Economie
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Economie

A l’heure où gouvernements et entreprises consacrent de plus en plus de ressources à la recherche et au développement des technologies, Resource Group se démarque par sa stratégie innovante. Rencontre avec son PDG, Hisham Itani.

 

Vous avez été la seule entreprise dans le secteur de la technologie à être reconnue par Forbes Middle East lors de l’événement Forbes Lebanon 100 pour votre contribution à la croissance économique du Liban. Que représente cette reconnaissance pour vous et pour le pays?
Il s’agit avant tout d’une reconnaissance envers les efforts déployés par notre équipe pour l’exploitation des nouvelles technologies au profit de la société libanaise. Cette reconnaissance prouve également que le secteur de la technologie joue un rôle crucial en matière de croissance économique nationale. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de développer par nous-mêmes nos solutions technologiques. Nous ne nous limitons plus à l’importation et à la simple intégration de ces dernières. Une telle approche est rendue possible grâce au progrès du secteur technologique national et aux opportunités qui s’offrent aux jeunes talents libanais, qui constituent d’ailleurs un potentiel important pour cette industrie du futur. Nous sommes également heureux de voir le gouvernement soutenir le développement de ce secteur, à travers notamment la création d’un Ministère des Technologies de l’Information, le déploiement de services publics digitaux et la mise en place d’écosystèmes pour start-up. Ceci permettra à notre pays de se positionner en tant qu’acteur dynamique sur le marché mondial des technologies. Resource Group a, dans ce sens, pour priorité d’investir en permanence dans les talents libanais. Nous sommes également déterminés à poursuivre nos investissements en matière de recherche et développement et à déployer toutes nos ressources pour créer des solutions basées sur les technologies les plus récentes. Nous visons aussi  à contribuer, aux côtés d’autres compagnies technologiques libanaises, à la «métamorphose» numérique du pays.

Dans quelle mesure le Liban pourrait-il tirer pleinement profit de la transformation numérique?
Alors que la technologie continue d’évoluer tout en modifiant tous les aspects de la vie humaine, y compris notre façon de mener les affaires et d’interagir, nous pensons avoir un rôle important à jouer pour optimiser l’expérience numérique des citoyens. La course à l’adoption du numérique par les organisations s’est accrue au cours des dernières années. Au Liban, nous avons instauré les bases pour progresser vers une transformation numérique complète. Toutefois, cette transformation ne se limite pas au progrès technologique. Il est essentiel d’encourager l’innovation pour tirer pleinement profit des possibilités qu’offre le numérique et permettre la transformation rapide du monde des affaires. Ainsi, miser sur le potentiel humain et la productivité des individus, optimiser les processus de développement, adopter un système d’innovation technologique et créer des modèles «intelligents» et durables permettrait d’atteindre tous ces objectifs. Une fois alignés sur une même vision, ces aspects conduiraient le Liban plus loin dans son odyssée numérique.

Comment percevez-vous le rapport transformation numérique et secteur bancaire au Liban?
Dans le secteur bancaire, la transformation numérique se fait remarquer. Les banques investissent davantage dans les technologies bancaires numériques et mobiles pour une expérience-client transparente et pratique. Le paysage bancaire traditionnel évolue donc très rapidement et devrait connaître de nombreuses transformations dans les cinq à dix prochaines années. Au Liban ainsi que dans la région, nous avons commencé à assister à l’émergence de la «banque numérique». Certaines des technologies que nous verrons dans les années à venir sont l’intelligence artificielle, la protection des données et la cybersécurité via la technologie blockchain, les transactions ATM sans contact via Smartphone, la biométrie dans les distributeurs automatiques pour une sécurité renforcée, et bien d’autres. Ceci dit, les banques libanaises sont relativement prêtes à proposer des solutions plus sûres et plus «intelligentes», ce qui signifie plus de flexibilité face aux besoins du marché.

