Magazine Le Mensuel

Nº 2992 du vendredi 13 mars 2015

Confidences Liban

Confidences Liban

Vide présidentiel: non à la banalisation
Un politique chrétien proche de Bkerké estime qu’il est «nécessaire que les maronites restent attachés au mécanisme actuel de prise de décision au sein du Conseil des ministres. Il est certain que les maronites ne veulent pas modifier le processus engagé, à savoir l’adoption des décisions à l’unanimité. Tout changement aura pour effet de faciliter le fonctionnement de l’Etat sans tête, ce qui favorise la prolongation du vide et sa banalisation. Il est impossible de recourir au vote conformément à la clause 65 de la Constitution en l’absence d’un chef d’Etat, poursuit la personnalité, le vide à la première magistrature équivaut à une situation exceptionnelle. On ne peut pas agir comme si tout était normal ou s’habituer à l’idée que la présence d’un président est superflue».

Cabinet: tout le monde est content
Le dénouement, auquel les ministres sont parvenus pour réactiver les réunions du Conseil des ministres, est tout à fait satisfaisant, selon le ministre Nouhad Machnouk. «C’est une formule acceptable pour tous. Concrètement, il est impératif que le Conseil se réunisse, que les projets fassent l’objet d’un débat et que les décisions soient adoptées par consensus. Si quelqu’un veut contester, il peut le faire sans paralyser le Conseil et sans que la décision soit mise en suspens». Ce mécanisme peut ne pas plaire à tout le monde, explique une source proche du président Tammam Salam, mais il empêche le blocage politique intentionnel. Cette sortie de crise a été agréée après l’engagement pris par les diverses forces politiques de respecter le consensus.

Le nonce apostolique soutient le dialogue FL-CPL
Le nonce apostolique, Gabriele Caccia, a semblé bien au courant des détails de l’actualité libanaise et chrétienne, lors de sa rencontre avec la délégation du Mouvement de la terre venue lui remettre un mémo sur la confiscation et l’achat méthodique des terrains appartenant aux chrétiens. Mgr Caccia est conscient des problèmes auxquels les chrétiens sont confrontés tant au niveau démographique qu’à celui de l’emploi des jeunes ou de l’exode rural… Par ailleurs, le représentant du Vatican au Liban mise sur le dialogue qui se déroule entre le général Michel Aoun et le Dr Samir Geagea pour activer le dossier présidentiel pétrifié depuis des mois. Il s’est exprimé dans le cadre du dîner donné par Nehmé Frem en son honneur en présence de députés des Forces libanaises et du Bloc du Changement et de la Réforme.

Le Moustaqbal chez l’OPN
C’est la première fois que le Moustaqbal participe à l’événement annuel organisé par l’Organisation populaire nassérienne (OPN) pour commémorer l’assassinat de Maarouf Saad. Une présence qui traduit concrètement le rapprochement entre les deux parties, couronné par la visite effectuée par Oussama Saad à la députée Bahia Hariri. La contestation de la présence à Saïda des Brigades de la Résistance, appuyées par le Hezbollah, constitue le dénominateur commun aux deux formations. D’un côté, le Moustaqbal, qui qualifie ces brigades de milices, réclame leur dissolution. Il en a formulé le souhait autour de la table du dialogue de Aïn el-Tiné. De l’autre, l’organisation nassérienne estime que les Saraya se sont développées à ses détriments et dans son espace territorial.

Sleiman contre Mokbel
Le président Michel Sleiman a contacté l’ex-ministre Salim Jreissati, membre du Bloc du Changement et la Réforme, pour l’informer qu’il n’appuie pas le décret de prorogation du mandat du général Mohammad Kheir signé par le ministre de la Défense, Samir Mokbel. L’ex-chef de l’Etat a aussi fait savoir que la rencontre ministérielle, qui a eu lieu à son domicile, n’était pas dirigée contre le général Michel Aoun, mais avait pour but de rectifier l’action du gouvernement et de régler le mécanisme de prise de décision.

Présidentielle: pas de sitôt
Pour une fois le 14 et le 8 mars sont d’accord. Les deux coalitions estiment que l’élection présidentielle n’aura pas lieu de sitôt. Mais à chacune ses raisons. Le 8 mars pointe du doigt l’Arabie saoudite qui met un veto sur la candidature du général Michel Aoun. Alors que le 14 mars dénonce l’Iran qui oppose son veto à l’élection d’un candidat consensuel tant que les négociations sur le nucléaire avec les Etats-Unis n’ont pas encore abouti à une conclusion.

Le parapluie de Bkerké
L’idée de tenir la prochaine réunion consultative à Bkerké a été proposée par le président Michel Sleiman. Surtout que la rencontre constitue désormais une force politique influente pour Bkerké et fait du patriarche Béchara Raï un acteur politique agissant au sein du gouvernement. Mais ce dernier a réagi avec réserve à cette proposition craignant qu’une telle démarche ne soit interprétée comme un parti pris du siège patriarcal, qui se trouverait impliqué dans les querelles politiques. L’abstention des ministres du Parti socialiste de participer à la rencontre équivaut, selon certains observateurs, à un message adressé par Walid Joumblatt à l’ex-président de la République, comme quoi leur coopération s’est terminée avec la fin du mandat Sleiman.

