Magazine Le Mensuel

Nº 2899 du vendredi 31 mai 2013

Presse étrangère

Le Liban est déjà dans le chaudron syrien

Pour la presse internationale, la flambée de violence qui a secoué le Liban ces derniers jours acte définitivement l’importation volontaire de la guerre civile syrienne sur le territoire libanais. Le Hezbollah est clairement mis en cause.

Zvi Barel
Sous la plume de son chroniqueur Zvi Barel, le quotidien israélien Haaretz s’attend à ce que «la petite guerre civile» qui se déroule à Tripoli se propage dans les rues de Beyrouth.
Le Liban est, plus que jamais, exposé au risque de l’implosion et il faut s’attendre à ce que cette implosion soit incontrôlable et dévastatrice. La bataille de Tripoli, qui oppose alaouites et sunnites, n’est pas nouvelle. Mais la participation aujourd’hui actée du Hezbollah à la guerre en Syrie a mis de l’huile sur le feu. La bataille de Tripoli se déroule déjà en dehors de tout contrôle et ce type d’affrontements pourrait très bien prendre place dans la capitale. En Syrie, le Hezbollah mène une bataille existentielle, car avec la chute du régime du président Assad, le Hezbollah perdrait à la fois sa base arrière et son fournisseur en armement. Il serait surtout confronté à un nouveau front sunnite au Nord qui s’ajouterait au front israélien au Sud.
Pour le quotidien, sa domination du jeu politique libanais est également en jeu. L’une des conséquences de l’ingérence du Hezbollah en Syrie est sans doute la perte de sa légitimité de force militaire repoussant l’ennemi extérieur, de résistant du peuple libanais face à l’occupant. Mais, d’un autre côté, l’épisode a montré que personne au Liban n’était capable de contrarier les velléités du parti. L’Armée libanaise n’a-t-elle pas déserté la Békaa? Au Liban, la situation est fragile et délicate.

Süddeutsche Zeitung
La présence désormais revendiquée du Hezbollah libanais aux côtés des troupes de Bachar el-Assad fait craindre aux commentateurs du quotidien allemand du Süddeutsche Zeitung les pires scénarios.
Le Hezbollah avait promis aux Libanais de n’utiliser ses armes que contre Israël et pour la protection du Liban. Aujourd’hui, ses détracteurs reprochent à la milice chiite de retirer ses hommes de la frontière israélienne pour aller tirer, en Syrie, sur d’autres musulmans. Les salafistes sunnites libanais sont eux aussi en train de mobiliser des hommes pour aller combattre à Qoussair, en Syrie. Pendant ce temps, les opposants syriens à Bachar el-Assad bombardent des villages libanais.
Centimètre par centimètre, le conflit s’étend en direction du Liban. Pourquoi le Hezbollah prend-il ce risque? Parce que l’Iran l’y pousse, parce qu’Israël menace. Et si Assad devait tomber, alors Israël pourrait régler ses comptes avec la milice libanaise, une fois pour toutes. Bachar el-Assad veut être le capitaine qui se refuse à quitter un navire pris dans la tempête. Si ce navire est la Syrie, alors la comparaison ne tient pas. Car le navire Syrie a déjà coulé. Il est même trop tard pour une intervention étrangère.

Le Monde
Conséquence de cet enchaînement diabolique selon le journal Le Monde, «l’UE s’apprête à inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes».
La France va proposer que la branche militaire du Hezbollah soit inscrite sur la liste des groupes terroristes de l’Union européenne en raison de son soutien au régime de Damas, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Le Royaume-Uni a présenté une requête en ce sens à ses partenaires européens et les discussions sur cette question débuteront «début juin», selon des sources diplomatiques. L’inscription du Hezbollah sur la liste européenne des mouvements terroristes nécessite l’unanimité des 27. Actuellement, seuls les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, ont mis le Hezbollah sur leur liste nationale des organisations terroristes. Les autorités néerlandaises ont mis au ban l’ensemble des composantes du mouvement chiite, Londres uniquement sa branche militaire.

J. A-R
 

The Jerusalem Post

Un point de non-retour
Pour The Jerusalem Post, «l’attaque à la roquette du fief du Hezbollah marque une fin de non-retour; le conflit en Syrie s’envenime et s’est invité sur le territoire libanais, déjà sur la crête en raison des tensions communautaires. Cette attaque intervient quelques heures après l’appel de mouvements jihadistes égyptiens exhortant les fidèles à venir au Liban et combattre le Hezbollah, puis les déclarations du ministre bahreïni des Affaires étrangères, traitant Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, de terroriste.  

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