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Nº 3055 du vendredi 27 mai 2016

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Master en information et communication à l’USJ. Des métiers en pleine expansion

Former des communicants au sein des entreprises publiques, privées et non gouvernementales et des journalistes, dans tous les médias, écrits, audiovisuels et en ligne, tels sont les principaux objectifs du master en information et communication assuré par l’Université Saint-Joseph. Amine Issa, responsable de ce master, répond aux questions de Magazine.
 

La formation comprend un tronc commun, tels l’écriture, la diction, le journalisme écrit, radiophonique et télévisuel, la culture politique, historique et économique, le marketing, les objectifs et les principes de la communication, l’image des produits et des sociétés, la gestion des crises, la sociologie et la psychologie de la communication.
La formation propose également des cours spécialisés dans l’un des deux métiers. Pour la communication, celle des ONG, finance, éducation, etc. Pour le journalisme celui de la mode, du sport, de guerre etc. Des stages sont proposés, ainsi que des formations en mobilité avec les universités étrangères et des séminaires spécialisés. L’accent est mis au cours du master sur la maîtrise de la communication et du journalisme digital.

Vous êtes responsable du master en information et communication depuis 2015. Quelles sont les nouveautés entreprises dans le cadre de ce master?
J’ai commencé par établir une évaluation du master et par mettre en place une étude assez large où j’ai d’abord interrogé les anciens diplômés et des étudiants en 2e année. J’ai également rencontré de grands journalistes, des spécialistes et des directeurs de communication dans de grandes sociétés. Ayant, dans le même contexte, analysé les tendances des autres universités du Liban et de l’extérieur, j’ai réussi à «éplucher» une centaine d’offres d’emploi pour mieux «dessiner» le profil du journaliste ou du communicant attendu par les professionnels.

Que doit avoir le diplômé pour être engagé?
A la suite du chantier que nous avons travaillé, nous sommes parvenus à tirer plusieurs conclusions que j’ai traduites par des changements dans le programme. Il s’agit d’abord de l’importance du trilinguisme. Nos diplômés doivent pouvoir s’exprimer aussi bien en français, qu’en anglais et en arabe. j’ai constaté, aussi, la nécessité pour nos étudiants d’avoir une connaissance assez substantielle de certaines sciences sociales telles la sociologie, la psychologie, l’histoire… ce qui leur permettrait de mieux comprendre les cibles auxquelles ils s’adressent et les populations qu’ils veulent approcher. Plus encore, l’importance de la technique digitale est à souligner, que ce soit au niveau de l’écriture que de la diffusion. Il faut ajouter à cela le rôle crucial que joue la sémiotique (science des signes) dans de tels domaines. La manipulation des signes étant essentielle dans le processus d’ «attraction» du lecteur. C’est, dans ce sens, qu’un cours de manipulation et de compréhension de l’impact de l’image a été introduit au cursus.

A votre avis, la presse est-elle en crise?
Je pense que la presse n’est pas en crise. Elle est plutôt dans une phase de réadaptation. Contrairement à ce que les gens pensent, la hausse du niveau d’éducation chez la population a abouti à une recrudescence de la demande d’informations. Le problème est de savoir quelle information transmettre et sur quel support? C’est là où la presse se situe dans une phase de redéfinition de son métier. L’actualité qui était l’exclusivité de la presse ne l’est plus. De nos jours, n’importe quel citoyen est capable d’envoyer, avec son téléphone, une image ou un son relatif à un événement, quelques secondes après qu’il se soit produit. Le métier de la presse ne consiste plus à annoncer l’actualité, mais à transmettre une information de qualité. Toutefois, si on ne maîtrise pas les outils d’analyse, d’écriture et d’approche, si on ne sait pas faire la distinction entre une information vraie et une information fausse, l’auteur ne pourra jamais se faire connaître. Un véritable journaliste sait comment, en amont, préparer le traitement de son information, par quel angle l’aborder, etc. La presse se dirige, de plus en plus, vers l’investigation, ce qui requiert du temps, une connaissance du terrain, beaucoup de psychologie, une maîtrise des notions de sociologie, etc., un fait qui nous a menés à développer un cours spécifique de journalisme d’investigation.
 

Propos recueillis par Natasha Metni

Une formation aux larges horizons
Dans le cadre des accords établis avec le Celsa (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées) Paris-Sorbonne, des programmes d’échanges et de mobilités sont possibles pour les étudiants du master en information et communication. Les étudiants ont également l’occasion de se spécialiser en journalisme ou en communication à partir de la 2e année. 

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