Formation. Un réseau de Business Angels au Liban?
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Nº 3064 du vendredi 29 juillet 2016

Formation. Un réseau de Business Angels au Liban?

 
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Un programme de formation et d’accompagnement des Business Angels vient d’être lancé. Son but: développer un nouvel outil de financement pour les start-up au stade précoce et créer, à terme, un vrai réseau de Business Angels pour participer à la croissance de la scène entrepreneuriale libanaise.

Vous avez 15 000 dollars et rêvez de participer à la croissance de l’économie du savoir au Liban? Vous pouvez désormais devenir Business Angel et investir dans une des nombreuses start-up prometteuses que compte la scène entrepreneuriale libanaise.
C’est ce que propose le programme Seeders Masterclass pour Business Angels lancé par Insure & Match Capital (IM Capital). Nicolas Rouhana, directeur général d’IM Capital, a voulu démocratiser le statut de Business Angels afin de le rendre accessible à tous.
Un Business Angel est un investisseur privé qui apporte du capital à une start-up durant la phase la plus avancée de son développement, c’est-à-dire au tout début, le stade le plus difficile pour l’entreprise.
«Nous avons remarqué qu’il existe au Liban un réel manque d’investisseurs à ce niveau, explique Rouhana. Nous essayons alors de combler ce maillon de la chaîne entrepreneuriale en rendant ce statut accessible au plus grand nombre. Nous voulons montrer que contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’être riche ou spécialiste en finance pour être investisseur. «Monsieur et Madame Tout-le-Monde», qui croient en une ou plusieurs entreprises et ont envie de participer à l’économie, peuvent devenir Business Angels avec une participation de 15 000 dollars».
Seeders MBA est un programme de neuf mois qui recrute entre 20 et 30 investisseurs par cycle. Chaque investisseur cotise 15 000 dollars qui seront investis durant le cycle dans une ou plusieurs entreprises. «Seuls 15 000 dollars ne sont pas grand-chose, précise Nicolas Rouhana, mais l’idée de ce programme est qu’à plusieurs, cela fait une grande différence. Imaginez que nous comptons 25 investisseurs pour le premier cycle, cela fera un capital de 350 000 dollars à investir dans plusieurs start-up libanaises».

 

Structurer l’initiative
Maroun Chammas, président de Berytech, explique: «Cela fait quelques années déjà qu’on essaie de développer les Business Angels au Liban, mais les anciennes initiatives n’ont pas vraiment fonctionné, je pense car l’écosystème n’était pas prêt. On a dû avoir une dizaine de Business Angels dans le secteur digital, alors qu’on aurait besoin d’une centaine. Nous avons ainsi voulu structurer cette initiative.
C’est ce que propose IM Capital: un programme institutionnalisé qui accompagne les futurs investisseurs. D’abord à travers un programme de mentorat et, ensuite, en sécurisant 50% des investissements des Business Angels. Ils subventionnent également 50% des frais du programme».
Toutes les six à huit semaines, le groupe d’investisseurs sélectionnés assistera à des séances de pitch durant lesquelles deux ou trois petites et moyennes entreprises (PME) présenteront leurs idées d’entreprise.
A la fin du programme, les investisseurs en herbe auront ainsi un portfolio de trois ou quatre entreprises qu’ils auront appris à gérer pendant ces neuf mois de mentorat et d’accompagnement.
A terme, l’objectif est de créer un vrai réseau durable de Business Angels au Liban. «Après trois ou quatre MBA, nous visons la formation d’une centaine d’investisseurs pour soutenir l’écosystème libanais. Nous espérons de belles success-stories comme il en existe déjà plusieurs au Liban», ajoute le directeur général.
Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative d’investissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Mena-II), financée par Usaid. Seeders MBA est cofinancée par la Banque mondiale à travers son initiative Early Stage Innovation Financing Initiative in Lebanon.
IM Capital est actuellement en train de recruter des investisseurs pour Seeders MBA, ainsi que des entrepreneurs pour les pitchs. Le MBA débutera la première semaine de septembre 2016.

Soraya Hamdan

IM Capital, c’est quoi?
Insure and Match Capital fournit du cofinancement et de la garantie de fonds, ainsi que des programmes de soutien à un large éventail d’entreprises et d’investisseurs qualifiés au Liban, ce qui réduit les risques associés à l’investissement dans les entreprises à un stade précoce et encourage une capitalisation accrue. IM Capital est une filiale à la fondation Berytech, qui a obtenu la gestion de l’initiative Usaid Mena II d’investissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au Liban.

