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Nº 2857 du vendredi 10 août 2012

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Diaspora

Carole Choucair Oueijan. «Les Américains m’encouragent à partager ma culture»

En Californie, le nom de cette artiste est bien connu. Carole Choucair Oueijan vient de recevoir un prix spécial de la part de la Maison du Liban pour son travail remarquable. Ses peintures à l’huile, ses œuvres d’art à la mosaïque avec l’effet 3D lui ont valu déjà plusieurs consécrations. Entretien avec une femme qui demeure, avant tout, très influencée par son patrimoine libanais et grec.

Le Liban est omniprésent dans vos mosaïques et vos peintures à l’huile. Qu’est-ce qui vous pousse à l’imaginer autant?
Probablement, la vie en Californie et la manière dont les Américains m’encouragent à partager ma culture et me poussent à explorer d’autres facettes de mon patrimoine. Comme si tout m’incite ici à me dévoiler et à renvoyer l’image que je veux de mon pays d’origine. Grâce à mon travail, j’essaie de transmettre le meilleur du Liban. Je peins avec une passion marquée par des images précises et par des symboliques où défilent constamment des danseurs et des princesses. Il m’est impossible de renier les croyances et les valeurs qui m’ont été transmises. Même si j’ai vécu la guerre, «Libnan el-hélou» sera toujours dans mon esprit.

Malgré l’impact positif qu’a eu sur votre art la vie en Californie, l’adaptation n’a-t-elle pas été difficile au début?
Ce qui a surtout été difficile pour moi, c’était de travailler seule. Au Liban, j’étais habituée à peindre dans un atelier hors de chez moi, entourée par d’autres artistes et collègues. Pour me réadapter, j’ai décidé de prendre des cours le soir. Mais j’ai dû les arrêter lorsque j’ai eu mon second enfant. La seule solution était alors de travailler dans mon propre studio. J’avais alors l’habitude de peindre la nuit, de minuit à 4h du matin. Aujourd’hui, je me suis tellement habituée à cette routine qu’elle me rend plus paisible.

Vous avez obtenu plusieurs prix pour votre travail. Lequel vous semble-t-il le plus important?
Chaque compliment que je reçois lorsque je finalise une œuvre me comble de joie. Mais si je devais comparer, je dirais qu’il s’agit des prix obtenus pour des projets d’art public. Etre choisie pour créer un art public est déjà une récompense en soi. Il y a évidemment beaucoup de concurrence, et de tels projets nécessitent beaucoup de présentations et de recherches pour arriver, enfin, à la finale. Mon dernier projet d’art public a été commandé par la ville de Temecula (située à l’extrême sud-est de Los Angelos, ndlr). Il s’agit, en fait, d’une peinture murale qui aborde une période spéciale de l’histoire de la ville, intitulée Le sentier émigrant. Ce projet a pris une année entière de travail. C’est la plus grande mosaïque que j’ai déjà travaillée. Elle se trouve actuellement à l’Hôtel de Ville de Temecula.

Qu’avez-vous ressenti en recevant, depuis peu, un prix de reconnaissance spéciale de la part de la Maison du Liban?
J’ai été très touchée. C’est un prix très spécial, parce qu’il provient d’une organisation, la Maison du Liban, dont je suis membre depuis 2005. Lorsque vous quittez votre pays d’origine, vous avez besoin de repères, de personnes qui partagent vos cultures, vos valeurs. Grâce à la Maison du Liban, je sentais que je faisais partie d’une famille. C’est ce qui m’a d’ailleurs poussée à créer, en 2006, un groupe au sein de cette organisation composée d’artistes libanais et méditerranéens. Nous avons organisé des expositions et des ateliers et accueilli de nombreux artistes et amateurs d’art, devenus ensuite des amis de l’organisation. Pour revenir à ce prix, j’étais particulièrement émue par la réaction du public ce soir-là et de voir ma famille si fière de moi.

Propos recueillis par Pauline Mouhanna (Etats-Unis).
 

Pour découvrir le travail de Carole Choucair Oueijan, se rendre sur ce site: http://www.fineartbycarole.com/

Son parcours
Née, en 1966, à Beyrouth, Carole Choucair Oueijan poursuit des études à l’Institut des Beaux-arts à l’Université libanaise. En 1989, elle se rend en Grèce et apprend, grâce aux ecclésiastiques spécialisés, l’art de la mosaïque. En 1990, elle émigre en Californie et obtient plusieurs prix. Parmi ces derniers, le Best of Show Award en 2004 pour la mosaïque Joy. Un prix en 2008 pour la mosaïque Orchis Morio Libani de la part de Société américaine regroupant les artistes spécialisés en mosaïque.

