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Nº 2927 du vendredi 13 décembre 2013

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Days away from home. L’autre visage des réfugiés syriens

Batoota Films, en partenariat avec l’Union européenne et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, lance le web documentaire Days away from home, autour des réfugiés syriens
au Liban. Un projet humain.

 

En 2009, la boîte de production Batoota Films lançait la série web Shankaboot, la première du genre dans le monde arabe. Cette fois-ci, recours également à la Toile pour une nouvelle production, mais complètement différente. Une production qui reste artistique mais ancrée dans l’actualité politico-sociale du pays, plus sociale que politique. Days away from home est le nom du projet, ou l’équivalent de chaque jour que les réfugiés syriens au Liban passent loin de leur pays.
Parce qu’ils ne sont pas qu’un nombre, et parce que derrière chaque chiffre, il y a un être humain, il y a une histoire, des histoires, Days away from home sonne comme une manière de contrer les images et les informations inlassablement diffusées sur la présence de plus en plus croissante des réfugiés syriens au Liban et qui se concentrent sur un prototype bien précis. Le but du projet est précisément de s’éloigner de cette image-là, comme l’explique la productrice et la réalisatrice, Katia Saleh, lors du lancement officiel du projet qui a eu lieu le vendredi 6 décembre au cinéma Métropolis, en partenariat avec l’Union européenne et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés. Depuis juillet 2012, ces deux entités travaillent ensemble, non seulement pour aider les Syriens à supporter leur vie de réfugiés souvent émaillée d’horreur et de détresse, mais également pour pourvoir à la communauté libanaise qui les héberge.

 

Des histoires humaines
Days away from home est techniquement parlant un site web divisé essentiellement en deux parties, les vidéos et les «photos essays». A travers une suite de vidéos de cinq minutes environ chacune, l’internaute est propulsé au cœur de la vie de la famille d’Oum Abdo qui a trouvé refuge au Liban. Des vidéos ou justement des reportages web qui seront postés au fur et à mesure et qui, vus l’un à la suite de l’autre, constituent un documentaire web. Pour pouvoir les réaliser, Katia Saleh et son équipe ont suivi régulièrement cette famille sur plusieurs étapes de leur vie. Du premier épisode où on fait connaissance d’Oum Abdo, son mari, ses enfants Khadijé, Racha, Taha et Abdo, leurs habitudes, la manière dont ils passent leur journée, à des épisodes plus ludiques, où s’établit un dialogue naturel et spontané des deux côtés de la caméra. De l’émotion saisie au vif, des soucis d’assurer leur survie, l’éducation des enfants, mais aussi de l’humour, des rires, une volonté de s’adapter au quotidien, tout en gardant le désir tellement profond de retourner en Syrie. Toute la famille d’Oum Abdo a fait le déplacement jusqu’au cinéma Métropolis pour venir à notre rencontre.
Si les vidéos suivent la vie d’une famille, les «photos essays», elles, suivent des tranches de vie différentes. Au travers d’une série de photos qui se succèdent, focus sur certains Syriens qui tentent de continuer à vivre au Liban par leur métier initial, quelle que soit la lutte vitale qu’ils mènent pour assurer leur survie; de Douaa qui, se rendant compte de la nécessité d’assurer une éducation à tous ces enfants pour qu’ils puissent à l’avenir reconstruire la Syrie, les rassemble pour leur donner des cours, à Abed, volontaire tous azimuts au chevet d’enfants, femmes et de tous les réfugiés, à Zimo, artiste, musicien, peintre… et de tant d’autres individus que nous apprendrons à connaître dans les jours qui suivent. «Des personnes qui essaient de vivre par elles toutes seules», explique Katia Saleh qui relève notamment les difficultés qu’elle a eu à les trouver et à les convaincre d’accepter de se faire filmer. «Ce que nous donnons à voir ne représente que 5% de la vie des personnes filmées et nous espérons que ce sera un peu représentatif».
Days away from home est un hommage au peuple syrien qui, face aux événements, a fait preuve d’une grande volonté et d’une admirable résilience, malgré les importantes pertes humaines et matérielles. Aujourd’hui, la vie de ces réfugiés semble austère et l’horizon bouché. Et c’est dans ce contexte que retentit ce cri du cœur et de l’urgence qu’est Days away from home, pour faire tomber les barrières, pour faire jaillir l’espoir d’une rencontre entre un être humain et un autre, au-delà d’une actualité traumatisante.

Nayla Rached

www.daysawayfromhome.com
 

Pair à pair
Au-delà du côté artistique de Days away from home, le site web reste tout autant un projet humanitaire. Un onglet spécial est dédié aux donations. Il suffit de quelques clics pour se rendre compte de l’urgence d’agir, non 
seulement à titre institutionnel, mais à titre individuel même, parce que les réfugiés syriens au Liban manquent de tout, d’un 
matelas, d’un… la modique somme de 20 
dollars peut commencer à faire une différence.

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