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Nº 2979 du vendredi 12 décembre 2014

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Gaz et pétrole. Le Liban profitera-t-il un jour de ses richesses?

Le Liban serait-il condamné à ne pas profiter de sa manne naturelle que représente l’or noir identifié on et offshore? Cette source de richesse non renouvelable ne semble pas constituer une priorité pour les dirigeants, bien qu’une gestion appropriée puisse apporter des solutions à plus d’un problème d’ordre financier lié au Trésor public.
Rien dans le paysage du secteur du pétrole et du gaz n’a vraiment changé depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel. Sauf que, depuis le 5 décembre, Me Gaby Daaboul est devenu officiellement président de l’Administration libanaise du pétrole (ALP), succédant ainsi à l’ingénieur Nasser Hoteit. Parallèlement, le pétrole et le gaz du Liban ne seraient plus inscrits comme priorité dans les agendas des multinationales. Les Etats voisins du Liban ont entamé l’exploration de leurs ressources pétrolifères, depuis quelques années déjà, et le regard des grandes sociétés se tourne vers eux. L’enquête menée par The Fraser Institute Global Petroleum 2014, couvrant 156 pays, a classé le Liban à la 36e position en termes de pays dont l’investissement dans le secteur pétrolier présente un des niveaux les plus élevés de barrières et à la 7e position parmi les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Dans le cadre de l’étude, l’avis de hauts cadres dirigeants exécutifs dans le secteur a été recueilli. Cette classification est basée sur trois principaux sous-indices, à savoir l’environnement commercial, l’environnement réglementaire et le risque géopolitique. Concernant le premier critère, 69,3% des personnes interrogées ont cité la qualité de l’infrastructure du pays, alors que 57,1% le régime fiscal et 52,7% les exigences du gouvernement en termes de redevances (royality), de partage de la production et de frais d’obtention d’un permis d’exploitation. Sous le chapitre du risque géopolitique, les réponses mettent en relief les risques d’instabilité politique, ainsi que les menaces et dangers qui planent sur les actifs physiques et la sécurité du personnel embauché par les sociétés. Pour ce qui est de l’environnement de régulation du secteur, les exécutifs interrogés ont mis en avant, comme constituant une entrave, la transparence et l’équité du système juridique, la dualité et l’instabilité des législations, ainsi que la loi sur le travail. Parallèlement, un colloque sur le secteur pétrolifère au Liban organisé par le Lebanese Center for Politicy Studies (LCPS) a souligné l’importance d’une concentration des efforts pour prévenir l’exclusivité d’un contrôle du gouvernement sur ces ressources naturelles et, par conséquent, la lutte contre toute possibilité de corruption et de mauvaise gestion. Joseph d’Cruz, représentant du Pnud, met l’accent sur la responsabilité sociale des entreprises, révélant que le Pnud et l’Administration libanaise du pétrole (ALP) travaillent sur la mise au point d’un mémorandum d’entente sur les moyens à adopter pour la publication d’informations sur le secteur qui permettraient à la société civile et aux entreprises d’orienter les initiatives de la responsabilité sociale de celles-ci. Les expériences du Mexique et du Nigeria sont citées en exemples.

Liliane Mokbel

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