Les prêts à la consommation. Des gammes de produits ajustables
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Nº 3064 du vendredi 29 juillet 2016

Les prêts à la consommation. Des gammes de produits ajustables

 
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Véritable moteur de l’économie, les prêts à la consommation permettent à toutes les catégories de revenus de pouvoir acquérir des biens selon leurs besoins ou leurs envies. Les banques proposent de nombreux produits à leurs clientèles.


Meubler son appartement ou renouveler son électroménager, s’offrir une tablette dernier cri ou s’équiper en high-tech, ou tout simplement financer un voyage à mille lieues du Liban… Les utilisations du crédit consommation sont multiples. Le prêt personnel apparaît un outil de premier choix pour booster une consommation fragilisée par les crises que traverse le pays, alors que l’économie est en berne.
Si le budget en possession de chaque ménage ne suffit pas, pas de panique, les banques arrivent à la rescousse pour proposer des prêts personnels et autres crédits à la consommation. Ce type de prêts, dont le montant n’est pas forcément excessif, connaît un succès croissant au Liban, où les salaires n’augmentent pas vraiment en fonction de la cherté de vie. C’est donc dans ce contexte que depuis une vingtaine d’années, les banques proposent des gammes de prêts à la consommation ajustables pour la plupart des Libanais, afin de leur permettre d’assouvir leurs besoins. Une solution de facilité pour les consommateurs, qui permet, sans aucun doute, de vivre mieux, en échelonnant les paiements sur une certaine durée.

 

Séduire les récalcitrants
Pour les banques, proposer de telles facilités de paiement fidélise incontestablement la clientèle et contribue même à drainer de nouveaux clients. En effet, pour soutenir une croissance régulière de leurs portefeuilles clients, les établissements bancaires ont tout intérêt à trouver de nouveaux produits attrayants à proposer à leurs clientèles. Les possibilités d’emprunter pour consommer et ainsi atteindre ou maintenir un certain niveau de vie sont multiples.
Les banques de détail ont donc peaufiné, ces dernières années, leurs offres afin de séduire les plus récalcitrants. Parmi les atouts du prêt personnel, son échéance de remboursement limitée dans le temps. En effet, quand le prêt personnel est accordé au demandeur, il l’est dans un laps de temps donné. La plupart du temps, la somme empruntée via le prêt personnel doit être remboursée dans un délai compris entre 3 et 48 mois. Ainsi, l’emprunteur sait qu’il doit payer à la banque chaque mois une telle somme et peut planifier ses dépenses au mieux.
Ces crédits peuvent prendre deux formes: les prêts affectés ou non affectés. Pour le prêt affecté, les banques allouent une somme donnée au demandeur, selon l’achat précis qu’il compte réaliser. Ces dernières années, les établissements bancaires ont précisé leurs gammes d’offres. Ainsi, on trouve, désormais, des prêts pour acheter un ordinateur, des prêts destinés spécifiquement aux étudiants ou aux fonctionnaires, etc. Dans le second cas, le client peut demander à sa banque une somme donnée sans avoir à justifier son usage final. A la banque de décider si elle peut ou pas lui accorder, sans savoir quelle en sera l’utilisation.
Ces crédits à la consommation ont permis aux banques de toucher des personnes à revenus moyens, voire avec de petits revenus, qui ne pouvaient pas, auparavant, justifier d’un salaire assez élevé pour contracter un emprunt bancaire. Jusqu’alors, les prêts, même minimes, étaient rendus inaccessibles aux plus modestes à cause du coût qu’ils engendraient, et les banques refusaient généralement ce type de demandes par crainte d’insolvabilité du requérant.

