Le conflit s’élargit
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Le conflit s’élargit

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    Le conflit s’élargit
    Cette semaine, la presse internationale s’inquiète de la régionalisation du conflit syrien qui s’est fortement implanté au Liban. Sont pointés du doigt l’axe Syrie-Hezbollah-Iran et les organisations islamistes qui s’installent...
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Cette semaine, la presse internationale s’inquiète de la régionalisation du conflit syrien qui s’est fortement implanté au Liban. Sont pointés du doigt l’axe Syrie-Hezbollah-Iran et les organisations islamistes qui s’installent dans le pays de manière inquiétante.

Mediapart
Le site Internet d’informations françaises Mediapart, proche des milieux de gauche, suit la mobilisation pour la libération de Georges Abdallah au Liban.
Alors que la décision du Tribunal d’application des peines (TAP) concernant la libération de Georges Abdallah a été une nouvelle fois ajournée en France, au Liban, sa famille et ses partisans restent mobilisés «jusqu’à son retour à Beyrouth», affirme l’un de ses neveux. A Beyrouth, sa famille reste mobilisée, malgré les reports réguliers de sa libération. Une tente a été plantée en face de l’ambassade de France et ses proches et partisans se rassemblent à chaque rebondissement judiciaire. «Je sais que ça n’a pas forcément d’incidence sur la décision française. Mais je resterai là, jusqu’à ce que Georges soit libéré, et nous l’accueillerons ici, en face de l’ambassade française», déclare avec un air de défi son neveu, Salim Abdallah.
Au Liban, les proches de cet ancien instituteur originaire de Qobayat et militant révolutionnaire, ne comprennent pas. Parmi la cinquantaine de personnes rassemblées devant l’ambassade de France rue de Damas, un air de famille plane. Frère, neveu, cousin, ils sont tous là. Bien sûr, ils savent déjà que la décision a été une nouvelle fois repoussée. Bien sûr, ils savent que la guerre au Mali leur vole un peu la vedette dans les médias français ces jours-ci. Enfin, ils reconnaissent qu’ils ne font pas le poids face à la centaine d’agents des forces de l’ordre serrés en rang d’oignons face à eux, derrière les barbelés.
Un membre de sa famille s’emporte face à nos questions: «A supposer qu’il ait tout fait, la justice française a décidé de le libérer! Qui décide du sort d’un prisonnier que la justice française a décidé de libérer? Le ministre de l’Intérieur, le Crif ou le droit français?».
La colère de sa famille et de ses partisans à Beyrouth reste sans effets. Un peu partout et notamment en France, des manifestations similaires s’organisent. Un comité de soutien existe sur le Net.  

The Guardian
Le quotidien britannique The Guardian titre sans euphémisme: Sans surprise, Israël frappa un convoi d’armes destiné au Hezbollah libanais. L’Etat hébreu craint une dissémination d’armes chimiques en provenance du régime de Bachar el-Assad. L’attaque du 30 janvier s’inscrit également dans sa volonté d’éviter que le conflit syrien déborde sur les villes du Golan, donnant ainsi l’occasion à l’Iran et au régime syrien de faire diversion.
L’attaque par l’aviation israélienne d’un convoi d’armes se dirigeant du territoire syrien vers le Liban dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 janvier ne peut pas vraiment être une surprise. Les mises en garde d’officiels israéliens ont été nombreuses ces derniers temps, tandis que les voyages impromptus à Washington et à Moscou de deux responsables militaires israéliens ne sont pas passés inaperçus.
Des avions de guerre israéliens ont effectué des sorties pour attaquer des convois d’armements conventionnels et de missiles chimiques qui étaient prêts, au sud de la Syrie à la frontière libanaise, à être transférés au Hezbollah au Liban. Il est de tradition qu’Israël ne communique jamais sur ce genre d’informations militaires. Mais il semble d’après différentes sources que le convoi a été entièrement détruit.
De source bien informée, mais non confirmée par l’armée israélienne, il semble qu’une partie du convoi détruit contenait des missiles antiaériens SA-17 de fabrication russe, transmis par la Syrie. Israël a considéré que ce chargement modifiait la donne dans la région en équipant le Hezbollah de matériel sensible et perfectionné risquant de limiter les missions de l’aviation israélienne au-dessus du Liban.
Ce sont des informateurs infiltrés parmi les rebelles syriens et les commandos de Tsahal qui organisent des opérations ponctuelles de repérage à terre qui ont permis aux Israéliens d’identifier les sites de stockage des armes chimiques et la nature du gaz qui est stocké.

