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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

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Celle que tu es devenue de Nayla Aoun Chkaiban. 1910-1920: un destin libanais

Mue par l’idée de connaître et de raconter l’histoire de sa grand-mère, Nayla Aoun Chkaiban s’attelle à l’écriture de son premier roman, Celle que tu es devenue – 1910-1920: un destin libanais, publié aux éditions Tamyras. Quand histoire et fiction s’entremêlent…

Le Liban de la période ottomane n’est souvent dans notre quotidien qu’un souvenir d’école, vague et flou. Un souvenir des bancs en bois où on essayait, avec peine, de plonger dans nos anciens livres d’histoire. Il réside également dans les quelques romans libanais lus à la même époque scolaire. Des souvenirs essentiellement d’un Mont-Liban sous domination ottomane, d’une période de famine, de lutte, de souffrances, de terribles souffrances, endurées par nos ancêtres, auxquelles parfois nos grands-parents faisaient allusion, et que souvent, nos parents nous transmettaient à travers des histoires vécues par leurs propres parents.
Celle que tu es devenue ramène aussitôt en mémoire ces relents de souvenirs, oubliés, enfuis, entre les pages de la Grande Histoire et les images d’autant de petites histoires. C’est que l’auteure, Nayla Aoun Chkaiban nous replonge précisément dans cette période, cette décennie allant de 1910 à 1920, l’une des périodes les plus dramatiques du pays, pour tenter d’aller à la rencontre de sa grand-mère, personnage complexe et solitaire. «Grand-mère, dit-elle en prélude au roman, (…) le mystère qui t’entoure m’est presque total. J’ai essayé de le percer à travers nos conversations enregistrées, celles qui devaient préserver la mémoire, mais tu perdais toute spontanéité devant le micro, et tes propos devenaient aussi bienséants que ceux d’une vedette interviewée. Le récit qui suit tente de sonder l’époque à laquelle tu as vécu. A travers l’histoire d’un village qui aurait pu être le tien, d’une famille à laquelle tu aurais pu appartenir et d’une période que tu as certainement connue, j’espère enfin comprendre celle que tu es devenue».
Et voilà le lecteur, dès les premières pages, transposé en 1910, à la veille de la Première Guerre mondiale, à Beit Kassine, dans un village du Chouf. Il fait progressivement la connaissance des personnages du roman, Marie, la grand-mère, Négib, Nemer, Nour, Sarah, Boutros, Geryes, Abouna Gebrayel, Martha, Amine et Elvire, Chakib… chacun ayant son propre caractère, sa propre personnalité, qui sonnent au fil de l’écriture, comme autant de moyens de sonder l’Histoire et la mémoire d’un peuple, d’un pays. Au-delà de l’époque que l’auteure ranime et met en scène, se dévoile un portrait presque inchangé de nos us et coutumes, toujours d’actualité, entre luttes de pouvoirs, classes sociales, tragédies nationales, luttes ancestrales, exil, amour du pays. Avec un style simple et direct, sans fioriture ou atermoiement, elle tisse les pans de son roman, sonde les événements historiques, ouvre les portes de l’imaginaire, se frotte à la fiction. Celle que tu es devenue fait pénétrer le lecteur dans la complexité des relations humaines entre les protagonistes, noue et dénoue l’écheveau des amours blessées, des sentiments de dignité, d’appartenance, de rancune, de fraternité, d’amitié. Un roman où triomphe l’humain avant toute chose.

Nayla Rached
 

Cent jours auprès d’un maître de sagesse
Traduit de l’arabe par Dounia Mansour Abdelnour, Cent jours auprès d’un maître de sagesse du Dr Joseph Majdalani, est publié par la Société des amis de la Connaissance blanche. Comme son titre l’indique, l’ouvrage suit un étudiant des Sciences ésotériques lors de son séjour de cent jours auprès d’un maître de sagesse dans les montagnes de l’Himalaya. Un séjour qui a entièrement bouleversé sa vie, puisqu’il a été témoin de phénomènes hors du commun accomplis par le maître thaumaturge. L’adepte écoute et observe le maître qui explique les techniques des pouvoirs extraordinaires latents dans l’homme par une approche qui concilie les miracles et l’entendement humain. L’auteur nous rappelle qu’il est impossible d’étudier l’univers sans étudier l’homme, car le monde est une image de ce dernier. Il découvrira dans cette quête de connaissance que la dilection (l’Amour véritable, désintéressé), et la sagesse sont les clés du développement de l’être humain, car tel est l’ordre de la loi cosmique. Si un homme veut prévoir son avenir, il doit avant tout se connaître lui-même. L’observation de soi apporte par elle-même certains changements dans ses processus intérieurs. Il commence à comprendre qu’elle est un moyen de changer, un instrument d’éveil. Et s’il devient maître de sa vie, il peut devenir maître de sa mort.
www.esoteric-lebanon.org

 

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