 

35% des revenus mensuels
Depuis 2014, les remboursements mensuels de crédits ne doivent pas excéder 35% des revenus mensuels du ménage emprunteur. A cette obligation, la Banque du Liban (BDL) a ajouté, en février 2015, une nouvelle circulaire visant à encadrer davantage les crédits aux particuliers. Désormais, les banques sont tenues de faire preuve de plus de transparence dans leurs produits. De même, cette année, la BDL a instauré de nouvelles restrictions à l’encontre des «comptoirs» financiers, des institutions de crédit qui s’adressent directement au particulier, afin d’éviter les risques d’endettement.
Pour les clients justement, il convient de rester prudent et de ne pas accumuler les petits crédits qui, au final, représentent un endettement conséquent. Car le risque d’impayés et de surendettement n’est jamais loin. Représentant un danger pour le consommateur, mais aussi pour les banques émettrices de prêts. Ces dernières prennent bien évidemment leurs précautions. La plupart d’entre elles disposent donc d’un département spécifique chargé de l’étude des risques et des dossiers de prêts. Un service de renseignements étroitement connecté à celui des autres banques au Liban. A chaque demande de crédit, notamment quand le client a déjà domicilié son salaire dans une autre banque, une enquête est réalisée à travers ce réseau. La banque obtient ainsi de nombreuses informations sur l’état des créances du client.
La Centrale des risques
Elle peut aussi s’appuyer sur les fichiers de la Centrale des risques qui lui permettent de savoir si le demandeur a déjà d’autres crédits dans des banques concurrentes. Pour le client, l’accumulation de crédits peut avoir des conséquences dramatiques en cas d’impayés. Il peut ainsi se retrouver face à des poursuites judiciaires, même si la plupart des banques assurent privilégier la discussion à l’amiable, avant d’entreprendre des démarches radicales. A prendre en compte aussi côté client, la survenue d’impondérables de la vie, comme la maladie, la perte d’emploi et l’accident, qui peuvent le rendre incapable de rembourser ses échéances le moment venu. Autant de réalités qu’il est nécessaire de connaître avant d’emprunter, et ce, quel que soit le montant du crédit. Enfin, l’objet réel du crédit peut présenter certains niveaux de risque. Pris dans la spirale infernale du prêt à la consommation, certains clients peuvent être tentés de souscrire un prêt non affecté pour rembourser un prêt précédent. 


Jenny Saleh
 

Non-remboursement
Généralement, les banques constatant une impossibilité de régler une échéance de la part d’un client s’efforcent, dans un premier temps, de procéder à une négociation à l’amiable. Dans ce cas, les échéances peuvent être rééchelonnées, la durée du prêt rallongée, etc. Les banques gèrent la situation en contrôlant les transactions et en discutant avec le client.
Toutefois, en cas de trois impayés consécutifs, le dossier litigieux est transféré au département contentieux. Une lettre de sommation est d’abord envoyée au client, l’enjoignant de rembourser le montant dû, assortie d’un suivi accru de ses transactions. Parfois, une enquête peut être menée par le service de recouvrement attaché à la banque. En cas de non-coopération de la part du client, une procédure juridique, aux frais du celui-ci, peut être engagée. En cas de possession d’actifs mobiliers ou immobiliers, la justice peut donner à la banque le droit de saisir ces biens, jusqu’à remboursement de l’intégralité de la dette. Enfin, le nom du payeur peut ensuite figurer sur une liste noire à laquelle les banques ont évidemment accès.


Attention aux crédits revolvings!
Le crédit revolving s’avère le crédit le plus risqué aux yeux des banquiers comme des clients. Il s’agit d’une avance de fonds renouvelable: dès lors que le client commence à rembourser son prêt, il peut le réutiliser dans la limite d’un montant maximum octroyé disponible. Ce crédit peut par sa facilité d’utilisation pousser aux dépenses impulsives, d’où le danger. La banque ne peut absolument pas contrôler les dépenses effectuées et l’absence de gage rend ce type de crédits très risqué. Cela dit, le coût du risque est inclus dans le taux d’intérêt du crédit revolving qui est toujours plus élevé que pour un crédit affecté ou non affecté. Attention donc à bien réfléchir avant de s’engager dans un crédit de ce type.