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Éditorial
La terreur dans tous ses états

L’horreur n’a peut-être pas encore atteint son paroxysme. La France, apparemment cible privilégiée du terrorisme, n’a pas fini de payer un tribut que lui impose Daech. Un prêtre de 84 ans est égorgé alors qu’il célébrait la messe dans l’église d’une petite ville près de Rouen. L’un des assassins n’était pas inconnu des services antiterroristes français. Ce drame, s’il en fallait encore un, renforce la fragilité de la planète menacée par les attentats terroristes qui pèsent sur toutes les régions.Les dirigeants libanais, toutes fonctions et toutes communautés confondues, continuent à fermer volontairement les yeux et les oreilles et à refuser, sinon par quelques déclarations carrément anodines, de se sentir pris dans la tourmente planétaire. Dans leur vie quotidienne, les citoyens sont quasiment oubliés. Ils ressentent les dangers qui les guettent et leur impuissance à y faire face, alors que dans les hautes sphères d’une République privée de tête, ce ne sont que les Affaires avec un A majuscule qui prennent le dessus. Certains parmi ceux qui ont la charge de notre bien-être continuent à vivre dans le déni de leurs responsabilités et notamment dans celui des dangers que font courir au pays l’Etat islamique, Daech et consorts. Ces convertis à un radicalisme qui prétend sauver le monde en éliminant les «mauvaises graines» font un nombre incalculable de victimes, chez les enfants, les femmes, les hommes et s’en prennent maintenant aux religieux. Ils n’ont rien de véritables guerriers, mais sévissent dans des pays bien mieux structurés que le Liban d’aujourd’hui.Le Premier ministre, représentant le chef d’un Etat «fantôme» qui, de mois en mois, se fait oublier, participe à tous les sommets arabes ou internationaux. Il n’en recueille certes pas grand-chose mais rappelle au moins, l’espace de quelques jours, l’existence du Liban. Un pays qui semble avoir été rayé des agendas internationaux. Il peine toutefois à se faire accompagner par des membres de son gouvernement qui, sans être tenus d’intervenir directement dans les débats, craignent que leur seule présence soit une approbation des conclusions qui ne plaisent pas à leurs alliés et à leurs visions présentes et futures.Pour sa 27e session, qui s’est ouverte en tout début de semaine en Mauritanie, la Ligue arabe ne manque pas de sujets dont l’importance n’échappe à aucun pays arabe: la lutte contre le terrorisme, les crises politiques qui secouent le monde, et le Moyen-Orient en particulier, requièrent une coordination pour la sécurité et la stabilité des pays de la région. Des sujets sur lesquels, de toute évidence, les décisions sont critiques. Les raisons de l’absence de ministres aux côtés du chef du gouvernement au sommet sont claires. Mais quelle place aura le Liban dans tous ces débats et quels bénéfices en récoltera-t-il? Les expériences passées et actuelles prouvent que le Liban n’est plus inscrit sur les calendriers des grandes nations.Le président Tammam Salam a hérité d’un Etat en décrépitude. Le courant électrique sur l’ensemble du Liban, déjà rationné mais au moins programmé, réserve sans cesse des coupures-surprises. L’eau est polluée et le ministre de la Santé publique s’emploie à faire des annonces quasi quotidiennes mettant en garde contre de nombreux produits alimentaires jusqu’au blé, nourriture quotidienne de tous et parfois exclusive pour une classe sociale très peu, sinon jamais, prise en considération et dont le pain est l’aliment essentiel, pour ne pas dire parfois unique.Si les ministres lancent des promesses qu’ils savent ne pas pouvoir tenir, les citoyens n’y croient plus. L’augmentation des salaires des fonctionnaires, annoncée pour le mois prochain, les soins de santé gratuits pour les personnes de plus de 64 ans… et peut-être d’autres gracieusetés de ce genre qui auraient pu réjouir les bénéficiaires, si tant est que les caisses de l’Etat, vidées depuis belle lurette, le permettaient encore.On entend rarement parler encore d’une inspection centrale, pourtant jadis très active, ni de fonctionnaires déférés devant la Cour des comptes ou devant les juges spécialisés, et encore moins devant le Conseil de discipline. Tout cela appartient au passé. Et où sont les Libanais, de différentes générations, qui ont réussi à libérer le pays de tous les mandats étrangers pour, hélas, retomber chaque fois sous la houlette d’un autre occupant tout aussi étranger? L’avenir le dira. 



 Mouna Béchara
   
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