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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

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Eliane Elias inaugure le Festival de Baalbeck. Intimité et «latin jazz»

Contre vents et marées et face à toutes les difficultés, le Festival international de Baalbeck a réussi à se maintenir et à distiller un brin de vie. Délocalisé à la Magnanerie Sad el-Bauchrié, il a été inauguré le 23 août avec le concert d’Eliane Elias.
 

Vendredi 23 août, la date prévue pour le lancement de l’édition 2013 du Festival international de Baalbeck. Quelques heures plus tôt, la double explosion qui a eu lieu à Tripoli avait alourdi le pays et la ville d’une chape de plomb et de deuil, transformant l’expectative de cette soirée, de ce concert, en devoir désintéressé. Mais un devoir de vie, malgré tout. Et c’est exactement cette ambiance, cet état d’âme qui a plané, en ce 23 août, sur la Magnanerie de Sad el-Bauchrié, où s’est délocalisé cette année le Festival de Baalbeck, une première dans son histoire. Loin de la somptuosité des colonnes de notre prestigieux site, le comité n’aurait certainement pas pu trouver un endroit plus magique, plus authentiquement et traditionnellement préservé que la Magnanerie, pour accueillir le prestige de son festival. D’ailleurs, il a certainement ajouté une touche de charme intime au concert d’Eliane Elias.
A l’initiative de Nayla de Freige, présidente du festival, la soirée débute par une minute de silence en hommage aux victimes du double attentat de Tripoli. Avant de demander à l’audience d’accueillir Eliane Elias et ses trois musiciens. Dès les premières notes, la salle est transportée dans le Brésil natal de l’artiste, au détour de ses quartiers, Ipanema, Copacabana… popularisés de par le monde par la musique même qui y est née, cette bossa-nova qui, immanquablement et immédiatement, attire et fascine tout auditeur lambda. Et c’est ce qu’a présenté pour nous le quartette Eliane Elias. Ambiance chaleureuse, rythmes entraînants, dansants, fraîcheur et improvisation musicale, l’espace d’une heure et demie environ, sur nos visages tirés, un sourire s’est esquissé, loin de l’ambiance funeste qui ravage le pays.
 

De sourire et de synergie
Entrée en matière avec un premier morceau très chaloupé de Gilberto Gil, ce grand qu’Eliane Elias a souvent accompagné. Elle interprètera d’ailleurs des compositions d’un grand nombre de musiciens brésiliens aux côtés desquels elle s’est produite, à l’instar d’Antonio Carlos Jobim, Caetano Veloso… Décontractée et à l’aise sur scène, Eliane Elias présente chacun des morceaux, expliquant, avec humour et espièglerie, son histoire, sa genèse, son sens, traduisant certains passages du texte. Avant de prendre sa pause devant le piano pour que naît sous le coup de ses doigts effrénés toute une promesse d’ailleurs. Só Danso Samba, Desafinado, Bananeira, Girl from Ipanema… Les compositions s’enchaînent aux sons du chant, du piano, de la guitare, de la contrebasse et de la batterie, tous ces instruments entrés en osmose, en synergie avec l’air de Beyrouth. Eliane Elias rendra également un hommage à Chet Baker, comme elle l’avait fait dans son album Thought about you/A tribute to Chet Baker, en reprenant ce magnifique Embraceable you.
Au fond de la scène, une grande affiche sur laquelle trônent les images des colonnes du temple de Jupiter ramène à tout moment aux auditeurs le souvenir, l’effluve de Baalbeck. C’est là qu’Eliane Elias aurait dû installer l’intimité de son concert pour céder la place aux merveilleuses résonnances de son groupe. Chacun des musiciens qui l’accompagnent rajoute une touche particulière à cet ensemble. La batterie de Rafael Barata se joue de la puissance et de la sensibilité de la musique, la contrebasse de Marc Johnson instaure à chaque manipulation un groove d’enfer, tandis que la guitare de Rubens de La Corte ramène des touches de douceur. Tous entrent en branle afin que résonnent les envolées pianistiques d’Eliane Elias.
Virtuosité, dextérité, audace, Eliane Elias semble tellement plus à l’aise au piano que face à son micro. Certes, on loue sa voix particulière, suave et sensuelle, mais ce soir-là, on dirait vraiment que le chant n’était pas son point fort. Parfois, elle n’arrivait pas à rendre l’émotion, la sensibilité, la beauté et l’imaginaire de certains des morceaux interprétés, brisant même la fluidité des notes. Une impression? Alors qu’elle régnait maîtresse absolue de la scène, de la musique, de son piano dont elle effeuillait les touches, tour à tour, puissante, sensuelle et subtile. 


Nayla Rached

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