Magazine Le Mensuel

Nº 2897 du vendredi 17 mai 2013

Confidences Moyen-Orient

Confidences Moyen-Orient

Tchin-tchin!
Le passage du président égyptien au Brésil n’est pas passé inaperçu. En refusant de lever son verre à la santé de son hôtesse, la présidente Dilma Rousseff, Mohammad Morsi a enflammé les réseaux sociaux. Pourtant, la présidente avait voulu rassurer son invité, en insistant pour que la boisson servie soit du jus frais. Mais cela n’a pas convaincu le président, membre des Frères musulmans, qui a préféré ne pas prendre de risques. Il s’est abstenu de goûter au jus de mangue qui lui était présenté. Résultat, au lieu de parler des accords économiques signés à Brasilia, la présidence égyptienne a dû se défendre contre les nombreuses critiques qu’elle a subies.

Réservée aux hommes
Les mouvements salafistes sont connus pour leur mépris des droits des femmes et ne ratent pas une occasion de le prouver. Dernier épisode en date, la décision de la chaîne al-Hafez, qui a interdit dès son lancement l’apparition des femmes sur ses ondes, de tourner une série réservée aux hommes. Intitulée Coffee Show, la série ne comptera, parmi ses acteurs, aucune représentante de la gent féminine. Pire encore, bien que l’histoire se déroule dans un café, le producteur égyptien Wagdi el-Arabi a tenu à faire savoir qu’il était strictement interdit aux hommes de fumer. Cette série, supposée être transmise durant le mois de Ramadan, fera-t-elle un carton?    

Rached el-Ghannouchi le chef du mouvement tunisien Ennahda vient de trancher: il n’y aura pas d’arrangements avec les mouvements jihadistes, terroristes. Selon le cheikh très controversé, «il n’y a pas de place en Tunisie pour le terrorisme. Nous menons une guerre contre ces éléments qui tentent de détruire notre pays». Quelques heures après cette annonce, le ministère de l’Intérieur ordonne à ses services de sécurité de mater les membres d’Aqmi qui bénéficiaient depuis de longs mois d’une assistance implicite des gardes-frontières. La goutte qui a fait déborder le vase a été l’attaque par des jihadistes contre une position de l’armée tunisienne tout près de la frontière algérienne. Mais la question est celle de savoir si cheikh Ghannouchi est vraiment déterminé à en finir avec les jihadistes et les takfiris?

Ismaïl Haniyeh le leader du Hamas, engagé dans un bras de fer avec son chef Khaled Mechaal, et qui avait perdu la partie après la réélection de ce dernier à la tête du mouvement, a dévoilé sa face sombre à l’occasion de la visite du cheikh Youssef el-Qardaoui à Gaza. Le Premier ministre déchu a reçu à bras ouverts le président de l’Union internationale des ulémas musulmans. Il a même tenu à lui baiser la main et à lui accorder la nationalité palestinienne. Une prérogative qui revient au président de l’Autorité palestinienne. Celle-ci a, d’ailleurs, dénoncé l’octroi d’un «passeport falsifié» à Qardaoui et réclamé son arrestation.

En pointillé…
Les choses ont bien changé entre le régime syrien et le mouvement palestinien Hamas. Leurs liens considérés stratégiques et inébranlables n’ont pas survécu à la révolte du peuple syrien qui a poussé les leaders du mouvement à l’exil loin des batailles qui font rage dans les banlieues de Damas. Voilà pourquoi la police de Hamas a dispersé, sans ménagement, une manifestation du Front populaire pour la libération de la Palestine, condamnant les raids aériens israéliens contre Damas et soutenant le régime syrien. Les dizaines de participants ont été roués de coups, avant d’être arrêtés par les policiers barbus qui n’ont pas hésité à déchirer devant les caméras des photos de Bachar el-Assad et du leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah. Les amitiés en politique ne durent pas longtemps.

Al-Jazeera est-elle neutre?
Selon l’ancien directeur de la chaîne qatarie al-Jazeera, Waddah Khanfar, les attaques menées contre celle-ci sont injustes et inacceptables. Khanfar a souligné que «la chaîne n’exagérait pas l’ampleur de la crise syrienne. En fait, dit-il, je pense qu’il n’y a pas une institution médiatique au monde qui soit plus professionnelle qu’al-Jazeera». Les fuites de Wikileaks avaient révélé l’existence de liens secrets entre le journaliste, d’origine palestinienne, et la CIA. Depuis son limogeage, des rumeurs avaient couru sur la prochaine destination de Khanfar, qui a refusé l’offre des Frères musulmans égyptiens de superviser l’ensemble de leurs institutions médiatiques. Entre-temps, il n’a pas chômé puisqu’il a fondé le Forum al-Sharq grâce aux généreux dons des responsables qataris, qui ont préféré le garder sous leur aile, même s’il a dû céder sa place à al-Jazeera.

