Magazine Le Mensuel

Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Université

Handicap et emploi à la NDU

Au Liban, toutes les entreprises ne respectent pas la loi 220/2000 qui exige l’emploi de personnes handicapées. Une conférence se tiendra à cet effet, à la NDU, le 8 mai prochain. 

La mission de la Faculté de Gestion est très claire quand il s’agit de la responsabilité sociale et sociétale des entreprises. «Nous tenons à fournir à nos étudiants une formation complète, de sorte à ce que ces derniers puissent un jour devenir des leaders soucieux et responsables vis-à-vis de la société», explique Omar Sakr, professeur à  Notre-Dame University (NDU). C’est dans ce sens que les Départements de Marketing, d’Hôtellerie et de Business organisent une conférence publique, le lundi 8 mai prochain, à 11h, à la NDU, sur le thème de l’emploi des handicapés. Témoignages et retours d’expériences figurent au programme.

Ce que dit la loi
La loi 220/2000 prévoit que toute entreprise à l’effectif compris entre 30 à 60 employés devrait embaucher au moins une personne handicapée. Quant aux entreprises du secteur public et celles qui comptent plus de 60 employés, 3% de leurs postes doivent être réservés aux personnes souffrant de handicap. L’article 74 de la même loi dispose que «les employeurs qui ne respectent pas cette loi doivent payer au ministère du Travail, dans l'année, un montant équivalent au double du salaire minimum pour chaque personne handicapée non employée». «Malheureusement, au Liban, cette culture manque. Les mentalités changent et évoluent depuis un certain nombre d’années, mais un grand travail reste à faire en ce qui concerne l’emploi de cette catégorie de personnes dans les entreprises libanaises», souligne Omar Sakr. Il s›agit principalement de mettre en place une politique d’intégration des handicapés au sein de l’entreprise et d’initier le Service des ressources humaines à la préparation d’un entretien d’embauche spécifique. Ce dernier doit prendre en considération les besoins et la sensibilité des personnes handicapées, comprendre leur psychologie et mettre à leur disposition des postes où elles sont capables d’assumer les responsabilités qui leur sont confiées. Un tel recrutement exige des aménagements de postes de travail par des moyens de compensation techniques et logistiques (outillage ou véhicule adapté, matériel informatique spécifique, allées, etc.). L’aide humaine s’avère souvent indispensable (traducteur en langue de signes pour des personnes sourdes, tutorat, formation professionnelle pour un ajustement des compétences de la personne aux exigences du travail, etc.).
Au-delà de la dimension réglementaire, recruter parmi ses effectifs des travailleurs handicapés, constitue un acte concret de lutte contre les discriminations et l’exclusion. L’entreprise est ainsi susceptible de mettre en avant sa responsabilité sociale, puisqu’elle contribue, dans ce sens, à faire évoluer les mentalités et à rejeter les idées reçues en la matière. Il existe différents moyens de compensation du handicap. Même si elle est préparée en amont, l’arrivée du salarié handicapé peut nécessiter, après l’entrée en fonction de ce dernier, des besoins supplémentaires. Dans des conditions satisfaisantes et dans un cadre professionnel adéquat, les études ont prouvé que les personnes handicapées sont susceptibles de déployer davantage d’efforts, de compétences et de savoir-faire qu’un employé «ordinaire». Les sondages montrent également qu’elles font preuve de beaucoup de motivation, de fidélité, de volontarisme, ainsi que d’une capacité d’intégration indéniable.

Natasha Metni

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