Al-Monitor
Le site al-Monitor explique qu’al-Qaïda prend ses marques au Liban. Des médias locaux et occidentaux révèlent qu’al-Qaïda est en train de monter une structure de son organisation au Liban, sur instructions d’Ayman el-Zawahiri. Ces articles expliquent que le dénommé Majid el-Majid, le nouvel émir de l’organisation du Levant, a mis en place une feuille de route qui comprend des opérations terroristes contre des personnalités politiques, des institutions religieuses et les troupes de la Finul.
Ces mêmes rapports laissent entendre que des éléments d’al-Qaïda et des groupuscules affiliés- en particulier Jabhat al-Nosra, qui a été mis à l’index par les Etats-Unis - se sont disséminés dans tout le Liban, du Nord au Sud, avec des armes et des équipements logistiques. Une direction unifiée du Jabhat al-Nosra a notamment été établie dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué. C’est Oussama el-Amin Chihabi qui a été nommé chef de la branche palestinienne au Liban. Parmi les membres de la direction temporaire, on retrouve le chef politique Ahmad Mohammad el-Doukhi, le commandant des troupes Haytham el-Chaabi et l’administrateur Mohammad el-Chaabi.
En ce moment, l’organisation tente de rassembler tous les éléments du Fateh el-islam et de Jund al-Cham. Un certain nombre de membres d’Osbat al-Ansar a récemment rejoint la branche d’al-Qaïda pour exprimer leur rejet de la direction actuelle. L’organisation voudrait faire du quartier Hatin de Aïn el-Hélwé leur quartier général, en coopération avec Ziyad Abu el-Naaj. En outre, le groupuscule a pour objectif de contrôler l’ensemble des installations, des rues et des entrées du camp. Les services de renseignements ont intercepté des conversations téléphoniques entre eux, d’autres camps palestiniens et des individus hors du Liban. Elles indiquent que les camps sont instables et que le Liban est devenu un terrain fertile pour les groupes fondamentalistes belligérants de la crise syrienne.

 

Le Jerusalem Post
Le Jerusalem Post s’interroge: «La présence d’al-Qaïda au Liban est-elle une réalité ou une propagande syro-iranienne?».
La présence d’al-Qaïda au Liban augmente, notamment à cause de l’élargissement de la guerre civile en Syrie. D’autres expliquent que le Front al-Nosra utilise le Liban comme plateforme. Mais un expert libanais explique aujourd’hui que ces informations sont le fruit d’une propagande orchestrée par la Syrie, le Hezbollah et l’Iran pour décourager l’Occident de renverser le régime d’Assad.
Les officiers de sécurité libanais, qui sont les sources principales des articles occidentaux qui ont repris ces informations, peuvent très bien être des sympathisants du Hezbollah qui veulent faire croire que le régime syrien se bat contre al-Qaïda.
Tony Badran, chercheur pour la Fondation de défense des démocraties, estime que les unités libanaises qui traversent la frontière pour aider leurs frères syriens ne sont pas tous des sympathisants d’al-Qaïda.
Ces informations sont notamment relayées par un site Internet nouvellement créé, al-Monitor, extrêmement proche des cercles du Hezbollah et du régime syrien. Le site traduit des articles du journal libanais As-Safir et l’homme qui a créé al-Monitor, Jamal Daniel, possède 20% des actions d’As-Safir et les journalistes comme Jean Aziz ou Nasser Charara travaillent pour al-Akhbar, considéré au Liban comme la voix du Hezbollah.

Julien Abi Ramia

The National
La patate chaude du mariage civil.
Extrait d’un article du quotidien émirati
Le mariage civil fait, encore une fois, la une de l’actualité libanaise. Et encore une fois, les hommes politiques n’ont pas réussi à s’en saisir. Les dernières semaines n’ont pas fait exception. Les manifestations en faveur du mariage civil n’étaient que l’aboutissement de semaines de discussions, de débats, parsemées de quelques insultes.
Avant les élections générales prévues en juin, peu de politiciens sont prêts à risquer l’opprobre des personnalités religieuses avant le scrutin. Pourtant, dans le même temps, la période de campagne électorale pourrait pousser les candidats à prendre des risques, à tester l’opinion publique.

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

Santé

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