Magazine Le Mensuel

Nº 2948 du vendredi 9 mai 2014

Supplément

Les universités libanaises. Un projet de société

Au moment où les élèves des collèges doivent choisir leur orientation et le choix de leurs études supérieures, les universités libanaises organisent des journées portes ouvertes et une semaine d’accueil des nouveaux inscrits. Elles offrent leur meilleure image pour attirer les jeunes avides de savoir.  

Bien que fréquenter l’université soit devenu de nos jours mécanique, il va sans dire que les élèves réfléchissent longtemps avant de fixer leurs spécialisations et d’entreprendre un premier pas vers le bastion des études supérieures. «L’afflux vers l’université [libanaise] ne tarit pas. Elle attire encore et toujours», non seulement des Libanais résidants, mais aussi des jeunes venus de tous les horizons.
Qu’est-ce qui fait le succès de nos universités?
Comment rendent-elles compatibles l’ordre et le progrès? Comment mettent-elles leurs spécialisations et leurs cursus au service des valeurs sociales? Si le Liban occupe une place privilégiée dans les domaines culturel, économique et politique, c’est grâce principalement à la qualité de l’enseignement que son système universitaire n’a cessé de dispenser à sa jeunesse et à l’élite libanaise, arabe et occidentale depuis la fin du XIXe siècle à nos jours.
Avec des systèmes éducatifs de haut niveau, les universités libanaises contribuent, malgré l’exiguïté de notre territoire et les difficultés envisagées, à l’édification, la préservation, le développement, le rayonnement et la prospérité du Liban à travers leurs étudiants. Avec leurs deux principaux volets, académique et social, le défi des professeurs d’universités, comme celui des étudiants, est d’unifier ces deux dimensions pour que chacun y trouve son compte. Considérés par les économistes «vecteurs de croissance économique», les établissements de l’enseignement supérieur en général et ceux du Liban, en particulier, participent par leur adaptation aux nouvelles technologies et par leur pôle de compétence à assurer, le mieux possible, une formation de qualité.
 

Comment choisir son université?
La liste des universités au Liban est longue. Le pays compte dix-sept universités privées et une université publique (l’Université libanaise, UL). Imprégnées des systèmes d’enseignement étrangers, notamment le système français: Université Saint-Joseph (USJ), Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek), Université Antonine (UPA) et Université La Sagesse (ULS), et le système anglais: Université américaine de Beyrouth (AUB), Usek, Université libano-américaine (LAU) et Université de Balamand, elles contribuent toutes à adapter leurs formations aux besoins du marché. Les 18 instituts et collèges et les cinq instituts universitaires de technologie en font de même. Tout diplôme étant un rempart contre le chômage, il est important de faire son choix avant la fin de son cycle scolaire.
Le choix doit être avant tout guidé par un intérêt personnel basé sur deux principes: la liberté et la différence. En d’autres termes, il s’agit de définir les inégalités sociales et économiques de façon à ce que les étudiants puissent raisonnablement s’attendre au résultat de cette organisation qui déboucherait sur des positions et des fonctions ouvertes à tous.
La volonté et les motifs personnels tiennent aussi une place importante et même primordiale dans le choix universitaire. Entre vouloir et pouvoir, besoins personnels et besoins du marché, l’idéal serait d’essayer de concilier les deux tendances.

 

Universités et coopérations
Disposant d’un tissu universitaire, particulièrement riche et dense, les institutions libanaises établissent encore et toujours des liens très riches avec celles du monde entier. Les partenariats avec les universités françaises comptent à eux seuls 350, toutes disciplines confondues.
Les coopérations française et anglaise visent à mettre au point une structure permanente de concertation universitaire franco-libanaise et anglo-libanaise, de manière à renforcer durablement les enseignements supérieurs, francophone et anglophone, et à assurer leur pérennité.
Des projets de formation communs innovants et associés à des consortiums d’universités françaises et anglaises/américaines sont mis en place, dans le cadre de cette concertation. Les deux coopérations ont également lancé un «programme d’appui à la formation et au partage des compétences des enseignants», destiné à former de jeunes doctorants libanais et à perfectionner les enseignants des facultés déjà en place. Ce programme inclut également des initiatives dans les domaines des nouvelles technologies et de l’enseignement à distance.
Financement de l’enseignement supérieur privé
A l’exception de l’UL, les universités sont toutes payantes. Certaines d’entre elles accordent toutefois une aide financière à leurs étudiants. Il existe quatre sources de financement.
Les frais de scolarité versés par les étudiants. Ceux-ci varient, pour les dix universités privées les plus importantes, de 6 000 à 23 000 dollars par an, selon les filières.
Les dons de congrégations religieuses, de fondations d’entreprises (nationales ou internationales), de fondations familiales ou de personnes physiques.
Les subventions de la coopération internationale. C’est notamment le cas de l’Université Saint-Joseph (au titre de la coopération avec la France), de l’American University of Beirut (avec les Etats-Unis) ou de l’Université arabe de Beyrouth (avec les pays du Golfe).
L’emprunt bancaire. Mais les auteurs constatent qu’«en raison des taux élevés pratiqués par les banques libanaises (souvent supérieurs à 10% en livres libanaises) et des maturités limitées des prêts qu’elles peuvent obtenir, les universités recourent peu au crédit bancaire pour financer des infrastructures».
Les demandes du marché
Les universités libanaises œuvrent toutes à être autant que possible bien positionnées sur le marché éducatif. Axées aussi sur le marché du travail, elles ont réussi à devenir acteurs à part entière sur la scène universitaire et sur la scène libanaise et arabe du travail dans un laps de temps très court. On peut constater le côtoiement de deux approches. L’une considérant l’enseignement supérieur comme un élément de globalité, dans une perspective de pluralisme et de diversité, l’autre insistant essentiellement sur la fonction utilitaire de l’enseignement supérieur. Ces universités, axées ainsi sur le marché, offrent des diplômes d’études appliquées. Entre massification de l’enseignement supérieur, marchandisation, recours à la recherche et au développement de cette dernière, l’espace universitaire s’élargit de plus en plus.

Ce qu’il faut savoir
«Pour les étudiants libanais qui souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger, l’Institut français du Liban s’efforce de les orienter de manière privilégiée vers la France, qui, avec plus de 4 500 étudiants inscrits, constitue déjà le premier pays d’accueil des étudiants libanais à l’étranger. Ainsi, près de la moitié des étudiants libanais en mobilité dans le monde vient étudier en France. Ces étudiants sont à 60% inscrits en 3e cycle. 44% d’entre eux sont inscrits en sciences fondamentales et appliquées, 20% dans les disciplines médicales et plus de 600 étudiants libanais sont inscrits dans les Grandes Ecoles (dont près de 300 en école d’ingénieurs et un peu plus de 200 en école de gestion et de management)».
Le programme Erasmus Mundus EPIC, coordonné par la Cardiff Metropolitan University (Royaume-Uni), dont l’UL est partenaire, permet la mobilité d’étudiants, de doctorants, de post-docs et de membres du personnel d’universités de Jordanie, du Liban, de Palestine et de Syrie. Grâce à des bourses, il permet la mobilité de l’Europe vers cette zone géographique et inversement. Celle-ci vise les étudiants (pour une inscription régulière en Master ou un séjour d’échange), les doctorants, les post-doctorants, ainsi que le personnel universitaire. Tout candidat sélectionné bénéficie d’une bourse mensuelle.

Natasha Metni

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