Natasha Metni Torbey
 

Mercredi, 31 Juillet 2019 09:53

Un mariage à Chypre

La saison des mariages bat son plein et les voyages vers Chypre se multiplient. Célébrer ainsi son hyménée dans ce pays voisin du Liban se fait de plus en plus fréquent. Les coûts, moindres, attirent surtout les jeunes. Mise au point sur les dépenses à prévoir, avec Grace Skaff Haddad, copropriétaire de Magic Tours au Liban. Qu’il s’agisse d’une célébration civile ou religieuse, les principales raisons qui poussent les Libanais à opter pour Chypre pour sceller leur union sont au nombre de trois:
● La différence de religion.
● La différence de nationalités.
● Les coûts faramineux de l’organisation d’un mariage au Liban.
Pour ce faire, il s’agit d’abord de veiller à la bonne préparation de son dossier. En effet, les documents requis dépendent de la situation: s’agit-il de deux personnes ayant la même nationalité? De même religion? D’individus célibataires? Divorcés? Dans un cas ordinaire, celui de deux Libanais célibataires, un extrait d’état civil et un extrait d’état familial sont requis. La première étape consiste donc à fournir ces documents à une agence spécialisée (certaines agences de voyage par exemple). Celle-ci se charge de fixer un rendez-vous avec la municipalité ou la mairie de la région chypriote où le couple décide de prononcer ses vœux. En deuxième lieu, il s’agit de traduire, légaliser et timbrer les documents auprès du ministère des Affaires étrangères et de l’ambassade de Chypre au Liban. Il faudra compter entre 150 et 200 $ par couple (tout dépend du nombre de papiers exigés). La troisième étape est celle de l’organisation de la cérémonie. La célébration dépend du nombre d’invités. Le couple pourra prévoir environ (pour 25 invités) 1 045 euros pour un mariage civil avec buffet et entre 850 et 900 euros pour un mariage religieux. Certes, les prix changent en fonction du nombre de personnes, de la variété du buffet, des sortes de fleurs, etc. Pour voyager, le prix moyen d’un billet d’avion (aller-retour) est de 190 $ et d’une nuit à l’hôtel d’environ 70 euros (dépendamment du lieu de séjour). «Il est clair que les taux changent en fonction des saisons: la «mid-season» s’étalant d’avril jusqu’au 15 juin et la «high-season» du 15 juin à la mi-septembre», explique Grace Skaff Haddad.

Bon marché
Chypre attire les futurs mariés libanais de par sa proximité (20 minutes en avion) et de par ses offres nuptiales bon marché. Un couple pourrait ainsi voyager à Chypre pour 3 jours, ce qui équivaut à deux nuits dans un hôtel ou dans une station balnéaire au Liban. «J’aimerais aussi insister sur le fait que la demande pour les mariages civils à l’étranger augmente chaque année, depuis 2009, de l’ordre de 20%», affirme la copropriétaire de Magic Tours. Chypre reste la destination privilégiée, représentant, dans ce sens, 70 à 90% de la demande. Par conséquent, les agences de voyage se font de plus en plus la concurrence pour proposer différents packages à des prix compétitifs. D’après Grace Skaff Haddad, ces packages comportent:
● Le vol.
● Le transfert de l’aéroport à la municipalité.
● Les trajets vers le ministère des Affaires
étrangères et l’ambassade du Liban à Nicosie.
● La légalisation et la traduction des
documents administratifs.
● L’assurance voyage.
● Les frais de visa.
● Un bouquet de fleurs.
● Parfois même la mise à disposition de témoins.
Des prestations annexes peuvent s’ajouter, dont l’extension du séjour, la lune de miel, le voyage des amis et membres de la famille qui rejoindront le couple pour la cérémonie.

Natasha Metni Torbey

Mercredi, 31 Juillet 2019 09:29

Quadra. Des solutions de tri pour les fruits

Cette start-up fabrique des machines destinées à faciliter le tri et le calibrage aux entreprises vendant des fruits et légumes, selon les normes du marché international.
 

Le parcours classique des fruits et légumes avant d’arriver dans notre assiette, est d’être cueillis, lavés, triés avant d’être conditionnés et vendus sur les étalages du commerce. Quadra Machinery – officiellement lancée en début d’année 2019 par trois jeunes ingénieurs, Kevin Boutros, Serge al-Khoury et Kristina Farah – propose d’automatiser la troisième étape. Principalement destinées aux négociants et supermarchés, l’initiative base son dispositif selon la taille, le poids, la couleur et la qualité aussi bien visuelle qu’interne des produits. En plus de leur apporter une valeur ajoutée au niveau de la qualité, c’est un gain de temps comparé à la pratique manuelle pour les producteurs et travailleurs du secteur. Le projet développé au sein de l’accélérateur spécialisé en innovations en techniques agricoles de Berytech Agrytech, a déjà remporté plusieurs prix et a fini vainqueur de l’idée innovante Ideas Track du concours Arab Startup où l’équipe a pu bénéficier de précieux conseils.

Des prix concurrentiels
Le problème majeur de ces outils déjà bien implantés dans les pays riches et développés, est leur prix, pouvant atteindre jusqu’à plusieurs millions de dollars pour les plus performants. Dans les pays tel que le Liban, ce coût est un frein énorme, le contraignant à conserver l’ancienne façon de faire, manuelle. Un désavantage handicapant d’une part rentabilité et exportation, et impactant le produit en tant que tel. C’est pour ces raisons diverses que Quadra réfléchit sa technologie en lien aux besoins des régions en croissance, comme le Mena, l’Europe de l’est, l’Afrique ou encore l’Amérique du sud.
Développé à partir des normes internationales, l’appareil, qui est programmé par ordinateur, évolue en fonction des nécessités du client, rythmées par les saisons, selon la nature du fruit et ses défauts spécifiques. Si le coût se veut abordable comparé à la concurrence, la productivité n’est pas remise en cause. Ainsi la capacité de la machine est extensible et peut aller d’une à six tonnes par heure. Le respect des normes mondiales vise dans un futur proche à permettre aux entreprises libanaises d’exporter leurs marchandises.

