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Nº 2870 du vendredi 9 novembre 2012

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Samir Mokbel, vice-président du Conseil des ministres. «Je ne suis pas candidat aux élections»

Si le gouvernement s’en va sans possibilité de remplacement, le Liban tombera dans un vide dont nul ne peut prévoir les conséquences. Le vice-président du Conseil des ministres, Samir Mokbel, prône modération et dialogue.

Avant la visite du président français et de l’adjointe à la secrétaire d’Etat américaine, le 8 mars prétendait bénéficier de l’appui de la communauté internationale, alors qu’il critiquait les précédents gouvernements soutenus par cette même communauté. Comment expliquez-vous cela?
Il faut cesser d’aborder les choses de cette façon, de dire qui bénéficie ou pas du soutien des puissances étrangères. Nous sommes Libanais, nous voulons avoir une approche libanaise des problèmes. En dehors du dialogue, pas d’issue possible. Il faut répondre à l’invitation du président de la République.

Pensez-vous que certains pays arabes tentent d’exercer une pression sur ce gouvernement en interdisant à leurs ressortissants de venir au Liban et en gelant leurs investissements?
Toute la presse s’est fait l’écho de cette interdiction. Le président de la République que j’ai accompagné s’est rendu dans tous les pays arabes et leur a expliqué la situation. Ils se sont tous engagés à lever l’embargo et à autoriser leurs citoyens à revenir au Liban. Mais c’est à nous, Libanais, de leur donner confiance, d’assurer la sécurité. C’est dans de telles conditions qu’ils reviendront.

Depuis que le 14 mars mène campagne pour la démission du cabinet, nous assistons à des Conseils ministériels qui tentent de le renflouer en quelque sorte…
Ne me parlez pas de renflouement. Le gouvernement a déployé et déploie toujours de grands efforts. Nous sommes parvenus, dernièrement, à un dénominateur commun en matière de nominations, tout en prenant en compte la compétence.

Mais on a parlé de quotes-parts et aussi de réserves de la part des ministres joumblattistes?
Soyons francs. Dites-moi quand et sous quel gouvernement le principe des quotes-parts politiques n’a pas été appliqué? Le pays est ainsi fait. Aujourd’hui, c’est vrai que les postes ont été répartis sur cette base mais en considérant aussi la compétence et l’ancienneté.

Après l’annonce de sa démission, le Premier ministre Mikati s’est rétracté. Que s’est-il donc passé?
Le Premier ministre a été clair lorsqu’il a dit qu’aucune force au monde ne le poussera à démissionner en laissant derrière lui un vide constitutionnel. Vous savez que si le gouvernement s’en va sans possibilité de remplacement, nous tomberons dans un vide dont nul ne peut prévoir les conséquences.

Mais on dit qu’une entente préalable sur le successeur est contraire à la Constitution et au processus de consultations parlementaires…
C’est vrai. Mais dites-moi lequel des cabinets a été mis sur pied sans accord préalable? Nous sommes dans un pays multicommunautaire, composé de plusieurs partis et tendances. Sans entente préalable, nous ne parviendrons à aucun résultat.

Tout le monde sait maintenant que le général Wissam el-Hassan avait un bureau secret à Achrafié. En êtes-vous le propriétaire?
Il est vrai que le général Hassan avait un appartement dans les tours qui m’appartiennent.

Que dites-vous à ceux qui dénoncent votre éloignement des habitants d’Achrafié suite à l’explosion?
Vous croyez tout ce qui s’écrit dans les journaux? Je ne suis pas de ceux qui font des déclarations et posent pour les photos. En l’espace de 48 heures après l’attentat, j’ai sillonné la région et pris contact avec les sinistrés en leur donnant mon numéro de téléphone pour qu’ils m’appellent afin que je puisse les aider personnellement.

Et la situation économique? On a parlé de la fermeture de l’hôtel Metropolitan et d’un risque de fermeture de plusieurs institutions, comme le Bouddha Bar.
La situation économique et touristique est délicate en ce moment. Ce n’est pas vrai que le Metropolitan a fermé. Il réhabilite quelques étages, c’est pourquoi les responsables de l’établissement ont transféré leur clientèle au Habtoor qui fait partie de la même chaîne. Quant au Bouddha Bar, il comptait essentiellement sur les touristes arabes. Les chiffres du tourisme ont quelque peu reculé, c’est vrai. Moi, en tant que Libanais, si je me trouve à l’étranger et lis et vois ce qui se passe au Liban, je serais effrayé, bien qu’il n’y ait rien d’effrayant.

On dit que vous avez renoncé à la construction d’une tour d’une valeur de 80 millions de dollars à Achrafié. Est-ce vrai?
Bien au contraire. J’ai entamé la construction de deux autres tours. Nous avons actuellement un chantier de trois tours à Achrafié. Si nous, Libanais, n’encourageons pas les investissements et le secteur économique, qui va le faire? Nous n’avons besoin de personne. Nous sommes capables de relancer le pays.

Serez-vous candidat aux prochaines législatives?
Certainement pas. Je suis prêt à servir ce pays et ses citoyens autant que je le peux, mais il n’est pas question que je présente ma candidature aux élections.

Propos recueillis par Saad Elias

 

 

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