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Nº 2922 du vendredi 8 novembre 2013

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Le Dr Joseph Naoum, chirurgien vasculaire et endovasculaire. Décryptage d’une discipline en plein essor

Vous souffrez de sténoses carotidiennes, d’anévrisme de l’aorte abdominale, de pathologies des artères périphériques… de varices? Les nouveaux traitements des maladies artérielles et veineuses complexes, ainsi que les dernières avancées technologiques, ont révolutionné la chirurgie vasculaire. Ils permettent non seulement de sauver des vies, mais aussi de faire courir moins de risques au malade, de le soulager plus rapidement et de réduire la douleur. Tour d’horizon avec le Dr Joseph Naoum, chirurgien vasculaire et endovasculaire à la Lebanese American University.
 

Qu’est-ce qu’une chirurgie vasculaire?
C’est une discipline chirurgicale en plein essor. L’essentiel de l’activité de la chirurgie vasculaire consiste à la prise en charge des pathologies artérielles. L’autre volet concerne la chirurgie de l’insuffisance veineuse.

Quel est l’objectif de cette chirurgie?
Son but est de réparer les vaisseaux et de rétablir la circulation sanguine. Les maladies artérielles, comme par exemple le rétrécissement des artères, entraînent un manque d’irrigation des organes et des muscles. Un blocage d’une artère des membres inférieurs peut provoquer une difficulté de la marche et une douleur handicapante au mollet. Dans ce contexte, le chirurgien vasculaire décide, après avoir effectué son bilan, du meilleur traitement. Ce dernier peut être médical, associé à des techniques chirurgicales classiques, ou à des méthodes récentes plus souples, adaptées à chaque malade…

Parlez-nous des principales nouvelles interventions?
L’angioplastie sert à dilater les zones rétrécies des artères par un ballon mis en place grâce à une ponction artérielle, faite sous anesthésie locale. Elle permet d’introduire un ballon dans les artères (sans incisions), qui aboutira à la disparition du rétrécissement. Cette dilatation est complétée parfois par la mise en place d’un ressort métallique (stent) empêchant la sténose de l’artère… L’autre option, c’est la chirurgie classique, avec la réalisation d’un pontage qui court-circuite les artères «bouchées» et ramène le sang dans les zones mal perfusées.
 

En quoi ces nouvelles techniques améliorent-elles l’état des malades?
L’heure est à la chirurgie mini-invasive… Les techniques endovasculaires de pointe se sont bien développées, elles permettent de traiter la plupart des patients et de réparer l’intérieur des artères, grâce à un angiogramme qui détermine avec précision les trajets artériels et les lésions. D’où la possibilité de recourir au ballon, au stent ou à d’autres techniques… Sans cicatrices, ces interventions ont l’avantage d’être souvent de plus courte durée et offrent aux patients l’opportunité de quitter plus rapidement l’hôpital… De plus, la technique endovasculaire permet de soigner des patients très âgés, avec des lésions vasculaires sévères, sur lesquelles il était trop risqué d’intervenir, auparavant.

Qu’en est-il de la chirurgie veineuse, notamment celle des varices?
Nombreux sont les patients qui souffrent d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs. Quand la veine saphène devient incontinente, elle peut souvent causer des varices. Le traitement classique consiste en une chirurgie dite «stripping» ou extraction de la veine malade, nécessitant au moins deux incisions, sans compter d’autres incisions indispensables à l’ablation des varices visibles. Bien que présentant peu de risque, le stripping peut avoir des suites opératoires inconfortables en raison des hématomes, des douleurs… qui requièrent un arrêt de travail de courte durée.

Qu’est-ce qu’une varice exactement?
Une varice est une veine sous-cutanée endommagée dans laquelle le sang s’accumule. Elle s’engorge, devient bleue, tortueuse, saillante et anormalement dilatée. A cet élargissement du diamètre, s’ajoutent également des anomalies de la paroi veineuse.

Y a-t-il des innovations au niveau du traitement?
Dans la majorité des cas, les bas de contention suffisent pour alléger la douleur et les œdèmes. Certains médicaments, généralement à base d’herbes, peuvent aussi aboutir à l’amélioration de la circulation sanguine et de la paroi veineuse. Récemment, de multiples techniques dites endoveineuses ont vu le jour: désormais, la veine est obstruée par une ablation au laser, à la radiofréquence ou par injection de produits sclérosants. L’application d’une sonde de laser-énergie ou radiofréquence à l’intérieur de la veine par le biais d’un cathéter s’effectue sous anesthésie locale, par pontage, sans cicatrice et en ambulatoire (sans hospitalisation). D’où une reprise rapide du travail. Une autre méthode prend également de l’essor: la sclérothérapie qui consiste à injecter dans la varice, avec une aiguille fine, une substance sclérosante, sous forme liquide provoquant une rétraction de la veine. Ce geste bloque la varice, la dessèche et la fait disparaître. Bien tolérée, cette technique ne nécessite pas d’arrêt de travail. Pour les malades qui appréhendent la piqûre des aiguilles ou pour ceux dont les varices sont minimes, la technique du laser est la plus souhaitable.

Quelles sont les causes de la survenue des varices?
Le retour du sang des pieds vers le cœur se fait à l’intérieur des veines qui sont dotées de valvules, de façon à éviter le reflux du sang. Lorsque ces valvules sont «endommagées», ceci provoque un reflux du sang qui fait dilater les veines. D’autres raisons, telles que les transformations chimiques des parois des veines, les prédispositions génétiques ou les facteurs héréditaires contribuent largement à l’apparition des varices. Le fait d’être issu d’une famille sujette aux varices élève le risque d’en développer.

A quel âge développe-t-on les varices?
Malheureusement, le risque de varice augmente avec l’âge. Les statistiques indiquent que 12% des individus entre 18 et 24 ans, 55% entre 50 et 55 ans sont touchés.

Notre mode de vie a-t-il un rôle à jouer au niveau de la formation des varices?
De nombreux facteurs augmentent le risque de développer prématurément des varices ou de les amplifier si elles existent déjà:
La position debout prolongée, exigée souvent par certains métiers (coiffeur, médecin, infirmier, vendeur…).
Le surpoids et l’obésité.
La grossesse, car chez la femme enceinte la dilatation et la pression veineuse s’amplifient au niveau des membres inférieurs. De plus, le poids du bébé et les variations hormonales affaiblissent les veines.
La sédentarité: la circulation veineuse sanguine est limitée du fait de l’absence d’activité physique…

Les femmes sont-elles les seules à en être victimes?
Non, mais la maladie veineuse touche plus souvent les femmes que les hommes. Cette différence entre les deux sexes s’explique par l’influence qu’exercent à ce niveau les hormones féminines comme les œstrogènes et la progestérone.

Comment se manifestent les signes des varices?
Les personnes souffrant de varices se plaignent souvent de lourdeur, de gonflement des jambes ou des chevilles, de brûlure, de fatigue, de démangeaisons… Les varices peuvent être parfois douloureuses et fortement inesthétiques.

Propos recueillis par Marlène Aoun Fakhoury

Prévention contre les varices
Améliorer la circulation sanguine et la fonction musculaire.
Surveiller son poids: un régime 
alimentaire strict s’impose afin de diminuer la surcharge pondérale.
Eviter la position debout ou assise 
prolongée.
Surélever les jambes pendant le repos, autant que possible.
Porter des chaussures confortables.
Faire du sport.
Mettre des bas de contention.

 

 jjnaoum@gmail.com

 

 

 

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