Magazine Le Mensuel

Nº 2986 du vendredi 30 janvier 2015

Disparition

Disparition. Goodbye, Demis Roussos, Goodbye

Décédé à l’âge de 
68 ans, le chanteur grec Demis Roussos, à la renommée internationale, était particulièrement apprécié au Liban nostalgique d’une ère révolue. Ses tubes continueront de résonner.
 

Chemise ample, stature imposante, longue chevelure, barbe touffue et une voix au timbre aigu, unique et particulière. C’était Demis Roussos, et c’est l’image qu’il gardera toujours dans nos mémoires, chargées de paroles répétées en boucle. Pour les uns ces obsédantes phrases: «Rain and tears are the same/But in the sun you’ve got to play the game», pour les autres cet entêtant refrain: «Quand je t’aime/tous mes gestes me ramènent/à tes lèvres ou à tes bras/à l’amour avec toi».
De son vrai nom Artémios Ventouris Rousos, le chanteur grec est mort dans la nuit de samedi à dimanche à Athènes. Gravement malade, atteint d’un cancer, il s’est éteint à l’âge de 68 ans. Cette triste nouvelle a été d’abord annoncée sur les réseaux sociaux, notamment à travers le compte Twitter du présentateur télé Nikos Aliagas: «Je viens d’apprendre la mort de mon ami Demis Roussos. Tristesse profonde pour un grand artiste», avait-il écrit. La télévision grecque a rapidement repris la nouvelle confirmée, un peu plus tard dans la matinée du lundi 26 janvier, par la fille du chanteur, Emily, et par un communiqué de la clinique où il était hospitalisé à Athènes. Avec plus de 60 millions de disques écoulés en 45 ans de carrière, Demis Roussos fait partie des chanteurs grecs les plus connus dans le monde.
A l’instar de Claude François ou Dalida, Demis Roussos est né en Egypte, à Alexandrie (le 15 juin 1946), où il est resté jusqu’à ses 15 ans. C’est là qu’il apprend le chant au chœur de l’Eglise orthodoxe grecque, mais aussi la guitare, la basse et la trompette. De retour à Athènes, il se lance dans un parcours musical, au sein de groupes de reprises, dont The Idols. En 1967, sa vie prend un tournant décisif avec la fondation du groupe Aphrodite’s Child, à la suite de sa rencontre avec le claviériste Vangelis Papathanassíou, et aux côtés du batteur Lucas Sideras et le guitariste Silver Koulouris. D’abord des reprises, puis des compositions originales, le groupe décide, en mars 1968, de se rendre à Londres. Mais faute de papiers en règle, la formation est bloquée à Paris qui se prépare à vivre les événements de mai 68. Terreau idéal pour une collaboration avec un label français, Aphrodite’s child sort un premier album, End of the World, avec le titre phare Rain & Tears, puis un second opus, It’s five o’clock, suivi en 1972, après la dissolution du groupe, du célèbre 666, album concept tiré de l’Apocalypse de saint Jean. Ambiance pop psychédélique, musique traditionnelle, effluves de jazz et exploration expérimentale, le succès est planétaire.
Après la dissolution du groupe, Demis Roussos se lance dans une carrière solo qui confortera son succès, même si elle s’inscrit dans un autre registre musical, plus proche de la pop et de la variété. Période prolifique des années 70 à 80, un peu moins durant les années 90, les titres s’enchaînent, en anglais ou en français: Forever And Ever, Goodbye My Love Goodbye, My Only Fascination, Lovely Lady of Arcadia, Quand je t’aime, On écrit sur les murs… Tournant toujours sur les scènes du monde, surtout dans les cercles nostalgiques des années 80, Demis Roussos sort un dernier album en 2009, Demis, chanté en anglais et sur lequel il s’est entouré d’une jeune équipe.

Leila Rihani

Related

Hommage unanime à Omar Karamé. La mort rassemble les adversaires

admin@mews

L’adieu à Nour el-Charif. Visage de l’âge d’or du cinéma égyptien

admin@mews

Grégoire Haddad. L’évêque avant-gardiste s’éteint à 91 ans

admin@mews

Laisser un commentaire