Magazine Le Mensuel

Nº 2926 du vendredi 6 décembre 2013

Semaine politique

Téhéran-Riyad. Nabih Berry, médiateur

De retour de Téhéran, le président du Parlement, Nabih Berry, s’est entretenu avec le chef du Courant du futur, Fouad Siniora, pour aborder les développements au Liban. Le tout via le spectre d’un rapprochement espéré entre l’Iran et l’Arabie saoudite.
 

Le séjour du président de la Chambre des députés en Iran, au lendemain de l’accord signé par Téhéran avec le groupe des 5+1, semble avoir été fructueux. De retour à Beyrouth, Nabih Berry a enchaîné les entretiens depuis sa résidence de Aïn el-Tiné. Il a notamment reçu l’ambassadeur de Syrie au Liban, celui de Russie, ainsi que le chef du PSNS, Assaad Hardan.
Un entretien, en particulier, a retenu l’attention ces derniers jours. Nabih Berry a, en effet, reçu le chef du Bloc du Moustaqbal, Fouad Siniora, avec qui il a évoqué son séjour à Téhéran et, bien évidemment, l’impact de l’accord de Genève sur le Liban. Le voyage en Iran du chef du Législatif n’est, semble-t-il, pas anodin. Il serait visiblement chargé par Téhéran d’œuvrer à un rapprochement − et surtout à un réchauffement − des relations avec l’Arabie saoudite. Fortifié par l’accord obtenu à Genève, l’Iran souhaiterait en effet reprendre langue avec le royaume wahhabite, malgré les multiples dossiers qui les opposent.
Dans cette optique, l’entretien entre Nabih Berry et Fouad Siniora revêt toute son importance. Le président du Parlement pourrait, dans ce jeu, servir plus ou moins d’intermédiaire à un réchauffement des relations irano-saoudiennes, et à travers elles des relations entre les communautés sunnites et chiites. Un réchauffement qui aurait forcément un impact positif sur la situation au Liban. D’autant que des informations font état d’une prochaine visite − encore non confirmée − d’ici deux semaines, de Nabih Berry en Arabie saoudite.
De son côté, l’Iran multiplie les appels du pied en direction de Riyad, comme on l’a encore vu cette semaine avec les déclarations du ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. Depuis Mascate, il a estimé que son pays et l’Arabie saoudite devraient «travailler ensemble» pour œuvrer à «la paix et à la stabilité de la région». Appelant de ses souhaits une visite prochaine à Riyad, Zarif a également souligné que l’Iran «considère l’Arabie saoudite comme un pays très important dans la région et dans le monde islamique».
Au sortir de l’entretien, Fouad Siniora a déclaré que leurs discussions avaient pour objet «d’élargir les espaces communs». Selon lui, si l’accord est un grand pas, tout reste à faire pour redorer les relations entre l’Iran et les pays arabes. Ce qui est certain, c’est que des relations apaisées entre Nabih Berry et le Courant du futur, qui jouit d’un contact privilégié avec Riyad, devraient sans doute jouer un impact favorable.

Jenny Saleh

Gemayel à l’ambassade d’Iran
L’ancien président Amine Gemayel était invité, samedi dernier, à la résidence de l’ambassadeur d’Iran, Ghadanfar Rokn Abadi. Ce dîner, auquel assistaient également l’ancien ministre Salim Sayegh et le vice-président des Kataëb, Sejaan Azzi, a été l’occasion pour les deux hommes d’aborder un grand nombre de sujets d’actualité. Le président Gemayel a d’abord présenté ses condoléances à l’ambassadeur d’Iran, pour les victimes de l’attentat du 19 novembre dernier. Il a également félicité Ghadanfar Rokn Abadi pour l’accord conclu par l’Iran avec le groupe 5+1 à Genève, et souhaité que cela «constitue le début d’un nouveau processus susceptible de renforcer les relations de l’Iran avec la communauté internationale, de manière à se répercuter positivement sur les rapports du pays avec son environnement».
Dans un communiqué, le président Gemayel a également dit espérer que l’accord passé avec l’Iran engendre des répercussions positives «au service du projet de paix au Proche-Orient et au Liban, du fait de son rôle historique et de ses relations spéciales avec un certain nombre de parties, notamment au Liban». De son côté, le diplomate iranien a rendu hommage à son hôte et à sa «politique d’ouverture». Les deux hommes ont aussi abordé le dossier syrien et appuyé «l’option de la solution politique et 
diplomatique de Genève II». L’occasion pour Amine Gemayel de réitérer la position des Kataëb concernant la neutralité du Liban dans ce dossier. L’ambassadeur Abadi a souligné l’appui de son pays à l’unité 
nationale du Liban et à la stabilité de l’Etat et espéré la formation prochaine d’un gouvernement.

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