 

Sleiman-Hariri: rien ne va plus
Entre les présidents Michel Sleiman et Saad Hariri, les relations ne sont plus aussi bonnes, ces derniers temps. Certains observateurs citent plusieurs raisons à cet éloignement. Parce que Hariri n’a même pas souligné la présence de Sleiman à la cérémonie du Biel, celui-ci est sorti mécontent… d’autant plus que l’ex-Premier ministre n’a pas manqué de citer Nabih Berry, Walid Joumblatt et Tammam Salam. Dans son discours, Hariri a également ignoré la déclaration de Baabda que Sleiman considère comme la meilleure réalisation politique de son mandat.
Sur un autre plan, l’ancien chef du Conseil n’a pas apprécié la démarche initiée par le président Sleiman, en coordination avec le président Amine Gemayel, sous le titre de la Rencontre consultative concernant le mécanisme de prise de décision au sein du cabinet, alors que lui-même était sur la voie du règlement de cette affaire avec Berry et sans veto de la part de Michel Aoun.

 

Politique équilibrée de l’Egypte au Liban
Deux jours avant la visite de l’ex-Premier ministre Saad Hariri au Caire, on annonçait à Saïda que l’ex-député Oussama Saad, le secrétaire général de l’Organisation populaire nassérienne, avait reçu une lettre du président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi, dans laquelle il remerciait le leader de Saïda pour «son soutien à l’Egypte dans la bataille qu’elle mène contre les groupes terroristes, et pour son message de condoléances pour les victimes égyptiennes assassinées en Libye par Daech». Dans la lettre transmise à Saad par l’ambassadeur d’Egypte à Beyrouth, Mohammad Badreddine Zayed, Sissi formulait également «ses meilleurs vœux et sa solidarité avec le peuple libanais face aux dangers qui le menacent». Cette annonce est à inscrire dans le cadre de la politique équilibrée que le régime égyptien veut adopter au Liban, expliquent les observateurs. D’ailleurs, les déclarations faites par le président Hariri après sa rencontre avec le président Sissi reflétaient bien cette tendance, ce qui est «de bon augure» pour le Liban. Hariri s’était également rendu au siège d’al-Azhar où il s’était réuni avec son cheikh, le Dr Mohammad Ahmad Tayyeb.

Jurd de Ersal: les terroristes se préparent
Les combattants terroristes dans le jurd de Ersal et ses environs détiennent de nouveaux équipements, comme l’avance un expert militaire qui suit de près ce dossier. Les éléments armés auraient récemment reçu des caméras infrarouges qui leur confèrent une supériorité tactique face à leurs ennemis, en améliorant leurs capacités à diriger la bataille sur écrans d’ordinateurs en se terrant dans les cavernes. Le spécialiste parle d’un réseau de tunnels creusés sous terre sous la supervision d’experts turcs en la matière, ce qui élargit la marge de manœuvre tactique de ces takfiristes. Si les Français continuent à reporter les dates de livraison d’armes à l’Armée libanaise, cela donnera encore plus de temps aux terroristes pour se préparer et se renforcer. Il existe, ajoute cet expert, des offres pour l’armement de la troupe, provenant de Russie, d’Iran ainsi que d’autres pays, qui n’ont pas été examinées par le gouvernement. Or, ces offres incluent des armes sophistiquées qui peuvent conférer à l’arsenal de l’armée une supériorité qualitative face aux terroristes postés sur une superficie évaluée à 4% du territoire libanais.

Pauvreté et terrorisme
Le Liban risque de connaître une période sombre, selon un sociologue averti, qui estime que les politiques de discrimination sociale entraîneront pauvreté et terrorisme dans un avenir proche. Le spécialiste dénonce, par ailleurs, les procédures conservatrices et contraignantes appliquées par le secteur bancaire, procédures susceptibles d’engendrer de graves conséquences sur la stabilité sécuritaire et sociale. Les rapports publiés en 2014 montrent que les capitaux sont entre les mains d’une minorité. La valeur totale des crédits bancaires octroyés aux individus et au secteur privé a atteint quelque 56,5 milliards de dollars. Or, ce sont les grands emprunteurs qui bénéficient d’environ 46% de l’enveloppe totale de crédits alloués, soit environ 23 milliards de dollars. Ces happy few ne représentent en fait que 0,21% (1070 emprunteurs) du nombre de débiteurs et ont bénéficié de crédits importants dont la valeur dépasse 6,5 millions de dollars. Quant aux emprunteurs à revenu limité, évalués à 287000 individus, ils n’obtiennent que des miettes, à savoir des prêts dont la valeur varie entre 16000 et 66000 dollars.

Campagne anti-chiite au Maroc
Des instances libanaises suivent de près la campagne d’incitation contre les chiites et le Hezbollah au Maroc. Le matériel médiatique, distribué contre cette communauté, comprend une bonne dose d’intoxication idéologique et politique, comme le rapportent ces observateurs. A l’origine du financement de cette campagne par un pays arabe islamique, on compte de multiples motifs stratégiques dont l’approfondissement du fossé communautaire au sein de la société arabe. Le gouvernement de Rabat, géré par des Ikhwan, cherche à dynamiser cette campagne pour des raisons d’ordre politique interne, après l’échec de l’accession au pouvoir des Ikhwan, sous la présidence de Abdel-Ilah Benkirane qui a besoin des voix wahhabites lors des prochaines élections. Les vexations, dont les chiites marocains font l’objet, facilitent la mobilisation des jeunes recrues qui s’engagent dans la guerre en Syrie, en Irak et dans le jurd du Liban. Un communiqué intitulé Le parti de Dieu ou du Démon a été distribué dans la ville séculaire de Fès, fin février. Le communiqué, sur lequel figure une carte du Liban, attaque l’idéologie du Hezbollah et invite les Marocains à boycotter ses chaînes satellites.

 

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