Magazine Le Mensuel

Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

Start up

Green Start up Benergy. Du marc de café transformé en Biodiesel et charbon

Le Liban est un pays grand consommateur de café, et le marc de café, déchet organique est jeté sans recyclage. La start-up Benergy s’est donné pour défi de transformer ce déchet organique en énergie utilisable.


«Il y a moins de 2% d’énergie renouvelable utilisée au Liban», commence Béchara Samneh, étudiant à University College London et l’un des trois fondateurs de la start-up. Benergy pense avoir trouvé une nouvelle façon d’en fabriquer. «Nous sommes en train de récupérer le marc de café des restaurants. Notre idée est de le transformer en biodiesel et en blocs solides qui se consument comme du bois de cheminée. Le biodiesel émet moins de 70% de CO2 que le mazout ordinaire alors que le marc de café jeté en pleine nature, dans son processus de décomposition, émet du méthane qui contribue à augmenter les gaz à effet de serre. Quant aux blocs de marc de café, ils ont une empreinte carbonique zéro, et n’émettent pas de fumée noire» explique –t-il.

Convaincre les investisseurs
«Alors qu’elle était à l’université, Ingrid el-Hélou, cofondatrice et doctorante à Cambridge, a été obligée de faire un projet de développement durable. Comme elle était une grande fan de café, elle a pensé à ce produit», poursuit le jeune homme. «Nous modifions la teneur des matières qui composent le café chimiquement pour en faire un meilleur combustible. Souk el Ban et Haven for artists sont nos fournisseurs actuels. Les menuisiers nous fournissent la sciure de bois une autre composante nécessaire à notre combustible. Pour le moment, nous transportons les déchets ramassés dans nos voitures, vous n’imaginez pas dans quel état elles sont», poursuit Béchara avec humour.

Etape par étape
Rentré au bercail depuis septembre, il a contacté certains programmes de l’ONU, YPL et CEDRO ainsi que Souk.lb, et grâce à leurs précieux conseils, il a développé le côté commercial de leur concept, leur logo, leur future marque… «Aujourd’hui nous sommes à l’étape du prototype.  Au Maroc, il y a une autre start-up qui s’intéresse également aux déchets du café. Nous travaillons en consortium avec eux», précise Béchara Samneh qui, pour subvenir aux dépenses de leur expérimentation première, a trouvé un emploi d’inspecteur d’état tous les jours de la semaine jusqu’à 14h. Il peut ainsi consacrer les après-midis à sa start-up.
Lancer une start-up au Liban relève du parcours du combattant. Fatima Mansour, la 3ème cofondatrice et étudiante en Masters à Berkeley, l’a aussi bien compris. Au début, il faut convaincre les éventuels investisseurs. Cela passe par la production d’un prototype visible. Benergy en est là.
La deuxième étape va démontrer que ce prototype est commerçable à une petite échelle. La troisième étape sera de trouver un investisseur pour renflouer la start-up en capitaux afin d’avoir une plus grande production et un packaging présentable. Benergy n’est pas un produit cher, loin de là. L’équipe, très soutenue par son entourage, espère pouvoir le commercialiser avant Noël.

Micheline Abukhater

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