Service après vente
La relation client de Quadra ne s’arrête pas à la vente de leurs machines. Grâce à une équipe de pointe, un suivi basé sur des conseils personnalisés et sur une maintenance aussi bien technique qu’informatique est proposé avec la mise à jour des logiciels. Derrière ce projet, une volonté d’apporter une pierre à l’édifice de la relance économique du Liban, pour y créer de nouvelles opportunités d’emploi et sensibiliser aux questions sanitaires liées à l’alimentation. Le lancement s’est révélé déjà très prometteur et la jeune start-up a déjà été contactée par de nombreuses entreprises. À court terme, le but de Quadra est d’atteindre la région Mena, l’Europe orientale, et l’Asie pour à plus long terme, percer sur le marché mondial.

NOéMIE DE BELLAIGUE

Oubliez le traditionnel à la bourguignonne, le célèbre mollusque fait coquille neuve et se réinvite à table. Au Liban, sa culture se développe.
 

Le secteur des cosmétiques le chérissait déjà pour les bienfaits de son mucus contre le vieillissement de la peau, et depuis quelques années, la cuisine aussi le remet au goût du jour. Souvent boudé, notamment à cause de sa texture visqueuse, ce mets détient pourtant de nombreux avantages nutritionnels, avec une chair composée majoritairement d’eau et de protéines, de très peu de matière grasse et dépourvue de cholestérol. Les plus gros consommateurs européens sont la France, l’Espagne et l’Italie mais il est très commun dans la cuisine populaire au Maghreb, le Maroc en étant l’un des premiers producteurs. Au Liban, plusieurs fermes se sont spécialisées dans l’héliciculture, des restaurants le mettent à la carte et le mois dernier, l’Alleyway à Gemmayzé accueillait le premier Beirut Snail Festival. Alors que la production de viande est considérée comme un mal environnemental, l’escargot pourrait-il la remplacer?
Si les chercheurs s’accordent à dire qu’il était consommé dès la Préhistoire, la légende raconte que lors des temps anciens, le poète grec Anacréon avait une vingtaine de recettes à partir d’escargots, faisant d’eux un mets raffiné. Au Moyen-Âge, ils remplaçaient déjà la viande lors du Carême. En 1814, après avoir disparu pendant deux siècles des traditions culinaires, le gastéropode revient. Le fin gastronome et conseiller du roi en matière de bouche, Talleyrand, le proposa au menu lors d’un banquet à l’occasion de la venue du tsar de Russie, Alexandre Ier. Le cuisinier de la cour à l’époque, originaire de Bourgogne, les servit accompagnés de beurre et d’ail persillé, popularisant cette recette française, que l’on retrouve surtout lors des fêtes de fin d’année.

SEPT ÉLEVAGES AU LIBAN
En Europe, certaines variétés d’escargots comme le Bourguignon sont en voie d’extinction et nécessitent des mesures de préservation. Leur exploitation est une pratique récente puisque la première ferme fut inaugurée en Italie en 1974. Aujourd’hui, les mollusques que l’on trouve à table sont toujours à 85% issus de la nature même, le reste provenant de la culture. Très sensibles au climat, les dérèglements environnementaux ont un impact direct sur leur espérance de vie, nécessitant pour leur subsistance d’un taux d’humidité élevé ainsi que de verdure pour se nourrir et se protéger du soleil, leur ennemi numéro 1. Au Liban en revanche, la culture d’escargots bat son plein grâce aux conditions climatiques favorables des montagnes, à la fraîche, loin de l’air et de l’eau polluées. Le pays compte en tout 7 élevages dont 3 situés dans la Békaa. Ici, c’est le «Petit-Gris» qui a du succès, plus petit que son cousin d’outre-Méditerranée, son élevage est plus rapide car il atteint sa maturité au bout de 7 mois contre 3 ans pour le premier. Victimes des pesticides et de l’élevage intensif, cette même espèce est cependant en voie de disparition dans les pays d’Europe de l’est, qui en furent auparavant les principaux exportateurs.

