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Nº 3058 du vendredi 17 juin 2016

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7e édition de Beirut Art Fair. Foire joyeuse et chaleureuse

Une exposition destinée aux artistes femmes libanaises, une nouvelle plateforme consacrée à la découverte de jeunes talents, un comité de sélection en son sein des collectionneurs prisés… un avant-goût du programme de la 7e édition de Beirut Art Fair, qui se tiendra du 15 au 18 septembre.

«Beirut Art Fair restera toujours une foire joyeuse et chaleureuse où les visiteurs et les exposants communiquent, échangent, s’échangent aussi leurs artistes». Laure d’Hauteville, fondatrice et directrice de la foire, rappelle, dans une conférence de presse à l’hôtel Le Gray, que la foire dans sa première édition en 2010 a accueilli 3 000 visiteurs et l’année dernière plus de 21 000.
La 7e édition de Beirut Art Fair 2016, qui se tiendra du 15 au 18 septembre prochain, s’échelonne sur trois grands axes: révéler les meilleurs jeunes talents de la région ME.NA.SA (Middle East, North Africa, South Asia), donner les clés pour comprendre les spécificités historiques d’une modernité différente et offrir un programme riche de visites, de rencontres et d’échanges.
Dans une volonté de s’ouvrir davantage, la création en 2016 d’un comité de sélection qui s’est assuré le concours de grands collectionneurs, Basel Dalloul, spécialiste des technologies de l’information, initiateur du développement d’Internet dans les pays sous-développés d’Afrique et du Moyen-Orient et collectionneur parmi les plus importants de la région; Tarek Nahas, dont les collections de photographies sont exposées au Liban et à Paris et Abraham Karabajakian, collectionneur et homme d’affaires libanais, régulièrement sollicité pour chapeauter des expositions d’art contemporain à travers le monde. Le programme 2016 est enrichi par des espaces d’expositions inédits.
 

Puisque l’art est là, «rien n’est perdu»
«Beirut Art Fair est devenu l’un des rendez-vous les plus importants, affirme Laure d’Hauteville… Plus que jamais, il nous appartient de souligner à quel point le Liban occupe une place tout à fait singulière sur la scène artistique contemporaine».
«Depuis que je suis ministre de la Culture, affirme Rony Araygi, présent à la conférence de presse, je n’ai de cesse de constater le dynamisme et la créativité foisonnants du milieu culturel libanais et artistique. J’ai souvent qualifié de résistance culturelle cet entêtement à préserver la liberté d’expression et à briser les tabous au nom de l’humanisme qui nous habite et l’ouverture d’esprit qui nous définit. Ainsi face à l’obscurantisme qui nous entoure et nous menace, cette énergie formidable pouvait sembler une réaction vitale, une sorte d’instinct de survie. Or, les divers événements culturels, et Beirut Art Fair aujourd’hui, viennent nuancer quelque peu cette vision des choses et dévoilent un milieu artistique libanais qui n’est nullement dans la réaction, mais bien plus dans la réflexion et la continuité…Tant qu’il y aura autant de passion, de créativité et d’imagination, rien n’est perdu», ajoute le ministre Araygi.
Quant au ministre du Tourisme, Michel Pharaon, il a souligné «l’importance de Beirut Art Fair et son évolution exceptionnelle, devenu un rendez-vous incontournable sur la carte culturelle de la région et du monde. Ce rendez-vous qui, une nouvelle fois, contribue à la dimension culturelle du tourisme au Liban, basée sur la culture et le patrimoine et qui porte un message clé dans la région».

