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Nº 2911 du vendredi 23 août 2013

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Beirut Holidays accueille Adonis. Un souffle de fraîcheur clôture le festival

Le festival Beirut Holidays s’est achevé, ce dimanche 18 août, aux Beyrouth Souks, par le concert du jeune groupe libanais Adonis. Pop arabe, authenticité et sonorités urbaines, Beyrouth de la jeunesse.
 
On aura attendu une heure, avant que les membres d’Adonis n’investissent la scène dressée aux Beyrouth Souks. Une heure d’attente! Mais après coup, on se dit que ce n’est pas grave, que ça valait la peine. Parce qu’on en sort tout rafraîchi, ragaillardi, un sourire aux lèvres, touché par ce souffle de jeunesse vivifiant, ce brin de joie musicale, dont on a tellement besoin au cœur de Beyrouth et au niveau de la scène musicale.

Adonis, un des plus jeunes et récents groupes sur la scène locale, a eu l’occasion, la joie et le privilège de se produire, le 18 août, sur la scène du Festival Beirut Holidays, qui a accueilli certains des plus grands noms, qu’on adhère ou non à leur genre musical, à l’instar de Ziad Rahbani, Sabah Fakhry, Elissa… C’est ce qu’a relevé d’emblée le chanteur et cofondateur du groupe, Anthony Khoury, avant d’ajouter qu’on ne peut plus ignorer cette jeunesse libanaise cultivée et éduquée et qui finalement sera celle qui apportera le changement tant désiré.
Les membres d’Adonis ont emmené leur public d’amis, de parents, de fans et de curieux mélomanes, dans un voyage chatoyant et bigarré au cœur de Beyrouth, à l’image de Beyrouth. Un voyage musical et ambiant renforcé par les images projetées sur l’écran géant au fond de la scène. On y voit, finement agencées, des images de l’ancien Beyrouth et de la ville telle qu’on la connaît actuellement, ainsi que des vidéos du groupe et différentes animations. Des images qui se situent entre le kitsch, le vintage, la culture pop, le moderne et le contemporain, autant d’ambiances qui se côtoient allègrement dans l’univers d’Adonis.

Entre vintage et modernité urbaine
Synthé, guitare, basse, batterie, derbouka, une section de violons, un chœur de voix féminines et masculines et le chant d’Anthony Khoury. A l’aise sur scène, cumulant anecdotes, plaisanteries et quelques pas de danse spontanée et venant tout droit du corps et du cœur, Anthony Khoury s’adresse sans cesse à l’audience composée essentiellement d’amis et d’amateurs de leur musique. Ajnabié, Min chou btechki Beirut, Nharak sa3id, Stouh Adonis… les chansons d’Adonis sentent bon l’effluve de Beyrouth, dans son quotidien, dans sa simplicité, sa complexité, ses contradictions, ses agressions, son insouciance, sa légèreté, son handicap. Toute sa dualité irrésolue, mais vécue tout près de la chair.

Musique pop, fusionnant entre sonorités orientales et occidentales, indéniablement urbaine, alors qu’elle prend par moments un tournant surprenant pour nous transposer dans une ambiance de fête foraine, au détour de notes champêtres, qui s’emmêlent aussitôt aux sonorités de la ville. Une place de choix est accordée aux sons des synthétiseurs, comme dans toute musique pop retournée à ses origines. Et les sonorités qui naissent du clavier de Carl Ferneiné et parfois de celui d’Anthony Khoury sentent cette bonne vieille pop d’antan, celle des années 80 quand au Liban même, avec Samy Clark, Pascale Sakr et la famille Bandali, on s’émerveillait des capacités électroniques du synthé, cette bonne vieille pop d’antan où la simplicité attachante des paroles, entre jeux de mots et rimes, était réellement, physiquement et profondément jubilatoire et tellement loin de la facilité vulgaire et indécente de la pop actuelle et de sa commercialisation outrancière et inacceptable. Avec Adonis, on ressent souvent cet esprit vintage, légèrement décalé, entraînant, dansant, très dansant, qui remue le corps et l’esprit. On aura même droit à un remix spécial de Habibi ya 3aini, vous vous rappelez cet éternel tube qui résume en quelques notes, quelques mots, quelques nuances, l’esprit de toute une ère orientale. Un seul bémol peut-être: la section des violons qui alourdit parfois l’ensemble par des envolées souvent pesantes, alors qu’elles se voulaient légères. Mais ce n’est qu’un détail, peut-être une impression.
Les membres d’Adonis ont assuré, largement assuré, pour le concert de clôture du festival Beirut Holidays une soirée authentiquement libanaise, où les fenêtres de la ville croisent un réverbère, un toit, des câbles électriques, une promenade, des rumeurs, mais aussi un cri du cœur pour Beyrouth. Min chou btechki Beirut, et Beyrouth souffre de beaucoup de choses, de lacunes, qui plombent le quotidien et bouchent l’avenir. Mais l’envie de rester est plus forte, malgré tout, pour cette jeunesse qui milite, à travers son art, pour le changement. Min chou btechki Beirut est le titre du second album d’Adonis, officiellement lancé au cours de ce concert après la sortie, l’année dernière, du premier, Daw l baladiyi. Adonis, un groupe montant sur la scène locale, à suivre de près, pour tressaillir au cœur de Beyrouth, au hasard d’un sourire et d’un espoir.

Nayla Rached

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