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Éditorial
La terreur dans tous ses états

L’horreur n’a peut-être pas encore atteint son paroxysme. La France, apparemment cible privilégiée du terrorisme, n’a pas fini de payer un tribut que lui impose Daech. Un prêtre de 84 ans est égorgé alors qu’il célébrait la messe dans l’église d’une petite ville près de Rouen. L’un des assassins n’était pas inconnu des services antiterroristes français. Ce drame, s’il en fallait encore un, renforce la fragilité de la planète menacée par les attentats terroristes qui pèsent sur toutes les régions.Les dirigeants libanais, toutes fonctions et toutes communautés confondues, continuent à fermer volontairement les yeux et les oreilles et à refuser, sinon par quelques déclarations carrément anodines, de se sentir pris dans la tourmente planétaire. Dans leur vie quotidienne, les citoyens sont quasiment oubliés. Ils ressentent les dangers qui les guettent et leur impuissance à y faire face, alors que dans les hautes sphères d’une République privée de tête, ce ne sont que les Affaires avec un A majuscule qui prennent le dessus. Certains parmi ceux qui ont la charge de notre bien-être continuent à vivre dans le déni de leurs responsabilités et notamment dans celui des dangers que font courir au pays l’Etat islamique, Daech et consorts. Ces convertis à un radicalisme qui prétend sauver le monde en éliminant les «mauvaises graines» font un nombre incalculable de victimes, chez les enfants, les femmes, les hommes et s’en prennent maintenant aux religieux. Ils n’ont rien de véritables guerriers, mais sévissent dans des pays bien mieux structurés que le Liban d’aujourd’hui.Le Premier ministre, représentant le chef d’un Etat «fantôme» qui, de mois en mois, se fait oublier, participe à tous les sommets arabes ou internationaux. Il n’en recueille certes pas grand-chose mais rappelle au moins, l’espace de quelques jours, l’existence du Liban. Un pays qui semble avoir été rayé des agendas internationaux. Il peine toutefois à se faire accompagner par des membres de son gouvernement qui, sans être tenus d’intervenir directement dans les débats, craignent que leur seule présence soit une approbation des conclusions qui ne plaisent pas à leurs alliés et à leurs visions présentes et futures.Pour sa 27e session, qui s’est ouverte en tout début de semaine en Mauritanie, la Ligue arabe ne manque pas de sujets dont l’importance n’échappe à aucun pays arabe: la lutte contre le terrorisme, les crises politiques qui secouent le monde, et le Moyen-Orient en particulier, requièrent une coordination pour la sécurité et la stabilité des pays de la région. Des sujets sur lesquels, de toute évidence, les décisions sont critiques. Les raisons de l’absence de ministres aux côtés du chef du gouvernement au sommet sont claires. Mais quelle place aura le Liban dans tous ces débats et quels bénéfices en récoltera-t-il? Les expériences passées et actuelles prouvent que le Liban n’est plus inscrit sur les calendriers des grandes nations.Le président Tammam Salam a hérité d’un Etat en décrépitude. Le courant électrique sur l’ensemble du Liban, déjà rationné mais au moins programmé, réserve sans cesse des coupures-surprises. L’eau est polluée et le ministre de la Santé publique s’emploie à faire des annonces quasi quotidiennes mettant en garde contre de nombreux produits alimentaires jusqu’au blé, nourriture quotidienne de tous et parfois exclusive pour une classe sociale très peu, sinon jamais, prise en considération et dont le pain est l’aliment essentiel, pour ne pas dire parfois unique.Si les ministres lancent des promesses qu’ils savent ne pas pouvoir tenir, les citoyens n’y croient plus. L’augmentation des salaires des fonctionnaires, annoncée pour le mois prochain, les soins de santé gratuits pour les personnes de plus de 64 ans… et peut-être d’autres gracieusetés de ce genre qui auraient pu réjouir les bénéficiaires, si tant est que les caisses de l’Etat, vidées depuis belle lurette, le permettaient encore.On entend rarement parler encore d’une inspection centrale, pourtant jadis très active, ni de fonctionnaires déférés devant la Cour des comptes ou devant les juges spécialisés, et encore moins devant le Conseil de discipline. Tout cela appartient au passé. Et où sont les Libanais, de différentes générations, qui ont réussi à libérer le pays de tous les mandats étrangers pour, hélas, retomber chaque fois sous la houlette d’un autre occupant tout aussi étranger? L’avenir le dira. 



 Mouna Béchara
   
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