Magazine Le Mensuel

Nº 3047 du vendredi 1er avril 2016

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Rida Sadek. La révolution de la pub online

A 35 ans, Rida Sadek, ingénieur et fondateur de Rational Pixels, vient de commencer à réaliser son rêve: révolutionner la pub online grâce à un logiciel d’optimisation numérique de placements de produits dans l’audiovisuel.

La start-up de Rida Sadek, Rational Pixels, a été sélectionnée pour participer à un deuxième programme d’accélération, américain cette fois: Black Box dans la Silicon Valley américaine. Là-bas, ce féru d’informatique a présenté son produit: un logiciel d’optimisation numérique de placements de produits dans l’audiovisuel aux géants du secteur, des acteurs tels qu’Adobe, Google, Snapchat ou encore Dailymotion.
Diplômé de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) en Sciences informatiques, Rida Sadek a depuis toujours nourri le rêve de lancer sur le marché sa propre innovation technologique capable de révolutionner
les usages.
 

Contrat avec YouTube?
C’est au cours de son doctorat à Barcelone que le Libanais met au point la technologie de Rational Pixels. «Ce projet faisait, en réalité, partie de ma thèse», raconte-t-il. L’informaticien a ainsi mis au point un algorithme permettant d’insérer dans une vidéo animée une image qui change en fonction de la lumière afin de s’adapter à son environnement. «Ainsi, lors d’une scène du film The Truman Show, le paquet de chocolat américain en poudre que tient la femme à l’écran change en l’espace de quelques minutes pour s’adapter au marché libanais», explique l’ingénieur pour illustrer son propos. Une technologie qui pourrait bien révolutionner la publicité online.
«Pour un ingénieur en informatique, une des choses les plus difficiles peut parfois être d’expliquer son innovation de la manière la plus simple possible», confiait l’ingénieur il y a de cela quelques semaines avant de s’envoler pour la Silicon Valley.
A ce moment-là, le jeune entrepreneur rêvait d’approcher le géant YouTube pour lui proposer son produit. De retour des Etats-Unis, si Sadek n’a pas encore signé de contrat, la machine semble bel et bien enclenchée. «Là-bas, j’ai pu approcher non pas un, mais plusieurs géants de l’informatique tels qu’Adobe, Snapchat, Dailymotion ou encore Google, dit-il. Si je n’ai pas encore signé de contrats, j’ai pu multiplier les rendez-vous».
«Dans la Silicon Valley, les personnes sont accessibles et tout semble possible, insiste l’entrepreneur. L’écosystème est vraiment favorable à la création. Les personnes influentes sont accessibles sans avoir à passer par la bureaucratie et la lourdeur des procédures habituelles. Ce qui m’a agréablement surpris c’est que ces géants ne demandent qu’à aider!».
Pour Rida Sadek, les leçons qu’il retient de son séjour à Palo Alto sont, tout d’abord, de ne jamais avoir peur de demander ce qu’on veut et de ne jamais limiter ses rêves. «On devrait toujours penser grand et penser aux moyens ensuite, insiste-t-il. Au Liban et en Europe, il peut parfois être difficile de cultiver cette mentalité. Il n’est pas toujours aisé d’avoir accès aux personnes influentes, mais aux Etats-Unis, c’est monnaie courante et c’est justement là, la clef de la réussite des géants que l’on connaît. C’est cela la fameuse culture propre à la Silicon Valley: celle de ne pas limiter ses rêves, ni ses options».
Pour Sadek, la machine à succès semble en marche. Reste au jeune entrepreneur de pouvoir réunir les fonds nécessaires au développement de son produit. «Dès mon retour au Liban, je me suis concentré sur cette étape du développement. Si nous parvenons à trouver les fonds, notre premier produit devrait sortir d’ici un an et nous devrions commencer à travailler avec nos premiers clients d’ici quelques mois».
Aujourd’hui, l’ingénieur libanais ne limite plus ses rêves. Son ambition est de se tenir aux côtés des géants du secteur et avoir des bureaux dans la Silicon Valley américaine. «Là-bas, on nous a appris que tout est possible», conclut-il.

 

Soraya Hamdan

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