollah qui, dit-il, «menace continuellement la stabilité du pays et empêche l’élection d’un président, tout en paralysant l’action du gouvernement».

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