Le Petit-Gris, un succès libanais
«Les Libanais en raffolent», nous confie Rami Salman, rencontré à l’occasion du festival hissant le helix en star. Les restaurants du passage couvert de la rue Gouraud avaient pour l’occasion concocté des mets spéciaux à base d’escargots: en version pizza par le restaurant méditerranéen Zimi, des bouchées par le bistrot français Couqley et autres déclinaisons par le traiteur l’Olivier. Et en bonus, une course de mollusques était organisée… Ce type d’événements est très populaire en Italie, où l’on en recense près de 200 par an, tandis que la péninsule ne compte pas moins de 9 000 fermes. Professionnel du domaine avec sa compagnie Food and Beverage National Company (FBNC), Rami Salman crée il y a trois ans son propre élevage de 24 000 m2 dans les hauteurs de la Békaa, à Aamiq, où il élève environ 1,5 millions de gastéropodes. Il y a un an, il ouvre une cuisine à Hazmieh lui permettant de stocker 18 tonnes d’escargots vivants dans un entrepôt frigorifié et de les préparer sur place. Ils sont destinés à la vente dans les restaurants, aux supermarchés et même aux particuliers. Dans sa ferme, en pratiquant le «free range», il tente de reconstituer pour ses Petit-Gris un cadre ressemblant le plus à leur environnement naturel. Il nous explique proposer sous son label deux formules. La première, des vivants que les gens placent dans leur propre jardin pour les cuisiner ensuite; la seconde, des déjà cuits par ses soins avec coquille ou sans. Côté prix, il faut compter 22 000 L.L./le kilo d’escargots cuits en coquille et 25 000 L.L./pour 400g de viande cuisinée, qu’on retrouve ensuite dans les restaurants pour un ticket d’environ 20$ le plat. À Beyrouth, le Petit-Gris a même donné son nom à un restaurant où on le déguste en risotto, avec des linguinis, en version œufs brouillés… Ou à la libanaise, assorti d’une sauce «tarator», à base de tahiné. Malheureusement pour les héliciculteurs libanais, l’exportation vers l’Europe est compliquée, le seul port étant en mesure de recevoir des animaux vivants étant celui de Barcelone, raisons sanitaires obligent. Mais se contenter d’une agriculture modérée à destination d’une consommation raisonnée, assure finalement la préservation de l’espèce et de son environnement, se voulant être aussi le nôtre.

NOéMIE DE BELLAIGUE
 

Devenus un outil de financement innovant et de partenariat avec le secteur privé, les PPP (Public-Private Partnership) jouent aujourd’hui un rôle important dans la croissance économique libanaise. Rencontre avec Me Ramy Torbey, dont le bureau (Aziz Torbey Law Firm) est, entre autres, cofondateur de la Lebanese Association of PPP.

Parlez-nous de l’association libanaise des PPP? Quand et comment a-t-elle vu le jour? Dans quels secteurs œuvre-t-elle?
L’Association Libanaise des PPP a été créée et développée sous l’impulsion de Me Baki Maneche, responsable du Moyen-Orient au sein du cabinet FIDAL (premier cabinet d’avocats d’affaires en France et en Europe continentale avec près de 1500 avocats) et de M. Alexandre Rizk. Elle compte parmi ses membres fondateurs, outre FIDAL, le cabinet d’avocats italien CBA, KPMG, et bien entendu le cabinet d’avocats libanais Eptalex-Aziz Torbey Law Firm. Ses missions principales sont celles de promouvoir une exploitation optimale et innovatrice des ressources publiques et privées dans le cadre de la poursuite des intérêts mutuels, de créer et développer des programmes et forums pour encourager l’échange d’idées et d’expériences en matière de PPP à l’échelle internationale, d’organiser des formations relatives aux PPP pour promouvoir les meilleures pratiques et renforcer leur développement, de proposer des solutions au secteur public concernant le développement et le bon fonctionnement des projets d’infrastructure, de contribuer à la rédaction de propositions de règlements et de participer à la formulation de directives, stratégies et programmes relatifs aux PPP.

Pourquoi avoir recours à un PPP? Quels en sont les risques? Les avantages?
Un PPP est une relation contractuelle régissant la coopération entre une autorité publique (ministères, municipalités, établissements publics, etc.) et un prestataire privé, relative à un projet d’intérêt public, auquel le secteur privé contribue par le financement, la gestion et au moins une des activités suivantes: la conception, l’installation, la construction, le développement, la restauration, l’équipement, l’entretien, la réhabilitation et l’exploitation. Le PPP est un facteur crucial pour le développement et la prospérité de notre pays et qui empêche l’accroissement de l’endettement public. Un PPP appelle ainsi le financement des infrastructures et équipements par le secteur privé via les banques ou autres établissements du secteur privé, ce qui réduira donc le recours aux ressources budgétaires. Dans un pays comme le Liban, où le besoin en matière d’infrastructure se fait sentir, le rôle des PPP est primordial puisqu’il permet de lancer un grand nombre de projets d’infrastructures en parallèle sans épuiser les ressources de l’Etat, car le secteur public ne paiera que le prix du service ou du produit qui sera généré par le partenaire privé au moment de l’achèvement des travaux. De surcroît, un tel système de financement permet à l’Etat, et donc aux usagers, de bénéficier des innovations développées par les entreprises privées et de préserver ainsi l’intérêt général en rendant un service public de qualité. Notons que le PPP est devenu un modèle réussi auquel ont recours les gouvernements tant des pays démunis que des pays développés. Toutefois, un certain nombre de risques potentiels peut entraver la mise en œuvre des PPP au Liban, comme l’absence d’autorités de régulation et de contrôle, la corruption, et la crise économique actuelle. Le coût d’un projet de PPP est susceptible d’être plus important que celui d’un procédé traditionnel de passation de marchés publics. Par conséquent, les entreprises privées devraient faire preuve de prudence avant d’accepter les risques importants qui échappent à leur contrôle.

