Magazine Le Mensuel

Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

Les Confidences

Confidences sécurité

Baalbek-Hermel
les Pleins pouvoirs à l'armée

Le chef de l'Unité de liaison et de coordination du Hezbollah, Wafic Safa, et le responsable des questions sécuritaires du mouvement Amal, Ahmad Baalbaki, multiplient les réunions avec les hauts dirigeants de l'armée libanaise pour préparer un vaste plan de sécurité à Baalbeck-Hermel. Cette région est le théâtre, ces dernières semaines, d'incidents violents qui ont provoqué l'exaspération de la population. Des sources informées croient savoir que les deux formations chiites ont pris la décision ferme de priver de toute couverture politique ceux qui violent les lois. Signe du sérieux de ce plan en gestation, la décision de procéder à l'arrestation d'une centaine de repris de justice parmi les plus dangereux. Ce plan de sécurité sera accompagné d'un programme de développement économique de cette région défavorisée.   

L'EI réveille ses cellules dormantes
Des agences de renseignements américaines, britanniques et russes ont récemment informé les services de sécurité libanais de la recrudescence des activités du groupe Etat islamique, que l'on pensait anéanti, en Irak et en Syrie. Ces services ont prévenu les autorités sécuritaires libanaises que Daech pourrait réactiver des cellules dormantes au Liban dans les semaines à venir, dans le cadre de sa nouvelle stratégie offensive.

Un général iranien bien connu au Liban
Un responsable du Hezbollah a révélé à Magazine que toute une génération d'artilleurs de la Résistance a été formée par le général des Gardiens de la révolution iranienne, Shahrokh Daïpour, dont la mort a été annoncée le 21 juin dans la ville de Boukamal, à la frontière syro-irakienne. Selon ce cadre du Hezbollah, le général Daïpour, un vétéran de la guerre Iran-Irak, était un spécialiste de l'artillerie, notamment des lance-roquettes multitubes. Le général iranien aurait contribué à l'amélioration de l'utilisation de ce type d'armes, pour pallier son manque de précision, réussissant à la transformer en élément essentiel dans «l'équilibre dissuasif» avec Israël. L'officier de la Brigade al-Qods a été tué au combat contre le groupe Etat islamique. Les circonstances exactes de sa mort n'ont pas été précisées par les médias iraniens.

21 000
agents des Forces de sécurité intérieure (FSI), de la Sûreté générale (SG) et de la Sécurité de l'Etat ont été mobilisés pour assurer le bon déroulement des élections législatives du 6 mai dernier. Parmi eux figurent 800 agents de la SG chargés de protéger les centres où étaient installées les commissions chargées du décompte des voix. Près d'une vingtaine de milliers de militaires de l'armée libanaise avaient également été déployés pour assurer la protection dans le périmètre extérieur des bureaux de vote.

Espionnage défensif
Un expert militaire a expliqué à Magazine que le matériel d'espionnage installé par les Israéliens en territoire libanais, pas loin de la frontière, et dont certains éléments sont parfois découverts et saisis par l'armée libanaise ou la Résistance, est de nature «défensive». «Ce matériel vient compléter le dispositif de sécurité défensif construit par les Israéliens le long de la frontière, comprenant une clôture électrifiée, des caméras de surveillance et, ultérieurement, un mur en béton armé», précise cet expert.

Compteurs intelligents
Le projet d'installation de compteurs électriques intelligents a été remis sur le tapis après des années de blocage. La première partie de ce matériel est arrivée au Liban, avec l'approbation des ministères de la Défense, des Télécoms et de l'Economie. Le Hezbollah, qui s'était opposé à l'origine à l'installation de ce matériel, de crainte que des informations sensibles sur les foyers libanais ne tombent entre des mains étrangères, n'a soulevé aucune objection. Ces compteurs, rappelons-le, transmettent à une centrale les informations détaillées concernant la consommation électrique et le type d'équipements présents dans chaque foyer où ils sont installés. 