 

Relire l’histoire de l’art
Lebanon modern! – Les artistes femmes au Liban de 1945 à 1975; à travers cette exposition organisée par Pascal Odile, la foire rend hommage aux artistes femmes libanaises de la modernité. Et «qu’est-ce que la modernité?», se demande Odile, directeur artistique de la foire. «Par rapport à l’histoire de l’art, c’est une définition totalement occidentale. Il est grand temps de revoir tout cela et d’établir un lien entre tous les pays montrant que la création moderne est une question, avant tout, d’influences, de contacts et de connexions».
Bibi Zogbé, Marie Haddad, Saloua Raouda Choucair, Etel Adnan, Huguette Caland, Nadia Saikali, Seta Manoukian… l’exposition regroupera une sélection des œuvres de ces artistes, un éventail d’une trentaine d’années qui donne à voir une création forte et qui, jusqu’à présent, n’a pas été présentée dans sa globalité. A travers cette sélection provenant de collections privées, mais aussi du ministère de la Culture, l’exposition mettra en avant toute la force et l’énergie créatrices de femmes artistes souvent méconnues du grand public. Une opportunité de découvrir les œuvres de ces femmes qui ont dynamisé la scène artistique au Liban tout en rayonnant à l’extérieur, créant parfois des liens importants entre leur pays d’origine et le reste du monde.

 

Un programme ambitieux
Une méconnaissance qui ne concerne pas seulement le Liban, mais le monde entier, puisque, citant l’historienne Marie-Jo Bonnet, Pascal Odile relève à sa suite que «le bilan dressé par les grands musées d’art moderne et contemporain sur l’apport des femmes à l’art du XXe siècle est tristement révélateur de cette occultation globale… Un reflet de la réalité historique ou une lecture partisane… qui élimine ipso facto la singularité féminine?». Lebanon modern! tente d’y remédier en redonnant à la femme libanaise sa place sur la scène artistique.
Nouvel espace de la foire, nouvelle plateforme, «Revealing by SGBL» a pour but de mettre en lumière et de faciliter la découverte des meilleurs jeunes talents. Offrant un accès privilégié aux collectionneurs et aux visiteurs de la foire, Revealing permettra à chaque galerie sélectionnée de présenter un artiste qu’elle considère particulièrement prometteur, afin de nouer des contacts privilégiés avec les différents publics de la foire. Parce que comme le rappelle Laure d’Hauteville, «une galerie n’est pas une boutique où on met des tableaux et on attend que les choses se passent. Le travail d’un galeriste est de défendre l’artiste, de lui organiser des expos, localement et internationalement, et le pousser pour qu’il donne le meilleur et le plus de lui-même».
Cinq ans auparavant, c’est la Byblos Bank qui s’est associée à Beirut Art Fair pour le Byblos Bank Award dont le but est de donner aux jeunes photographes libanais un accès privilégié aux principaux acteurs du marché de l’art. Pour cette édition, la photographe franco-algérienne, Halida Boughriet, est invitée à collaborer avec cinq jeunes photographes sélectionnés parmi les finalistes des éditions précédentes. Ce travail sera présenté lors de la foire dans un espace réservé.
Pour rester fidèle à sa tradition d’accueil, de partage et d’hospitalité, Beirut Art Fair proposera, par ailleurs, un programme V.I.P. exceptionnel. En présence de certains des fondateurs, des initiateurs ou encore des architectes de projets culturels phares au Liban, des visites personnalisées seront mises en place. Finalement, dans le cadre du lancement d’une série de voyages haut de gamme consacrés à la découverte de grandes foires internationales d’art contemporain, Privilèges Voyages, représenté par Henry de Danne, collectionneur, et la galerie Baudoin Lebon, proposent lors de cette 7e édition, un voyage consacré au Liban, à la découverte de sa scène artistique contemporaine, et aux hauts lieux de son patrimoine culturel.

Nayla Rached

Beirut Art Week
Du 13 au 20 septembre, la 4e édition de Beirut Art Week fera vibrer Beyrouth au rythme de l’art contemporain et invitera les artistes à s’exprimer dans le paysage urbain de la capitale. Espaces publics et boutiques du centre-ville se transforment en lieux de création artistique, mettant ainsi en valeur l’héritage culturel de Beyrouth.

Photos: Roger Moukarzel – Beirut Art Fair

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