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Nº 3083 du vendredi 3 novembre 2017

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Rindala Jabbour. Journalisme et politique deux faces d’une même médaille

Journaliste, membre du bureau politique du Courant patriotique libre, présidente du Syndicat des employés de l’audiovisuel, candidate du CPL pour la circonscription de Rachaya-Békaa-ouest aux prochaines élections législatives, Rindala Jabbour a plus d’une corde à son arc.

Depuis sa plus tendre enfance dans son village natal de Ammiq, dans la Békaa-ouest, Rindala Jabbour est attirée par la chose publique. A 12 ans, elle allait déjà présenter des condoléances. A 14 ans, elle organisait des activités pour les jeunes de la localité, notamment des visites auprès des personnes âgées. Contre l’avis de ses parents, elle entreprend des études en sciences de l’information et se spécialise dans la presse écrite. Après avoir obtenu son master, en 2006, elle fait ses débuts à la radio Sawt el-Ghad – qui accordait quelques heures d’antennes par jour au Courant patriotique libre (CPL) – et appartient au comité d’information du parti. Avec l’ouverture de Sawt el-Mada, en 2009, par l’ancien ministre Elias Bou Saab, elle rejoint la station, où elle est senior reporter, speakerine et présente l’émission Manchette.
Très attachée à la région de la Békaa-ouest, Rindala Jabbour donne des cours de journalisme et de communication une fois par semaine à la LIU (Lebanese International University) et enseigne également à l’USAL. Elle publie en 2015 un premier livre intitulé Ayla.
2016 est ponctuée d’événements pour la journaliste. Elue au bureau politique du CPL, elle devient ainsi le plus jeune membre de cette instance dirigeante. Elle est par ailleurs  élue présidente du Syndicat des employés de l’audiovisuel et, en juillet 2016, remporte les primaires du parti, organisées pour choisir les candidats aux législatives dans la circonscription de Rachaya-Békaa ouest.

Militante dès 17 ans
Son parcours au CPL débute alors que Rindala Jabbour a 17 ans. «Mon frère était un fervent militant qui m’a beaucoup influencée. Je me souviens qu’il ramenait à la maison des tracts et des photos qu’il cachait sous son matelas. C’est grâce à lui que j’ai connu le président Michel Aoun. Je voyais en lui un grand leader et je pensais qu’il était le seul à pouvoir sauver le Liban».
Rindala Jabbour ne se contente pas d’assister aux événements en simple spectatrice mais aime être au cœur de l’action. «Il y a une révolte en moi. Je suis convaincue que le Liban peut et mérite d’être mieux que cela. Je veux contribuer à son essor. Pour moi, le président Michel Aoun incarne cette idée». En 2008, lorsqu’elle accompagne le général en Iran, elle lui confie qu’elle veut être sa voix et transmettre ses idées. Elle refuse plusieurs offres pour la simple raison qu’elle a peur de ne pas pouvoir défendre ses idées comme elle l’entend.
Fermement engagée, Rindala Jabbour ne croit pas à l’objectivité du journaliste lorsque celle-ci consiste à rester neutre. «Etre objectif, c’est transmettre la réalité telle quelle, sans être à la solde de qui que ce soit. Je pense qu'il contribue à créer l’opinion publique et il ne peut le faire sans être porteur d’une cause. Quelle est sa valeur s’il ne peut pas convaincre autrui de son opinion?».
Pour elle, le reporter n’est pas celui qui rapporte une information mais celui qui défend une cause. «C’est pour cela que j’estime que le journalisme n’est pas un métier mais une vocation. Les seuls journalistes qui sont devenus célèbres sont ceux qui ont défendu des causes. J’ai fait le vœu d’être une de celles qui en porte une. Je me suis consacrée à transmettre la pensée du général Aoun, son combat, sa cause ainsi que les valeurs auxquelles il croit».

Un projet pour sa région
Si elle est élue, Rindala Jabbour promet de ne pas être une députée comme les autres. «Je veux donner une image différente de celle du député traditionnel». Elle estime que sa candidature est un message adressé aux gens. «Je voudrais montrer que quelqu’un comme moi, non issu d’une famille politique, honnête, travailleur, instruit, sans fortune, peut accéder à un poste de responsabilités. Je veux faire sortir les gens du concept du député de services à celui qui crée des projets». Pour sa circonscription, Rindala Jabbour veut donner la priorité aux projets concernant l’agriculture et développer les industries agroalimentaires en vue de créer des opportunités de travail dans la région. «Je souhaite créer des hôpitaux et m’occuper du secteur de la santé. Et redynamiser le tourisme dans une région naturellement touristique de par ses paysages et sa géographie». En définitive, pour Rindala Jabbour, le journalisme et la politique sont les deux faces d’une même médaille puisque tous les deux représentent un combat pour une cause. 

En chiffres
33
A 33 ans Rindala Jabbour est le plus jeune membre du bureau politique du CPL.

11
Onze ans d’antenne pour Rindala Jabbour et 4 programmes à la radio.

17
Elle a 17 ans lorsqu’elle rejoint les rangs du CPL.

Joëlle Seif

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