Affaire Gonen Segev
Des précédents avec le Hezbollah

L'arrestation d'un ancien ministre israélien de l'Energie, Gonen Segev, pour espionnage au profit de l'Iran, a eu l'effet d'une bombe, en Israël. Exclu de la classe politique israélienne en 1996, Segev avait déjà purgé deux ans de prison, en 2004, pour trafic de stupéfiants, après la découverte en sa possession de comprimés d'ecstasy. Lors de son interrogatoire à l'époque, il avait affirmé que le Hezbollah avait essayé de le recruter par l'intermédiaire d'un Arabe israélien nommé Qaïs Obeid, celui-la même qui avait attiré au Liban l'agent israélien Alhanane Tanenbaum, capturé par le Hezbollah et libéré en 2007 dans le cadre d'un échange. Segev aurait été recruté par les Iraniens au Nigeria et se serait rendu à deux reprises à Téhéran, selon les médias israéliens. Les services israéliens tentent de déterminer l'importance des informations qu'il aurait livré à ses employeurs. Dans la communauté du renseignement à Beyrouth, on se demande si le Hezbollah n'a pas joué un rôle dans son recrutement.

Source diplomatique
Les Milan de l'armée sont opérationnels

A la suite de la brève parue dans notre édition 3090 de juin dernier (p.10), intitulée Des Milan défectueux, une source diplomatique a affirmé que les missiles de ce type dont est dotée l'armée libanaise sont opérationnels. La source, qui a contacté Magazine, dément que certains missiles Milan étaient défectueux et n'ont pas pu, par conséquent, être tirés lors de la bataille contre les groupes jihadistes dans les jouroud de Ras-Baalbek et Qaa à l'été 2017. Citant des sources informées, Magazine avait rapporté que l'armée libanaise avait demandé, en vain, aux autorités françaises concernées, d'inspecter tous les missiles Milan livrés à la troupe.

Mesures allégées à Aïn el-Héloué
Les contacts entrepris par le chef de la sécurité nationale palestinienne au Liban, le général Sobhi Abou Arab, et le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, ont abouti à un allègement des mesures de sécurité draconiennes adoptées à l'entrée des camps de Aïn el-Héloué et de Miyé-Miyé. L'armée a annoncé dans un communiqué que les portiques électroniques de sécurité ont été retirés «pour faciliter la vie quotidienne des habitants». Des sources informées croient savoir que l'allègement des mesures de sécurité a été décidé après un renforcement de la coordination sécuritaire avec les Palestiniens.    

Prochain retour de 3 000 réfugiés
Le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a confirmé, à la mi-juin, les informations publiées par Magazine sur l'organisation par le Liban, indépendamment des Nations unies, du retour de plusieurs milliers de réfugiés syriens dans les semaines à venir (voir notre édition 3090, page 24). Le général Ibrahim a déclaré que les préparatifs sont presque achevés pour le retour de 3 000 réfugiés syriens de la localité de Ersal vers leurs villages d'origine dans le Qalamoun occidental. Côté libanais, tout est prêt, a-t-il dit. La partie syrienne doit maintenant finaliser les listes et organiser la logistique concernant l'examen des listes et le choix des points de rassemblement et d'arrivée. Des sources informées affirment que d'autres opérations similaires, concernant plus de 35 000 réfugiés, seront organisées avant la fin de l'année. Initialement, les autorités libanaises souhaitaient organiser le rapatriement de 100 000 déplacés. Mais cet objectif sera difficilement atteint.  

Visas volants: disposition ancienne
La possibilité pour les voyageurs de certains pays, dont l'Iran, de se faire viser, à leur demande, leur entrée et leur sortie du Liban sur une fiche indépendante de leur passeport n'est pas une disposition nouvelle. De plus, elle est mise en œuvre dans plusieurs pays, dont Israël. Des milieux sécuritaires libanais se sont étonnés du tollé provoqué par cette affaire, qui aurait été soulevée par un opposant iranien, Amir Tahiri, sur son compte Twitter. Cette démarche permet aux voyageurs de visiter un Etat dont les visas pourraient éventuellement leur causer des problèmes dans d'autres pays. «Cette disposition ne constitue en aucun cas une atteinte à la souveraineté du Liban», assure une source sécuritaire, qui s'interroge par ailleurs sur le timing de cette affaire: «La polémique qui a éclaté ne s'inscrit-elle pas dans le cadre des pressions exercées par les Etats-Unis sur l'Iran et le Hezbollah?».

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