Magazine Le Mensuel

Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

general Musique

Souad Massi au MusicHall. Waterfront Retour aux sources

Souad Massi a choisi Beyrouth pour présenter en avant-première son nouvel album, Oumniya. Rendez-vous le 8 octobre au MusicHall Waterfront pour ce concert organisé par French Vibes et Eléftériadès, en partenariat avec l’Institut français.


Est-il encore utile de présenter Souad Massi, que certains surnomment la «Joan Baez du monde arabe», aux Libanais? Ils la connaissent bien, car la chanteuse algérienne d’origine kabyle vient régulièrement enchanter les nuits beyrouthines. Avec une belle surprise cette fois-ci, puisque la brune longiligne a choisi Beyrouth pour lancer sa nouvelle tournée mondiale, quasi-simultanément avec la sortie de son nouvel opus, Oumniya («Mon souhait», ndlr).
Avec son album précédent, el-Mutakallimûn, elle avait redonné vie à une série de textes de grands poètes arabes, comme ceux du Libanais Elia Abou Madi (XIXe siècle) ou de l’Irakien el-Mutanabbi (Xe siècle). Oumniya s’annonce comme l’un de ses projets les plus personnels. L’icône du chaâbi-folk algérois livre un opus aux résonnances résolument modernes et dont les thèmes sont ancrés dans l’actualité.

amour et politique. Souad Massi a choisi de mettre en exergue la condition des femmes à travers le temps et le monde, et plus largement, les droits de l’homme, une cause qui la mobilise et la touche depuis toujours. Son pays, l’Algérie, n’est évidemment pas oublié, surtout dans la période de bouleversement qu’il traverse. Elle exprime dans ce nouvel album son soutien à toutes les luttes qui participent à l’ouverture d’une grande voie: celle de l’indépendance et du droit à la dignité pour tous. «Je m’inspire toujours de ce que j’ai gardé en moi, de mon vécu… de l’exil. J’écris des chansons sur la liberté et l’espoir», confie-t-elle. La chanson Fi bali, très politique, décrit «un ex-président déconfit, une oligarchie qui dirige le pays dans l’ombre, un pays qui ressemble à un bateau qui va couler». En bonus de l’album, ajmalou hob (Mon plus bel amour) met en musique le texte du poète palestinien Mahmoud Darwich. Oumniya contient aussi deux chansons en français, Pays natal écrit par Françoise Mallet-Joris sur une musique de Marie-Paule Belle, et Je chante, du Toulousain Magyd Cherfi.
Les treize titres évoquent des pans de sa vie et les émotions qui la traversent. Chansons d’amour ou politiques, Souad Massi est au plus près de l’humain.
Pour accompagner ses mots, Souad Massi s’est entourée d’un ensemble musical et d’une nouvelle formule scénique, avec Rabah Kalfa à la derbouka, Mehdi Dalil au mandol et à la guitare, Mokrane Aldani au violon arabo-andalou ainsi que d’Adriano Tenorio aux percussions latines. Avec Oumniya, la musique se veut épurée et universelle, tendant un pont entre musique folk et le chaâbi. Un véritable retour aux sources pour cette artiste qui a été bercée dès l’enfance par la musique traditionnelle algéroise, tout en étant influencée par la musique folk américaine. ●

Le 8 octobre à 21h – Billets en vente au Ticketing Box Office / Virgin Megastore.
 

JENNY SALEH

Related

Jean-Marc Ayrault au Liban. «La solution ne viendra pas de l’étranger»

admin@mews

Ménages. Les Libanais sont dépensiers et endettés

admin@mews

Michael Douglas, Reagan réincarné

admin@mews

Laisser un commentaire