   

Climat politique tendu
Depuis quelques semaines, le ton monte entre le gouvernement turc du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et les partis de l’opposition. La discorde porte en fait sur les choix politiques et économiques du gouvernement islamique en place. Résultat: le ton du Premier ministre et de son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, se fait de plus en plus dur envers le premier parti d’opposition, le parti Républicain du peuple, accusé d’être un outil «de Damas et un complice des massacres à nature sectaire commis par les baassistes». Alors que le pays célébrait la Journée de la liberté de la presse, le gouvernement a décidé d’ignorer purement et simplement l’occasion. Mais cela est-il vraiment surprenant de la part d’un Etat qui emprisonne actuellement 69 journalistes et qui poursuit en justice 450 autres?

Un président taillé sur mesure
Le Guide suprême de la révolution iranienne, Ali Khamenei, a décrit officiellement les qualités requises du nouveau président de la République. Selon lui, le successeur de Mahmoud Ahmadinejad devra être «sage à l’intérieur et ferme envers l’arrogance occidentale». Alors que des rumeurs couraient à Téhéran sur le possible ajournement des élections prévues pour le 14 juin, Khamenei a tranché en assurant qu’elles auront lieu à la date fixée. Or, le cabinet d’Ahmadinejad n’a toujours pas formé la commission supposée superviser le processus et veiller à ce qu’il soit conduit dans les meilleures conditions possibles. Selon certaines sources, le clan du président espérait jusqu’au dernier moment voir la Constitution amendée afin de permettre à son chef d’être élu pour un troisième mandat. C’était sans compter sur l’influence énorme des frères Larijani sur le Guide.

Tous unis contre le gouverneur de Carthage
Le président tunisien, Moncef el-Marzouki, se trouve dans une position très difficile. Il est accusé par les médias de vouloir faire adopter des lois visant à étouffer la liberté de la presse. C’est sans doute la raison pour laquelle l’Alliance civile de la défense de la liberté d’expression a été créée et chargée de s’opposer à ces projets de loi jugés pires que ceux qui étaient appliqués sous le règne de Ben Ali. Les membres de l’Alliance dénoncent une tentative de raviver le ministère de l’Information, principal outil d’oppression et de censure. L’activiste Naziha Rjiba, emprisonnée et torturée sous l’ancien régime, a souligné que les nouveaux dirigeants suivaient l’exemple de leurs prédécesseurs en tentant de dompter les médias. Selon elle, l’Alliance fera tout pour éviter au pays de Bourguiba un tel scénario catastrophe.    

Les chiites font-ils peur à Khartoum?
Issam el-Bachir, ancien ministre soudanais des Affaires religieuses, connu pour ses positions extrémistes, vient de jeter une pierre dans la mare en appelant à la fermeture immédiate des Husseiniyahs chiites. Le chef de file du mouvement salafiste a, en effet, considéré que ces lieux de culte, financés et sponsorisés par la République islamique d’Iran, visaient à combattre l’islam sunnite ce qui est, selon lui, inacceptable. Il exige l’expulsion des diplomates iraniens qui travaillent à l’ambassade et à la mission culturelle de son pays. Pour enfoncer le clou, il prétend que huit millions de livres prêchant la doctrine chiite avaient été introduits au Soudan nécessitant «une action stricte du gouvernement». Entre-temps, le mouvement Ansar as-Sunna, auquel appartient Bachir, s’est entretenu avec le chargé d’affaires américain, Joseph Stanford. Interrogé à ce sujet, Bachir a répondu: «Nous l’avons invité à se convertir à l’islam». Face aux critiques adressées par les salafistes, le régime soudanais a maintenu un silence radio.    

4,5 millions de Syriens fuyant la guerre qui déchire le pays des Omeyades, ont trouvé refuge dans les pays voisins. La majorité d’entre eux sont présents au Liban et en Jordanie. Quelques centaines de milliers sont en Turquie. Le voisin irakien, quant à lui, a choisi de garder ses frontières fermées face à cet exode. Bagdad veut à tout prix éviter de voir des camps de réfugiés érigés sur son territoire. Pourtant, à cause de l’invasion américaine en 2003, la Syrie avait accueilli des millions d’Irakiens qui n’ont repris le chemin du retour qu’une dizaine d’années plus tard. Les organisations internationales condamnent fermement les exactions commises contre les Syriens forcés à l’exil. Ils seraient, dans de nombreux cas, exploités sexuellement et moralement sans que les pays d’accueil ne leur apportent aide ou réconfort. Ces organisations ont de même tiré la sonnette d’alarme, car selon elles, le nombre de réfugiés devrait dépasser les cinq millions d’ici la fin de l’année.              

3 milliards de dollars, c’est le montant des revenus pétroliers du Yémen durant les six derniers mois. Selon le gouvernement, le pays devra retrouver le taux d’exportation de 2011 d’ici la fin de l’été. Ahmad Abdullah Dares, ministre du Pétrole, a assuré que le plan, établi par son ministère, permettra au Pays du Qat de bénéficier au maximum des revenus de l’or noir. Membre de l’ancienne opposition, il a ajouté que, contrairement aux années précédentes au cours desquelles l’argent profitait aux proches du président et de sa famille, ces revenus rentreront directement dans les caisses de l’Etat. Mais il faudra que le pays retrouve sa stabilité politique et sécuritaire pour raviver l’économie, le secteur du tourisme étant au point mort et les investisseurs fuyant massivement le Yémen.

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