Magazine Le Mensuel

Nº 2865 du vendredi 5 octobre 2012

Brèves internationales

BRÈVES INTERNATIONALES

Syrie
Le patrimoine alépin part en fumée

Dans une situation extrêmement confuse où les démentis succèdent aux communiqués, il est difficile de faire le tri entre information et propagande, qu’elle émane du régime ou des oppositions. La seule chose qui paraît certaine est le dramatique incendie qui a ravagé une partie du souk au cœur de la vieille ville d’Alep, classé patrimoine mondial de l’Unesco.  Dès samedi, après les premiers combats, l’AFP rapportait que les portes de bois des échoppes, remplies d’étoffes et de broderies, s’étaient rapidement consumées. Lundi soir, les combats continuaient au sein même du site historique. D’autres étaient  également signalés à Bab Antakya, l’une des portes de la vieille ville construite entre les XIIe et XVIIe siècles. Scénario désormais classique, forces loyalistes et rebelles s’accusaient mutuellement. «Vous haïssez  l’Histoire», a lancé le régime. Alep constituait depuis des siècles, un lieu phare du commerce au Moyen-Orient.
Dans le nord du pays, alors que la communauté kurde était restée jusqu’à présent légèrement en retrait des conflits, un attentat suicide à la voiture piégée a fait quatre morts dans la ville de Qamichli. Ailleurs, les violences ne connaissent pas de trêves, les provinces de Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama (centre) et Deir Ezzor (est) ont été particulièrement touchées. Du côté des victimes, le bilan s’alourdit. Selon les Comités de Coordination, près d’une centaine de victimes sont chaque jour à déplorer.
Parallèlement, les petites phrases de la communauté internationale abondent. Le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, a estimé que le régime de Bachar el-Assad avait «la capacité de se maintenir encore» mais qu’il était «confronté à de véritables difficultés, en particulier économiques». Damas accuse Washington de vouloir réitérer un scénario à l’irakienne. Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, affirme pour sa part vouloir coopérer pleinement avec l’émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi. Il souligne cependant que les dialogues ne sauraient aboutir sans un minimum de bonne volonté de la part des «pays qui soutiennent les terroristes».
 

Turquie
Erdogan réélu à la tête de l’AKP


Dimanche 30 septembre, Recep Tayyip Erdogan a été réélu pour trois ans chef du parti de la Justice et du Développement (AKP). Le Premier ministre turc a été désigné pour la dernière fois par le congrès général du parti. Le règlement interne de l’AKP, issu de la mouvance islamiste, interdit en effet de briguer plus de trois mandats successifs. Selon toute vraisemblance, Erdogan sera candidat à la présidence de la République en 2014. Devant ses partisans, il a mis en avant le modèle turc comme une puissance démocratique émergente. «Nous continuerons notre lutte pour une nouvelle Constitution basée sur la liberté et qui permet la diversité», a-t-il annoncé, assurant que l’ère des coups d’Etat était terminée. Son intervention illustre un peu plus encore sa volonté de devenir le premier président de Turquie élu au suffrage universel. Erdogan a poursuivi en expliquant que sa formation, d’inspiration islamiste, était devenue un exemple pour le monde musulman, après une décennie d’exercice du pouvoir. «Nous avons concentré notre gouvernance sur les droits fondamentaux et sur la liberté (…). Cette position a franchi les frontières de notre pays et est devenue un exemple pour tous les pays musulmans», a-t-il déclaré. Le congrès de l’AKP rassemblait plus d’une centaine d’invités étrangers, dont l’ancien président libanais, Amine Gemayel, le président égyptien, Mohammad Morsi, le chef kurde irakien, Massoud Barzani et le chef du Hamas palestinien, Khaled Meshaal. L’actualité du parti majoritaire est toujours liée de près à la situation syrienne. La crise chez son voisin a poussé Ankara sur le devant de la scène diplomatique internationale. Washington voit la Turquie comme un élément essentiel au soutien de l’opposition syrienne et à la préparation de l’après-Bachar el-Assad. Dans ce contexte, Erdogan ne s’est pas privé de renouveler ses critiques à l’égard de la Chine, de la Russie et de l’Iran, qui soutiennent le président syrien, disant que «l’Histoire ne pardonne pas à ceux qui soutiennent l’oppresseur».