En quoi consiste la loi sur les Partenariats public-privé? Est-elle réellement appliquée?
La loi sur les PPP a été publiée le 7 septembre 2017. Elle établit un cadre juridique approprié pour la mise en œuvre des projets de PPP, promouvant la transparence, attirant ainsi des investissements vitaux pour la croissance de l’économie. Les entreprises internationales recherchaient depuis longtemps cette loi accordant une garantie et une plateforme nécessaire à la création de leurs investissements dans le pays. De tels investissements apporteraient non seulement des fonds et des opportunités d’emploi indispensables, mais également un transfert de savoir-faire, de technologie et d’expertise. Selon la loi, le processus de PPP est déclenché par une proposition de projet d’infrastructure par le Haut Conseil pour la privatisation et le PPP, suivi d’une étude approfondie. Une fois le projet approuvé, un appel d’offres (trois candidats au minimum) sera lancé. La partie privée qui remporte l’appel d’offres devra donc créer une société spécifique au projet PPP en question. L’État peut être actionnaire de cette société s’il le souhaite.

Pensez-vous que les projets d’infrastructures prévus par CEDRE verront le jour? Dans quelle mesure?
Les projets d’infrastructure prévus dans le cadre de la conférence Paris (CEDRE) nécessitent une mise en œuvre appropriée de mécanismes de transparence et de reddition des comptes. Les conditions imposées par les Etats ayant participés à la conférence de Paris (CEDRE) afin d’octroyer les fonds promis sont la mise en place de réformes par le gouvernement libanais et l’assurance des garanties nécessaires de transparence et bonne gouvernance relative aux projets d’infrastructures financés. La possibilité d’utiliser les structures PPP pour la mise en place des projets d’infrastructures en question permettra d’assurer de la transparence ainsi que la mise en place de plusieurs projets en parallèle avec des moyens limités.

 

Natasha Metni

Mercredi, 31 Juillet 2019 08:39

Crise. Les scénarios du pire et du meilleur

Les Libanais sont ballotés entre les pessimistes qui prévoient un scénario économique apocalyptique et les optimistes qui promettent une ère de prospérité inédite. Sur quoi se basent ces oracles?


Effondrement, faillite, banqueroute, catastrophe! Les mots les plus extrêmes sont utilisés par certains experts et hommes politiques, quoique discrètement à ce stade, pour décrire la situation qui attend, selon eux, le Liban dans les mois à venir. Ces fanatiques du pessimisme sont convaincus, dur comme fer, que le Liban court à sa perte, et que le sauvetage est impossible.
Le pire des scénarios auquel le pays pourrait être confronté serait provoqué par la fonte des réserves en devises fortes de la Banque du Liban (BDL). Celles-ci s’élèvent aujourd’hui à 33,5 milliards de dollars (auxquels il faut ajouter 3,5 milliards de dollars d’eurobonds détenus par la banque centrale), sans compter la valeur des onze millions d’once d’or que le Liban possède.
Les craintes des pessimistes, dont certains préfèrent être décrits comme des «réalistes», ne sont pas infondées. Les réserves de la BDL ont fondu de 7 milliards de dollars en un an. Cette hémorragie des devises est le résultat du déficit de la balance des paiements, qui a atteint cette année des sommets inégalés depuis l’indépendance du pays, comme le souligne l’ancien ministre des Télécommunications, Charbel Nahas. Pour les cinq premiers mois de 2019, la balance des paiements a enregistré un déficit cumulatif de 5,186 milliards de dollars. A ce rythme, le déficit atteindrait à la fin de l’année quelque 13 milliards de dollars. Cela signifie que le Liban doit trouver 13 milliards de dollars pour payer ses importations, les intérêts de sa dette en devises et ses autres obligations internationales.

