Magazine Le Mensuel

Nº 3061 du vendredi 8 juillet 2016

Economie & Finances

Sami Haddad, ancien ministre de l’Economie. «64% des Libanais épargnent en dollars»

La sauvegarde des fonds des déposants et des actionnaires représente une priorité pour les banques commerciales même aux dépens de leur profitabilité. Ce qui explique largement l’action entreprise loin des feux de la rampe par l’Association des banques au Liban (ABL) pour calmer le jeu et trouver un point d’équilibre dans l’application de la loi américaine visant àexclure les membres du Hezbollah du réseau bancaire international, au nom de la lutte contre le terrorisme et le recyclage de l’argent sale. Il est clair que les pourparlers ont lieu dans le cadre du concept consistant à ce que les banquiers jouent le rôle d’intermédiaires entre les déposants et les emprunteurs. L’action de l’ABL s’articule autour de trois axes: des contacts tous azimuts à un niveau local avec les ambassadeurs des grandes puissances accrédités au Liban; des contacts à caractère international concrétisés par des visites et réunions intensives avec des personnalités occupant des postes clés au sein des administrations exécutives aux Etats-Unis et en Europe, en l’occurrence la France et la Grande-Bretagne, ainsi qu’au sein de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI), des grandes banques internationales et des banques correspondantes; une campagne d’orientation et de sensibilisation consistant à publier régulièrement les mesures prises par le secteur bancaire en conformité avec les anciennes et plus récentes normes internationales relatives à la bonne gouvernance et aux sanctions internationales en faveur d’une coopération entre le consultant Deloitte et la commission d’enquête au sein de l’ABL. A ceci s’ajoute le travail continu de douze comités, comprenant 160 membres issus de différents établissements de crédit, s’articulant autour d’études et d’avis sur les propositions de lois et de règlements liés au fonctionnement du secteur.
 

La Fatca avant la Hifpa
Pour l’ancien ministre de l’Economie Sami Haddad, le secteur bancaire est vital pour l’économie nationale. Il a insisté sur le fait que 64% de la clientèle libanaise des banques a choisi délibérément l’option d’ouvrir des comptes d’épargne en dollars, et ceci, bien avant la promulgation de la loi américaine d’exclusion bancaire du Hezbollah (Hifpa). «Cette option a contraint les banques à se soumettre et à respecter la législation et les règlements américains, l’entité de référence des transactions en billet vert étant la Fed et non la Banque du Liban (BDL), sachant que les épargnants appartiennent à toutes les communautés et ont des allégeances politiques diverses», a-t-il ajouté. En réponse à une question de Magazine, l’ancien ministre a déclaré que le contentieux n’oppose pas le Hezbollah au secteur bancaire libanais, mais le parti chiite aux banques américaines. Prié de commenter les déclarations de certaines parties accusant les banques de servir d’outils pour l’exécution de la politique américaine au Liban, Haddad a estimé que les Américains se sont rendu compte qu’ils pouvaient utiliser leur réseau bancaire dans le monde pour imposer leur volonté, faisant référence à la loi Fatca, promulguée bien avant celle contre le Hezbollah, et par laquelle les Etats-Unis ont contraint toute personne détenant la nationalité américaine à payer des taxes, même si elle ne vit pas sur le sol de l’oncle Sam. Enfin, l’ancien ministre a déclaré que l’affaire de la Banque libano-canadienne est devenue l’obsession des banquiers libanais, rappelant que Washington a accusé cet établissement de blanchiment d’argent, à tort ou à raison. Il n’en reste pas moins que les banques américaines ont cessé de traiter des transactions qui provenaient de cette banque, l’obligeant à fermer ses portes 48 heures plus tard. «Ce n’est ni la BDL qui a ordonné la fermeture, ni les épargnants qui se sont rués pour retirer leurs dépôts, alors même que cette banque était solide financièrement. Les banques américaines lui ont simplement coupé l’oxygène», a-t-il conclu.

Economie de la connaissance
Vingt-cinq mille emplois d’ici 2025

Lebanon Tech Hub (UKLTH), une initiative conjointe de la Banque du Liban (BDL) et du gouvernement britannique, destinée à soutenir la croissance de l’économie de la connaissance au Liban, a estimé que le secteur des nouvelles technologies (NTIC) a un potentiel lui permettant la création de 25 000 emplois d’ici 2025. La même source a souligné que le développement dudit secteur est en mesure d’augmenter de 15% le nombre des emplois directs et de 5% celui des emplois dans l’économie sur un plan national. Ces nouveaux emplois et les retombées du secteur des NTIC sur les autres secteurs économiques pourraient contribuer à accroître de 7 milliards de dollars le PIB d’ici 2025. Afin d’atteindre ces objectifs, l’étude a identifié trois secteurs clés, qui présentent un potentiel significatif de croissance, et qui pourraient soutenir le développement du secteur des NTIC. Il s’agit du secteur de la technologie financière ou (fintech); le secteur des produits fonctionnels et répondant à un certain bien-être et art de vivre de qualité supérieure dans le domaine des soins de la santé, les nouvelles plateformes créatives de visualisation dans les marchés ou le marchandisage visuel. Ces trois secteurs seraient sous-tendus par les capacités technologiques de base, qui sont les softwares en tant que service, l’Internet des objets et les technologies digitales. Parallèlement, l’étude a recommandé de jeter de solides fondements au fonctionnement du secteur des NTIC en implantant une infrastructure adéquate, des incitations fiscales et un cadre réglementaire approprié.  


Odea Bank
Augmentation de capital

Odea Bank a bénéficié d’un support d’institutions financières internationales dans le cadre d’une démarche qui devrait l’aider à passer à une vitesse supérieure en termes de croissance. La Société financière internationale (SFI), le bras privé de la Banque mondiale, et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), deviendront des actionnaires d’Odea Bank, une filiale du groupe libanais Bank Audi, via une souscription à une augmentation de son capital. Cette augmentation du capital de l’ordre de 346,4 millions de dollars a été  souscrite à concurrence de 38 millions de dollars par la SFI, de 90 millions de dollars par la Berd, alors que le reste des fonds a été souscrit par la Bank Audi et d’autres investisseurs du Moyen-Orient. Cette démarche permettrait à la banque d’élargir ses financements aux secteurs de l’économie réelle de la Turquie, aux projets de construction de l’infrastructure et à ceux des PME. Odea Bank planifie également d’investir dans les nouvelles technologies afin de renforcer son réseau de banque digitale et d’atteindre un million de Turcs non bancarisés.    

Restauration
Noura n’est pas à vendre

Le pâtissier, chocolatier, traiteur et glacier Noura n’est pas à vendre. C’est ce qu’a affirmé Pia Chaaraoui jointe au téléphone par Magazine. Elle a affirmé que Noura est une affaire de famille et que son époux Habib, ses deux filles, son gendre et elle-même sont là et resteront là pour gérer l’enseigne emblématique fondée il y a 68 ans par Edwin Chaaraoui. Elle s’étonne du fait que chaque année à une certaine période, le même bruit court en ville sur une éventuelle cession de Noura à des tiers. Mme Chaaraoui a insisté que Noura a maintenu sa réputation même pendant la guerre et demeure une référence en termes de qualité de produits et de goût au Liban et dans les pays arabes. Noura continue de délivrer tous ses services comme à l’accoutumée.

Liliane Mokbel

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