 


 

Access
Plus de 499500 bénéficiaires

 

Depuis plus de 40 ans, Access, organisation à but non lucratif, œuvre pour la communauté arabe aux Etats-Unis. Avec ses divers programmes servant la région de Detroit à Michigan, elle constitue la plus grande ONG dédiée aux Arabes outre-Atlantique. Entretien avec sa directrice de communication, Kathryn Casa.   

 

Au fil des années, Access n’a cessé d’évoluer. Comment l’organisation s’est-elle développée?                                                                                                                             
Access a commencé il y a 41 ans, lorsqu’un petit groupe de bénévoles s’est réuni pour aider les nouveaux immigrés arabes à s'adapter à leur nouvelle vie à Dearborn. Ils ont ouvert leur premier bureau modeste et ont nommé leur projet Le centre arabe pour les services économiques et sociaux. Ils proposaient alors des cours d’anglais, une assistance dans les dossiers fiscaux et diverses autres formes d’aides permettant aux migrants de mieux s’accommoder au système américain. Si l’organisation s’est développée, c’est pour répondre aux demandes qui devenaient de plus en plus nombreuses. Il y a eu en effet diverses vagues d’immigration arabe aux Etats-Unis: celles des Palestiniens, des Irakiens, des Yéménites, des Chaldéens, des Libanais. Toutes ces populations avaient besoin de nos services de base. 

Quelles sont les activités les plus importantes que vous proposez aux immigrés?
Nous fournissons nos services de base et nous tentons également d’identifier les nouveaux besoins auxquels nous devons répondre. Par exemple, de nombreux immigrés sont originaires de pays où les notions de prévention sanitaire et les campagnes de santé publique n’existent même pas. Ces migrants sont habitués à se rendre chez le médecin seulement lorsqu’ils tombent malades. Nous avons constaté qu’ils font face à diverses maladies telles que le cancer, le diabète et d’autres genres de maladies. Or, lorsque ces dernières sont détectées assez tôt, elles peuvent être traitées plus efficacement. Ainsi, en 1989, nous avons lancé notre programme de santé communautaire devenu le plus grand centre de santé physique et mentale, dédié aux Arabes aux Etats-Unis. Et en 2003, nous avons ouvert les portes d'un centre de santé communautaire et de nouvelles recherches, le premier de ce genre en Amérique du Nord. Il comprend plusieurs programmes médicaux, environnementaux et de santé physique et mentale. Access est situé au Michigan, un Etat qui se caractérise par l’un des taux de chômage les plus élevés aux Etats-Unis. Pour cela, nous offrons également de nombreux emplois et des programmes de formation qui servent à la fois les employeurs et les chômeurs. En outre, nous coordonnons des groupes de dialogue entre des jeunes provenant de diverses cultures et nous proposons plusieurs programmes de loisirs tout au long de l'année scolaire et pendant les mois d'été.

Combien d'immigrés ont déjà bénéficié de vos services et quelle est leur origine?             
Au cours de l'année 2010-2011, nous avons aidé plus de 44000 personnes grâce à nos services sociaux, de santé et d’emploi. Plus précisément, nous avons assisté plus de 12000 chômeurs. Aussi, plus de 499500 personnes ont bénéficié de nos programmes de jeunesse et d'éducation. 66% de toutes ces personnes que nous avions aidées l'année dernière sont des Arabo-Américains. Les autres provenaient de diverses autres origines.

Propos recueillis par P.M. (Etats-Unis)

 

 

«Américain de l’année»
Access honore chaque année des personnalités arabo-américaines. En 2012, deux américains d’origine libanaise, Selwa Roosevelt et Edward Gabriel, ont reçu le prix d’Access intitulé «Américain de l’année». Selwa, journaliste est l’épouse du petit-fils du président Theodore Roosevelt. En février dernier, le président Obama a reconnu ses contributions uniques comme chef de protocole à la Maison-Blanche. Gabriel a été ambassadeur au Maroc en 1997. Durant plus de trois ans, il a œuvré pour établir une relation de confiance avec le Roi Hassan II et triplé le commerce du Maroc avec les Etats-Unis.

 

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