Magazine Le Mensuel

Nº 2887 du vendredi 8 mars 2013

Diaspora

The citizen. Le film qui crèvera l’écran

C’est dans la troisième plus grande ville de la Californie, à San Jose, et à l’occasion du San Jose’s Cinequest Festival, que le film The citizen est projeté. Un film à ne pas rater à cause surtout du fameux acteur égyptien, Khaled el-Nabawy.

Il est si surprenant qu’un film sélectionné comme étant le meilleur lors du Festival de Boston, fin 2012, ne soit pas encore projeté au cinéma! The citizen mérite pourtant d’être vu par des milliers de téléspectateurs. Pourquoi pourrait-il susciter autant d’intérêt? Pour plusieurs raisons, entre autres, l’histoire qu’il aborde, les acteurs à l’affiche…
D’abord, son histoire. Ibrahim, joué par Khaled el-Nabawy, est un jeune musulman libanais qui, après avoir gagné la loterie des visas américains, se rend à New York le 10 septembre 2001. Il est alors injustement accusé d’avoir participé aux attaques du 11 septembre. Le film suit Ibrahim alors qu’il tente de vivre aux Etats-Unis. Le contexte dans lequel évolue ce long métrage est évidemment contre les musulmans et les Arabes. The citizen est le premier long métrage de Sam Kadi, un Syro-Américain (voir encadré). En parlant de ce film, le réalisateur explique qu’il se fonde sur de vraies histoires et montre comment les Arabes perçoivent le rêve américain et à quel point ils sacrifient pour pouvoir devenir des citoyens. «C’est un film très patriotique. Nous avons une histoire unique qui n’a jamais été approchée sous cet angle, et il était temps de l’aborder», estime le réalisateur.
L’histoire a été tellement bien racontée que le film a été projeté lors du Festival de Cannes l’année dernière. Et outre le prix de Boston, le Festival de New York a également récompensé le réalisateur. Ce succès est dû aussi à Khaled el-Nabawy. Rappelons comment cet acteur égyptien a réussi à attirer l’attention des publics et des critiques à la suite de son apparition dans plusieurs films de Youssef Chahine, tel al-Mohager en 1994. Par la suite, il devient la coqueluche internationale d’Hollywood et l’un des amis de Sean Penn. Mais le monde des stars ne lui fait pas oublier ses origines. L’acteur a toujours voulu que les clichés sur le monde arabe soient combattus. Ses rôles dans des productions américaines ont pour objectif de remettre en question les pièges de la caricature. «Ma responsabilité est de donner une image véridique du Moyen-Orient, parce je suis persuadé que nous en savons plus sur l’Occident que l’Occident en sait sur nous. Ma responsabilité est de dire la vérité», souligne le jeune acteur.
Son rôle dans The citizen démontre effectivement la vérité et la réalité dans lesquelles sont plongés les Arabes. Croisons les doigts pour que le film sorte prochainement dans les salles de cinéma.

Pauline Mouhanna, Etats-Unis

Sam Kadi en bref
Sam Kadi avait vingt ans quand il a émigré aux Etats-Unis, et notamment à Michigan. Il était déjà acteur et écrivain. A Michigan, il s’est spécialisé au Motion Picture Institute à Troy. Il a déjà produit et réalisé plusieurs courts métrages, tels que Raised alone en 2009 et Schizophrenia en 2007. Il est à la tête de sa propre société de production, Samer K Production.

 

Related

Kellee Khalil. A elle l’industrie du mariage américain

admin@mews

Le rapport de Conciliation Resources. Pour une paix positive au Liban

admin@mews

Jamie Farr, acteur. La consécration enfin!

admin@mews

Laisser un commentaire