 

 

Irak
Le chaos, encore le chaos

Le week-end dernier, une nouvelle vague d’attentats a fait 33 morts et près d’une centaine de blessés.
Celle-ci vient alourdir le bilan très meurtrier d’un mois de septembre noir. C’est la première fois depuis août 2010 qu’autant de personnes  trouvent la mort en si peu de temps. A quelques mois du funeste  dixième anniversaire de l’invasion américaine, ces chiffres sont révélateurs du climat d’instabilité grandissante dans  le pays. L’Etat islamique d’Irak (ISI), branche d’al-Qaïda, a revendiqué les dernières attaques. En juillet dernier, son chef Abou Bakr el-Baghdadi avait dit vouloir s’attaquer aux juges et aux procureurs afin de libérer les prisonniers de l’ISI. De fait, les attentats ont notamment visé les forces de l’ordre. Selon Ali Haideri, un spécialiste irakien de la sécurité, interrogé par l’AFP, «le législatif et l’exécutif sont plus occupés à s’étriller qu’à mettre en place des lois sécuritaires». Les autres cibles privilégiées sont  les chiites, y compris des pèlerins iraniens. En Syrie comme en Irak se joue une lutte d’influence de plus en plus exacerbée entre l’Iran chiite et les pays arabes sunnites du Golfe. Sécurité, divisions internes à la communauté chiite irakienne, relations particulièrement houleuses au sujet des hydrocarbures avec  la région du Kurdistan, le Premier ministre Nouri el-Maliki en pleine crise de confiance, ne voit pas le bout du tunnel.

 

Etats-Unis
Obama conforte son avance

A l’approche des traditionnels débats du mois d’octobre, Barack Obama maintient une légère avance dans les intentions de vote au niveau national sur son rival le gouverneur Mitt Romney. Selon la moyenne effectuée par le site RealClearPolitics à partir des différentes études d’opinion américaines, le président en exercice obtiendrait 49,1% des voix contre 45, 6% pour son adversaire. Si Bloomberg lui donne une marge bien plus large (+6pts), ABC/Washington Post ne lui accorde que deux petits points d’avance. Barack Obama prendrait toutefois de plus en plus nettement l’avantage dans les «swing states», là où se jouera l’élection. Dans chacun de ces Etats, il domine son challenger de 3 ou 4 points, à l’exception notable de la Caroline du Nord, où Mitt Romney bénéficie d’une infime avance. Un examen plus précis des attentes des électeurs met en exergue les évolutions récentes et l’impact de la campagne. Si Romney fait toujours figure de candidat des riches a fortiori depuis la diffusion d’une vidéo dans laquelle il déclare «ne pas avoir à s’occuper des 47% d’Américains qui se disent victimes», la publication de sa feuille d’impôt 2011 a permis au candidat républicain de mieux faire accepter sa fortune estimée à 250 millions de dollars. L’économie, sur laquelle a porté le premier débat mercredi, est toujours la préoccupation numéro un des Américains. Dans ce secteur uniquement, les deux protagonistes sont à égalité dans les sondages avec 47% d’avis favorables. En ce qui concerne Barack Obama, il n’avait jamais été aussi haut depuis 2 ans. Cela dit, les économistes sont beaucoup plus réservés, et s’ils votent selon CNN en majorité pour Romney, ce n’est pas avec un enthousiasme démesuré qu’ils louent le programme de leur candidat. Pour eux, il bénéficie en revanche d’un avantage certain sur Obama: son influence et sa crédibilité dans le milieu des affaires.
S’il veut garder bon espoir de victoire, Romney devra donc avoir renversé la dynamique des sondages à l’issue du premier débat.

Antoine Wénisch

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