Effondrement de la livre
La fonte des réserves de la BDL est due à plusieurs facteurs: l’augmentation chronique du déficit budgétaire; le tarissement des flux de capitaux entrants, provenant notamment des Libanais non-résidents – qui sont passés de 15 milliards de dollars en 2014 à 7,2 milliards en 2018 –; la récession économique (0% de croissance les six premiers mois de l’année selon le gouverneur de la BDL, Riad Salamé).
Cette conjoncture économique défavorable provoque une sortie de capitaux, qui s’élèverait entre 6 et 8 milliards de dollars en un an.
Pour essayer de reconstituer ses réserves en devises, la BDL imagine des outils financiers. Ces ingénieries financières permettent de gagner du temps mais elles sont coûteuses et ont comme résultat premier une augmentation de la dette qui a atteint, cette année, selon l’Association des banques du Liban, 85,17 milliards de dollars, soit 150% du PIB, comme le souligne l’agence de notation Fitch.
Si la fonte des réserves se poursuit, la BDL se verrait dans l’incapacité de soutenir la livre libanaise. Cela s’est déjà produit en 1992, lorsque la banque centrale, dirigée à l’époque par Michel el-Khoury, avait annoncé, dans un communiqué laconique, qu’elle n’interviendrait plus sur le marché des changes pour soutenir le cours de la monnaie nationale, provoquant son effondrement face au dollar. Au plus fort de la crise, le billet vert s’échangeait contre 3 000 livres libanaises. Cette crise s’était conclue par la démission du Premier ministre de l’époque, Omar Karamé, et l’arrivée au pouvoir de Rafic Hariri, après une parenthèse de quelques mois gérée par Rachid Solh.  
Réaction en chaîne. Un tel scénario déclencherait une réaction en chaîne qui aurait de graves répercussions financières, économiques et sociales.
La dépréciation de la valeur de la monnaie nationale provoquera une inflation, donc une hausse vertigineuse des prix, qui conduira à un affaiblissement du pouvoir d’achat des Libanais. Il en résultera une baisse de la consommation et un recul de l’activité dans les secteurs productifs.
L’équation est simple: quand les gens achètent moins, les usines produisent moins et, par conséquent, vendent moins. La contraction du chiffre d’affaires poussera les entreprises à réduire leurs dépenses en adoptant une série de mesures, dont les licenciements. Le pays connaîtra alors une forte hausse du chômage. C’est à ce stade que l’aspect social de la crise se fera le plus sentir.
Cette situation aura un impact sur la dette publique, dont 60%, contractée en livres libanaises, est détenue par les banques avec les capitaux des déposants. Ceux-ci seront les grands perdants en cas d’effondrement de la monnaie nationale car ils verront la valeur de leur patrimoine fondre.
Les banques, dont la dollarisation des dépôts a atteint, en 2019, 71% (contre 69% en 2018), pourraient prendre des mesures pour empêcher les retraits massifs ou la fuite des capitaux vers l’étranger. Un contrôle plus strict pourrait être instauré sur les transferts et les retraits, des limitations qui auront des répercussions négatives sur l’ensemble de l’activité économique.
Sur un plan macro-économique, on assistera à une contraction du PIB en raison de l’effet conjugué de la baisse de la consommation, des investissements et des dépenses gouvernementales. La taille de l’économie rétrécira, ce qui est synonyme de moins de richesses à répartir, donc de plus de pauvreté.
L’Etat aura de grandes difficultés à honorer ses engagements internationaux en devises fortes et les agences de notation dégraderont le pays qui aura du mal à emprunter des capitaux sur le marché mondial. Par conséquent, l’Etat
ne pourra plus financer le déficit budgétaire en empruntant comme il le fait depuis des décennies. Il fera tourner à fond la planche à billet et cette création monétaire fera exploser l’inflation. Le Liban s’enfermera alors dans un cercle vicieux et n’aura plus les moyens de sortir de la crise. Il risque d’y perdre sa souveraineté financière et économique.

Réduction du déficit
Tous les experts ne partagent pas cette vision apocalyptique du lendemain. Loin de là. Les optimistes – qui se disent aussi réalistes –, font état d’une convergence de vue, qui frôle l’unanimité, entre les dirigeants libanais, quant au diagnostic économique et financier et des mesures à adopter pour une sortie de crise. Les divergences existent au niveau de certains outils et méthodes mais pas sur les grandes orientations.
Le plan de sortie de crise se base sur une réduction du déficit budgétaire de 4% du PIB en 2019, passant de 11,4% à 7,59%, à travers une politique d’austérité qui a conduit à la réduction des dépenses publiques. A ceux qui, au Liban et à l’étranger – dont certaines agences de notation internationales – doutent de la capacité des autorités à respecter les chiffres de la loi de finances, ces experts indiquent que le déficit budgétaire enregistré les quatre premiers mois de l’année a baissé de 28% par rapport à la même période de l’année dernière. Le déficit des quatre premiers mois s’élevait à 7,1% du PIB, soit moins que les 7,59% prévus dans le budget 2019.   
Le gouvernement va mettre les bouchées doubles pour préparer le projet de budget 2020 dans le même esprit de réduction des dépenses de l’Etat et de l’introduction de réformes permettant d’améliorer la perception des recettes.
Dans le même temps, le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, autre pierre angulaire du redressement économique, se déroule conformément au calendrier établi. Cela permettra de réduire progressivement le déficit de l’EDL, qui s’élève aujourd’hui à 1,7 milliards de dollars, avant d’atteindre un excédent, en 2023.

