Magazine Le Mensuel

Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Immobilier

Quartier Adlieh. Le nouveau Soho libanais

De l’immeuble de la TVA au Beirut Art Center, le quartier de Adlieh attise la convoitise des investisseurs audacieux qui souhaitent faire de cette zone le nouveau Soho libanais. Une dizaine de nouveaux projets sont en cours ou déjà achevés.

Qu’on l’adore ou qu’on le déteste, l’endroit ne peut pas laisser indifférent. Son ancienne gare, ses fabriques, ses usines et espaces verts abandonnés donnent au quartier de Adlieh, situé entre Sioufi et la Corniche du Fleuve, un cachet vraiment particulier. Le Beirut Art Center, Ashkal Alwan, Station Beirut ou encore l’architecte de renom Nabil Gholam y ont déjà élu domicile. Quel est le potentiel immobilier de ce quartier?
«C’est la seule extension possible d’Achrafié, explique Guillaume Boudisseau, expert immobilier à Ramco. Il existe bien des points noirs comme le nombre important de chantiers actuellement en cours ou le fait que ce soit encore une zone peu industrialisée où donc les infrastructures ne sont pas encore bien développées».
Cela dit, pour l’expert, il n’y a aucun doute: le quartier a un bel avenir et les points positifs l’emportent sur les inconvénients. «La localisation est idéale: au cœur de la capitale, le quartier est proche des autoroutes et à deux pas d’Achrafié. Par ailleurs, les investisseurs ont été séduits par le fait qu’il s’agit de l’un des rares quartiers à disposer encore de disponibilités foncières intéressantes. Les prix sont ainsi assez attractifs: ils oscillent autour des 3 000 à 3 500 dollars le mètre carré.»
C’est ici qu’a décidé d’investir le groupe Har Properties avec un de ses projets en cours, Upark 1289, qui sera terminé d’ici à la fin de l’année. «Nous avons choisi ce quartier avant tout pour sa localisation, confirme Antoine Khoury, le responsable de la communication et du marketing. Nous pensons que c’est l’avenir d’Achrafié.» Sur les 82 appartements que compte le projet, presque la moitié a déjà été vendue pour des prix allant de 3 300 à 3 400 dollars le mètre carré.

Des produits atypiques
La particularité de Adlieh réside aussi, et surtout, dans le type de produits offerts. Les investisseurs ont voulu faire de ce quartier industriel, un lieu de vie pour la scène artistique libanaise émergente. Résultat: des projets signés par l’architecte libanais Bernard Khoury accentuent le cachet du quartier. Les briques rouges utilisées pour le projet Upark ne sont pas sans rappeler certains quartiers de New York.
Mark Doumit fait partie des premiers développeurs à avoir misé sur le potentiel du quartier comme nouveau pied à terre «bobo» de Beyrouth. Il y compte déjà plusieurs projets. Parmi eux, des pièces d’arts comme Factory Lofts, l’un des projets conçus par Bernard Khoury. Les surfaces varient de 100 à 5 000 m2 pour un total de 100 lofts achevés en 2016. Il affirme avoir déjà écoulé 80% de ces biens à un prix de 3 750 dollars le mètre carré.
«Les quartiers à l’abandon sont, par définition, dans les grandes villes comme New York et Londres, propices aux lofts industriels, explique Mark Doumit. Ils sont faciles d’accès et proches des axes routiers majeurs. Le prix du mètre carré de ce terrain était sensiblement plus intéressant que ce qu’on appelle le «triangle d’or» d’Achrafié. Nous avons été les premiers à prendre le risque de nous y installer.»
À Jisr el-Wati, Artist Lofts, un autre projet de Mark Doumit et Bernard Khoury, ne peut guère laisser indifférent. L’objectif est clairement affiché: faire du quartier le nouveau Soho libanais. Le concept: 30 lofts d’une superficie de 120 m2 à 250 m2. 90% d’entre eux ont été vendus pour 4 000 dollars le mètre carré.
Avec une particularité très atypique. «Un ascenseur pour voitures permet au client de monter son véhicule jusqu’à son loft et même de le garer dans le salon s’il en a envie», précise Mark Doumit.
Le quartier est alors destiné à un profil bien particulier de Libanais: des  clients dont les attentes se situent très loin du conventionnel. «Les 25 à 40 ans pour la grande majorité:
les jeunes couples, les célibataires, ceux qui ont vécu à l’étranger et qui connaissent le concept des lofts, ajoute le développeur. Ceux qui n’ont plus envie de mener le même mode de vie que leurs parents».

D’autres projets
Mark Doumit ne compte pas s’arrêter là et annonce déjà un prochain investissement, Warehouse & Lofts, à Nahr, juste en face du Beirut Art Center. Il se composera de surfaces commerciales au rez-de chaussée et de deux blocs au-dessus, l’un résidentiel et l’autre abritant des bureaux ou ateliers. «Les surfaces sont des modules de 60 m2 et 90 m2, ce qui permet de pouvoir en acheter deux ou trois et de les relier si l’on désire une surface plus grande.» D’autres projets ont été lancés, comme Factory 4376 de Estates et de l’architecte Charles Hadife et CGI Urban Dream. «Avec les autres développeurs, nous allons créer Soho Beirut, qui se composera d’une nouvelle communauté de jeunes et d’artistes habitant le quartier, annonce Mark Doumit. Nous prévoyons ensemble d’unifier le style des trottoirs, des jardins, de l’éclairage. Il y aura des restaurants et des boutiques tendances, le tout avec une architecture hors du commun.»

Soraya Hamdan

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