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Nº 3047 du vendredi 1er avril 2016

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Rencontre

Anthony Choueiri, champion d’Asie junior. «Les Jeux olympiques, mon prochain objectif»

Une fois de plus, un jeune Libanais s’illustre sur la scène sportive internationale, malgré les moyens très limités dont il dispose, face aux budgets illimités de ses concurrents arabes, régionaux, continentaux et internationaux. Le jeune escrimeur Anthony Choueiri est sacré champion d’Asie junior en épée, à la compétition continentale organisée à Dammam, en Arabie saoudite, avec la participation de 29 pays. Rencontre.

A quel âge avez-vous entamé la compétition?
J’avais 6 ans quand j’ai commencé à jouer au basket-ball et mon niveau a rapidement évolué jusqu’à l’âge de 11 ans, lorsque mon père a été élu président de la Fédération libanaise d’escrime. Je l’accompagnais pour assister aux championnats locaux. Cette discipline m’a ainsi plu et je lui ai demandé de m’initier à ce jeu. Quatre mois plus tard, j’étais dans le bain et je participais aux compétitions, abandonnant définitivement le basket, grâce aux conseils de l’expert algérien Zoubeir Abdessalam, présent alors au Liban.

Qui est votre mentor dans cette discipline?
Principalement, c’est l’entraîneur national Fadi Tannous qui m’a pris en charge, me permettant d’acquérir des compétences assez considérables, notamment en fleuret. Ainsi, j’ai entamé la cueillette et remporté le titre des moins de 13 ans. Il m’a également permis de développer davantage mes performances et de remporter six médailles aux championnats arabes, alors que je n’avais que 12 ans, une première dans les annales de cette compétition dont cette édition s’est déroulée en Jordanie.  

Comment avez-vous réagi au décès soudain de Tannous?
L’absence soudaine de mon entraîneur m’a choqué. Après un passage à vide assez long, j’ai repris l’entraînement avec l’équipe de l’Armée libanaise, sous la supervision des coachs Bahige Charanek et, ensuite, Mahmoud Ali Ahmad. J’ai également participé à des stages en Italie sous la supervision du fameux entraîneur italien, Simone Piccini, qui m’a accompagné ensuite aux Jeux méditerranéens, organisés alors à Chiavari, non loin de Gênes en Italie, où j’ai remporté la médaille d’argent en épée dans ma catégorie, aux dépens de champions italien, français, espagnol et égyptien. C’est alors que j’ai réalisé que je pouvais aller plus loin si je réussissais à développer davantage mes performances.

Quels sont les titres que vous avez gagnés?
Sur le plan local, j’ai tout gagné en épée et en fleuret dans toutes les catégories d’âge. Seul le titre de l’épée chez les seniors m’a échappé. Maintenant, je me concentre sur les compétitions régionales et internationales. Ainsi, j’ai gagné six médailles aux championnats des pays d’Asie de l’Ouest et huit autres dans des championnats arabes. Je suis le seul escrimeur à avoir gagné des titres individuels en épée et en fleuret dans une même compétition. Sans oublier la médaille d’argent aux Jeux méditerranéens et mon titre asiatique junior.

Comment décrivez-vous votre parcours aux championnats d’Asie à Dammam?
Le niveau continental étant très avancé, j’ai dû participer à trois compétitions internationales afin de développer mes moyens et mes performances. Grâce aux conseils de mon entraîneur, Mahmoud Ali Ahmad, et de mon préparateur physique, Stéphane Abi Rizk, j’ai entamé les éliminatoires asiatiques d’Arabie avec confiance. Progressivement, je suis arrivé en quarts de finale, profitant d’un minimum de fautes et d’une attitude offensive de ma part. J’ai disputé et gagné neuf matchs contre des concurrents de différentes nationalités. Mes combats les plus difficiles étaient contre l’Ouzbek Sanjar Alimov (15-8) aux éliminatoires, le Saoudien Jawad el-Daoud (9-8) en quart de finale, le Japonais Kodai Tajiri (15-10) en demi-finale. En finale, j’ai battu l’Indien Shiva Magesh relativement facilement 15-7.

Quel a été votre sentiment lors de votre sacre?
Une fierté et un sentiment merveilleux, car je n’ai jamais pensé pouvoir gagner cette compétition et parvenir à cette consécration. Mais ce sacre m’a motivé pour aller encore plus loin et réaliser mon rêve de toujours: participer aux Jeux olympiques, ce à quoi je vais m’attaquer les prochains mois. Le titre continental m’a également permis de constater qu’en m’entraînant sérieusement et durement, je peux concourir à ce niveau.

Un dernier mot?
Lorsque je suis rentré au Liban et constaté les difficultés dont souffre notre pays à tous les niveaux, j’étais fier de pouvoir donner une autre image du pays du Cèdre dans les médias arabes et internationaux. Dans ce cadre, j’invite les responsables locaux, notamment dans le domaine sportif, à aider et supporter les athlètes locaux qui ont du talent et qui sont capables de progresser dans le sport individuel, car dans le sport collectif, il nous sera difficile de remporter des titres ou des médailles.
 

Propos recueillis par Mohamed FAWAZ

L’escrime libanaise va bien
Les exploits d’Anthony Choueiri rappellent ceux de la jeune fleurettiste libano-américaine Mona Shaito, qui disputera les Jeux olympiques de Rio de Janeiro l’été prochain. Classée 43e mondiale, Mona, 21 ans, compte plusieurs titres à son palmarès. Médaillée de bronze au Tournoi international d’Ankara en novembre dernier, elle est aussi double championne d’Asie des moins de 23 ans (2013, 2015).
Sa compatriote Dominique Tannous a également décroché, en mars dernier, la médaille d’argent au sabre aux championnats d’Asie cadets qui ont eu lieu à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis. Dominique a remporté aussi cette compétition en 2013.

Anthony Choueiri en bref
Age: 17 ans.
Taille: 1,88 m.
Poids: 72 kg.
Jeu: épée (escrime).
Mentor: le défunt Fadi Tannous.
Principaux titres: champion d’Asie junior, médaille d’argent aux Jeux méditerranéens.
Prochain objectif: Jeux olympiques.
Face à l’absence du soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, le champion du Liban a profité surtout du dévouement de son père Ziad, président de la Fédération libanaise de la discipline, qui a mis tous ses moyens au service de son fils pour jouer les premiers rôles sur la scène locale et, ensuite, internationale.
Entraîné par le Libanais Mahmoud Ali Ahmad, Choueiri a battu son adversaire japonais à la finale du championnat d’Asie junior en épée, devenant ainsi le seul participant arabe à remporter une médaille au cours des tournois individuels du championnat continental.
Outre ses nombreux trophées locaux, Anthony Choueiri, au palmarès étoffé, a gagné son premier podium international en 2014 lorsqu’il a décroché la médaille d’argent des championnats de la Méditerranée d’escrime, dans la catégorie des cadets.
Le jeune champion est décidé de s’attaquer aux qualifications pour les prochains Jeux olympiques qui auront lieu au Japon en 2020.

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