CEDRE, une opportunité
La mise en œuvre des résolutions de CEDRE contribuera à relancer la croissance. Cette conférence a octroyé au Liban 11,5 milliards de dollars sur 10 ans, dont 1,5 milliards de dons et 10 milliards de prêts à 1,5%. Ces taux préférentiels réduiront le coût de l’endettement et le service de la dette, qui grèvent le budget.
Le lancement des vastes projets d’infrastructure prévus par CEDRE relancera la dynamique de création d’emplois et permettra à l’industrie et à l’agriculture libanaise d’être plus compétitives, et, par conséquent, de mieux écouler leurs productions. D’ailleurs, les exportations libanaises ont augmenté de 10% les cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période l’année dernière.
Selon les estimations, chaque milliard de dollars investi dans le cadre de CEDRE générera 1% de croissance du PIB. L’augmentation de la taille de l’économie déclencherait une dynamique vertueuse passant par la création d’emplois (donc recul du chômage), l’amélioration du climat des affaires (augmentation des investissements), un atterrissage en douceur des finances publiques et une hausse des flux de capitaux entrants, qui permettront de réduire le déficit de la balance des paiements.
Autre signe positif, l’augmentation importante du nombre de touristes cet été. Déjà, 100 000 Européens et 50 000 Saoudiens sont venus au Liban à la mi-juillet et ce nombre est appelé à s’améliorer dans les semaines qui viennent, avec l’arrivée prévue de 150 000 Saoudiens et d’autres ressortissants du Golfe ainsi que des dizaines de milliers de Libanais de la diaspora. Chaque touriste dépense en moyenne 2 000 dollars au Liban, selon les experts. Cet apport en devises permettra aussi de réduire le déficit de la balance des paiements.
Autre facteur positif, le forage du premier puits de gaz en décembre. Les résultats concernant la taille et la qualité des réserves qui y seront découvertes seront connus en février 2020. Dans les mois qui viennent, le Liban peut prendre deux directions diamétralement opposées. Chacun des scénarios comporte des éléments plausibles et ceux qui les défendent apportent des arguments convaincants. La suite des événements dépendra en grande partie du sérieux des dirigeants à respecter les engagements pris dans la loi de finances et de leur volonté à poursuivre les réformes. Sinon, les Libanais sauront à quoi s’en tenir.

Paul Khalifeh

Depuis leur installation en 2007 à Bagdad, Erbil et Bassora, les banques libanaises se sont battues sur un marché complexe. D’ici fin 2015, elles auront une nouvelle échéance à honorer.

Sur un plan organisationnel, laBanque centrale irakienne a décidé de relever les capitaux propres des branches des banques étrangères installées en Irak à 70 millions de dollars. Cette décision respectée, les banques sont autorisées à ouvrir autant de branches qu’elles le souhaitent. D’après certains experts, la nouvelle réglementation portant le No 9/3/288 du 16 octobre 2014 viserait à encourager l’activité des banques étrangères en Irak et, par la suite, à pousser les banques locales à réaliser de meilleures performances au nom de la concurrence. Les banques libanaises, qui ont accueilli favorablement la possibilité d’ouvrir de nouvelles branches, se sont montrées plus réservées quant au montant de la capitalisation requis et au délai de se conformer à la nouvelle directive expirant pour les banques étrangères fin 2015, alors que ce délai est de trois ans pour les banques locales. La date butoir de la fin 2015 a été qualifiée de courte. Parallèlement, les financiers ont considéré avec scepticisme les dispositions de la Banque centrale irakienne selon lesquelles la capitalisation des banques étrangères doit représenter 30% de celle des banques locales. Ce qui signifie, dans la pratique, qu’à chaque fois qu’il sera demandé aux banques locales de relever leurs capitaux propres, il en sera de même pour les banques étrangères dans une proportion de 30%.

 

