Magazine Le Mensuel

Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Confidences diplomatie

Confidences diplomatie

Nominations diplomatiques
Indescriptible cafouillage

Le dernier train de nominations et de permutations diplomatiques était l'un des plus mauvais de l'histoire de la diplomatie libanaise, affirme un ancien ambassadeur aujourd'hui à la retraite. Non seulement les principaux partis politiques se sont partagés éhontément la plupart des postes à l'étranger mais le choix de certains ambassadeurs a failli provoquer de graves crises diplomatiques entre le Liban et plusieurs Etats amis. C'est le cas, par exemple, de l'ambassadeur proposé au Vatican, Johnny Ibrahim. Proche du Courant patriotique libre (CPL), M. Ibrahim occupait, depuis 2012, le poste de consul du Liban à Los Angeles. Le Conseil des ministres ne s'est même pas rendu compte que M. Ibrahim est membre de la loge maçonnique écossaise de New York. Nommer un franc-maçon au Vatican est soit une provocation sans limite, soit une ignorance abyssale. Le site el-nashra.com rapporte que M. Ibrahim sera finalement envoyé à Oman pour être remplacé au Saint-Siège par Ibrahim Assaf. Autre problème, les rumeurs selon lesquelles le Koweit aurait refusé d'accréditer un ambassadeur de confession chiite. Pour éviter l'embarras, le ministère des Affaires étrangères n'a pas envoyé ses lettres d'accréditation aux autorités koweitiennes. Ce n'est pas tout. Abir Taha, nommée à Kinshasa, a écrit une letrre au ministre refusant son affectation. Elle sera donc rappelée à l'administration centrale. Enfin, l'ambassadeur Noël Fattal a présenté sa démission du corps diplomatique après avoir appris qu'il serait affecté au Kazakhstan.

Hugo Shorter rassure Aoun
Après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne a assuré qu'elle poursuivra son soutien à l'armée libanaise, démentant ainsi les informations affirmant le contraire. L'annonce a été faite par l'ambassadeur Hugo Shorter au président de la République, Michel Aoun. Le Royaume-Uni entraîne les régiments des frontières terrestres et a construit un réseau de miradors pour surveiller la frontière orientale.

Deux visions à Washington
Les analyses sur d'éventuelles divergences au sein de l'administration américaine vis-à-vis du Liban vont bon train. La Maison Blanche souhaiterait  accroître les pressions sur le Hezbollah, même au détriment de l'économie libanaise et des relations avec l'armée libanaise. Le Pentagone et le Département d'Etat pensent, en revanche, que la priorité doit aller au renforcement de l'armée libanaise et au maintien de la stabilité du Liban. Par conséquent, toute mesure contre le Hezbollah doit prendre en compte ces deux impératifs. Des observateurs croient savoir que l'ambassadrice des Etats-Unis à Beyrouth, Elizabeth Richard, appuierait les recommandations de Pentagone plutôt que celles de la Maison Blanche.       

Le Caire-Damas via Beyrouth
Les contacts politiques, militaires et économiques entre l'Egypte et la Syrie, qui n'ont jamais été totalement interrompus, ont connu, ces derniers mois, une redynamisation, à en croire des sources informées. C'est l'ambassadeur du Caire à Beyrouth, Nazih Najari, qui est chargé de cet épineux dossier. Des diplomates égyptiens en poste au Liban se rendent régulièrement à Damas pour y rencontrer des responsables syriens. L'armée égyptienne pourrait déployer un contingent en Syrie pour surveiller le cessez-le-feu dans la Ghouta orientale.  

Réunion des ambassadeurs asiatiques
Les ambassadeurs des principaux pays d'Asie se retrouvent une fois par mois pour échanger des informations et évaluer la situation au Liban, en Syrie et dans la région. Créée il y a plusieurs années à l'initiative de l'ambassadeur de Chine, cette rencontre avait été suspendue un certain temps, avant de reprendre il y a quelques mois. Une dizaine de diplomates assistent à cette réunion, dont ceux du Pakistan, du Sri Lanka, du Népal, de Malaisie, de Singapour et des Philippines.

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admin@mews

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