Magazine Le Mensuel

Nº 3070 du vendredi 7 octobre 2016

general

Dolly Ghanem. Le programme que j’aime ou rien

Comme un couperet, la décision de «remercier» Dolly Ghanem pour ses services à la LBCI (Lebanese Broadcasting Corporation) est tombée, début septembre, créant une onde de choc aussi bien auprès de la principale intéressée que chez le public. Les motifs ne sont pas convaincants et laissent beaucoup d’amertume chez la journaliste. Est-elle victime des diktats de la télévision? «Ce n’est pas le physique qui devrait compter. L’important, ce sont la présence et le charisme. Il y a beaucoup de belles figures sur le petit écran, mais elles ne laissent aucun impact». Paie-t-elle le prix d’une vengeance dirigée contre son mari, Georges Ghanem, qui a préparé, pour une chaîne concurrente (MTV), un documentaire sur Bachir Gemayel?
Ses projets d’avenir? «Pour le moment, je vais continuer à donner des trainings de TV Presenting au Media Institute, relevant de la Fondation May Chidiac. Peut-être aussi que j’augmenterais le nombre d’heures en raison du temps libre dont je dispose actuellement».
Pour celle qui avait toujours affirmé qu’on ne la verra jamais sur une autre chaîne que la LBCI, les propositions commencent à arriver et on parle déjà de son passage à la MTV. «J’ai été approchée par la MTV, mais sans recevoir une proposition concrète. Je ne ferai pas n’importe quoi pour rester à la télévision; ce n’est pas mon but. Si ce n’est pas LE programme dont je serai totalement convaincue et qui sera un couronnement de carrière, je n’en veux pas». Dolly Ghanem exprime une vive reconnaissance envers tous ceux qui lui ont manifesté leur compréhension et leur support. «En lisant les commentaires et les réactions sur les réseaux sociaux, j’ai été très touchée. Les gens ont exprimé tout ce que je ressentais».
Dolly Ghanem revient sur ces longues années à la télévision et évoque ses interviews politiques. «Ce programme m’a beaucoup donné. Il m’a obligée à approcher des dossiers à plus d’un niveau: économique, politique, social. J’ai appris de mes invités. Ma lecture des événements est devenue différente grâce à eux». Avec sa spontanéité coutumière, elle confie: «Je vais sentir un grand vide. J’ai connu ce sentiment une première fois, lorsque j’ai quitté les JT. Cela me manque». Elle garde toujours la carte que lui a envoyée Pierre Daher, P.-D.G. de la LBC, au premier anniversaire de la chaîne. Il y avait inscrit: «A la militante Dolly Ghanem». «Aujourd’hui, je suis devenue pour lui un nombre de plus», conclut-elle avec amertume. 

En chiffres
31
Après 31 ans de service à la LBC, Dolly Ghanem a été remerciée, car elle est devenue «un nombre de trop»,
dit-elle avec amertume.

2011
Cette année-là, Dolly Ghanem a été suspendue du JT de la LBC qu’elle présentait depuis la fondation de la chaîne.

2 132
Le nombre d’interviews
politiques qu’elle a recueillies entre 2001 et 2016.

4 212
Le nombre des bulletins télévisés qu’elle a présentés.

Joëlle Seif

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