Marché compliqué
Le parcours des banques libanaises en Irak a débuté en 2007, sachant que la loi concernant les banques irakiennes n’a été promulguée qu’en 2003. Sur le marché irakien, on dénombre aujourd’hui la présence de multiples branches appartenant à neuf banques libanaises, et un bureau de représentation, répartis entre Bagdad, Bassora et Erbil. Il s’agit de Byblos Bank, Intercontinental Bank, la Banque Libano-Française, Bankmed, Bank of Beirut & Arab Countries, le Crédit libanais, Fransabank, Blom Bank et Middle East & Africa Bank, alors que Beirut Bank a ouvert un bureau de représentation et que Audi Bank est en passe d’inaugurer des branches notamment à Najaf et Souleimaniyé, en plus de branches à Bagdad, Bassora et Erbil. Les conditions de travail en Irak rendent l’activité bancaire difficile à gérer vu les limites des autorités monétaires en termes de compétences humaines et techniques. La faiblesse de la culture bancaire de la clientèle n’arrange pas les choses. Aujourd’hui donc, l’activité des établissements bancaires en Irak se concentre sur l’ouverture de crédits documentaires aux agents sans toutefois l’octroi de prêts. L’inexistence d’une centrale des risques et d’un registre de commerce rend l’obtention de toute information financière et économique concernant le client quasiment impossible. A ceci s’ajoute l’interdiction pour les banques de procéder à des hypothèques immobilières, celles-ci n’étant pas autorisées à posséder des propriétés. En parallèle, suivant les données de l’Agence américaine pour le développement, il est fort probable qu’une grande partie des Irakiens n’a pas de comptes bancaires. Par conséquent, le ratio des prêts bancaires rapportés au PIB est l’un des plus faibles dans le monde, ce ratio ne dépassant pas 9%, alors que la moyenne dans les pays de la région Mena s’articule autour de 55%. Aussi l’absence d’un mécanisme de domiciliation des salaires est de nature à freiner le développement des prêts individuels.

 

PAGES RÉALISÉES PAR LILIANE MOKBEL

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:59

Moyen-Orient

Asie centrale  
IDB Finance implante des cliniques mobiles

Islamic Development Bank (IDB), basée à Jeddah, et le Kirghizstan ont signé un accord en vertu duquel la banque islamique s’est engagée à assurer le financement de cinq cliniques mobiles consacrées aux soins médicaux. Ces cliniques seraient déployées dans les zones rurales en Asie centrale. Le projet de la clinique mobile au Kirghizstan s’inscrit dans le cadre du programme d’un coût de 266,5 millions de dollars financé par le royaume wahhabite et exécuté par l’IDB. Ce programme consiste à implanter 75 cliniques mobiles dans plusieurs pays islamiques à savoir, outre le Kirghizstan, le Pakistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Yémen. Les cliniques mobiles offriraient une panoplie de services dont des soins médicaux généralistes, la radioscopie et la mise à niveau du personnel médical.          

Budget
Huit nouveaux ministres en Arabie saoudite

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a nommé par décret royal huit ministres pour s’occuper de la restructuration des contentieux relevant des ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur, du Transport, de l’Agriculture, de l’Information et des Affaires islamiques. Parallèlement, les ministères jugés d’une importance prioritaire n’ont pas subi de changement au niveau de leurs responsables, à savoir ceux des Finances, du Pétrole, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense. Les dispositions du décret royal étaient concises, soulignant que la restructuration concernerait le budget de 2015 sans autres précisions. De toute évidence, la restructuration devrait anticiper la baisse attendue des revenus du royaume provenant de l’exportation du pétrole. Le prix du baril de pétrole a reculé ces derniers mois à son niveau le plus bas depuis quatre ans.

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:54

Indices

Eau
Une part importante des aides

Selon la dernière lettre d’information du ministère des Finances portant sur les aides internationales au Liban, le secteur de l’eau a accaparé une part substantielle de celles-ci pendant les mois de juillet et d’août 2014. En juillet, le pays a obtenu une assistance globale de l’ordre de 8,39 millions de dollars pour l’amélioration de l’alimentation en eau dans ses différentes régions notamment au Akkar (1,73 million de dollars) et dans la Békaa. En août, le gouvernement libanais a signé deux accords de prêts avec la Banque mondiale d’un montant de 474 millions de dollars consacrés à l’augmentation de l’approvisionnement en eau de Beyrouth et du Mont-Liban. Le montant de ces accords est réparti comme suit: 319 millions de dollars alloués à la construction des installations, alors que 155 millions seraient réservés aux expropriations.

Filiales syriennes
Résultats encore dans le vert

Les filiales syriennes des banques libanaises ont enregistré une baisse des profits combinés de l’ordre de 6,32% à fin septembre 2014 sur un an. Néanmoins, leurs résultats financiers sont restés dans le vert, continuant à dégager des bénéfices de l’ordre de 62,18 millions de dollars (sur base de la valeur de change de la livre syrienne contre le dollar au 9e mois de septembre 2014).
Les filiales syriennes ont enregistré sur la période couverte les résultats suivants: Bank Audi Syria (15,64 millions de dollars), Bank of Syria & Overseas (8,34 millions de dollars), Byblos Bank Syria (3,87 millions de dollars), Bemo Bank Saudi Fransi (14,82 millions de dollars), Sharq Bank (5,25 millions de dollars), Fransabank Syria (18,14 millions de dollars) et Syria Gulf Bank (pertes 3,88 millions de dollars).

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un mariage à Chypre
La saison des mariages bat son plein et les voyages vers Chypre se multiplient. Célébrer ainsi son hyménée dans ce pays voisin du Liban se fait de plus en plus…

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