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Nº 3013 du vendredi 7 août 2015

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Les 70 ans de l’Armée libanaise. Encore un anniversaire tronqué

Chaque année, la date du 1er août est inscrite dans le calendrier libanais. C’est la fête de l’armée qui tient une grande place depuis toujours dans la vie des citoyens.

Cette année aussi, et pour la deuxième année consécutive, en raison de la vacance présidentielle, la cérémonie traditionnelle du premier août, au cours de laquelle le chef de l’Etat remet épées et diplômes aux officiers ayant achevé leur formation militaire, a été remplacée par une cérémonie symbolique à l’Ecole militaire à Fayyadiyé. Le décret, permettant à ces officiers de commencer leur vie dans l’institution militaire, a été signé à la dernière minute par un Conseil de ministres qui n’arrive plus à s’entendre sur les questions essentielles.
A l’occasion, un hommage est rendu au fondateur de l’armée et ancien chef de l’Etat, Fouad Chéhab, au cours d’une cérémonie à la faculté d’état-major Fouad Chéhab à Rihaniyé, sous l’égide et en présence du commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi. Le rideau a été levé sur un buste représentant l’ancien président. Le général Kahwagi a voulu mettre l’accent sur le rôle historique de Fouad Chéhab dans «l’édification de l’armée sur des bases constantes et des principes nationaux rassembleurs», affirmant que «l’armée reste le dénominateur commun entre les Libanais, voire la pierre angulaire de la reconstruction d’un Liban fort, le Liban des valeurs, de la pérennité et de la prospérité».
 

Confiance renforcée
La confiance des Libanais dans leur armée s’est renforcée au fil des ans, celle-ci ayant fait la preuve de sa capacité exceptionnelle à surmonter les difficultés et à aplanir les obstacles, tout en tirant sa légalité de son allégeance à l’Etat.
Les défis auxquels elle a été appelée à faire face se sont accrus, si bien qu’elle est devenue le symbole de la force et de la capacité à étendre la sécurité sur tout le territoire libanais face aux menaces terroristes qui ne cessent d’augmenter. Elle a payé le prix fort. Ses martyrs ont donné leur vie pour assurer la paix et la sécurité dans le pays.
Au cours de la cérémonie du 1er août, il y a un an, l’armée avait dû faire face à une attaque, par la porte de Ersal, des groupes terroristes qui avaient pour objectif de déstabiliser le Liban et d’aller même au-delà, en imposant leur mainmise sur une partie du pays. Des dizaines de soldats sont encore aujourd’hui entre les mains de ces groupes qui les avaient pris en otages en vue de négociations.
Le succès de l’armée dans toutes les missions dont elle a été chargée a eu pour conséquence d’accroître la confiance nationale et internationale dans son rôle, et les dons se sont multipliés pour lui permettre de se doter des armes et équipements qui lui permettent de tenir son rôle.  

 

L’unité d’Orient
La première pierre dans l’édifice de l’Armée libanaise est datée du 15 novembre 1916, avec la formation de «l’unité d’Orient» par le gouvernement français. Des centaines de Libanais s’y étaient enrôlés, formant un groupe distinct. De cette unité a émané la première unité militaire libanaise le 26 janvier 1926: le premier «bataillon libanais», qui fut le noyau de l’Armée libanaise.
Le 26 juillet 1941, les officiers libanais se sont rassemblés à Zouk Mikaël et ont proclamé leur allégeance à la patrie, refusant de prendre part à la guerre ayant opposé les partisans du gouvernement de Vichy aux Gaullistes. Un document historique est signé par quarante officiers libanais, en tête desquels le commandant Fouad Chéhab, le capitaine Jamil Lahoud, les lieutenants Iskandar Ghanem et Jamil Houssami.
Avant la proclamation de l’Indépendance, les différentes unités militaires libanaises ont formé la cinquième brigade, sous le commandement du colonel Fouad Chéhab. Plus d’une année après, le gouvernement libanais a formé une délégation officielle pour négocier avec les Français la passation de l’Armée libanaise à l’autorité nationale. Ces négociations ont pris fin le 31 juillet 1945 par une décision de «l’Organisme d’état-major du commandement combiné anglo-français», en vertu de laquelle l’Armée libanaise nationale était placée sous l’autorité de l’Etat libanais indépendant, à partir du 1er août 1945. Le général Fouad Chéhab est alors nommé commandant en chef de cette armée. Le 1er août 1945, le président de la République, cheikh Béchara el-Khoury, passait en revue l’Armée libanaise dans un premier défilé militaire sur l’esplanade du ministère de la Défense nationale.
Malheureusement, l’armée fut le premier bouc émissaire de la guerre, mais surtout le premier élément unificateur des Libanais. Depuis le 13 octobre 1990, elle poursuit le processus de sa restructuration et appuie les différentes institutions du pays. Elle continue à exécuter les missions qui lui sont confiées par les autorités libanaises responsables, pour défendre la patrie, assurer sa sécurité intérieure et développer ses ressources, en plus de l’acquittement de son devoir face à l’ennemi israélien au Sud et dans la Békaa-Ouest. Son rôle a été primordial à tous les niveaux: celui du développement, comme des services sociaux et de la reconstruction. L’armée était présente partout où sa présence s’avérait nécessaire. Elle a assuré et protégé le retour des déplacés en fournissant toute assistance possible.
Aujourd’hui, les Libanais rendent hommage à leur armée, sachant qu’elle constitue la colonne vertébrale de tout l’Etat. Ils croient ferme qu’elle est là pour eux tous, pour construire et sauvegarder un Liban fort et uni.

Arlette Kassas

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