Magazine Le Mensuel

Nº 2937 du vendredi 21 février 2014

general

Les décharges au Liban. Le problème est entier

Les ordures du Grand-Beyrouth et des régions du Mont-Liban sont tributaires de la présence des décharges. De Bourj Hammoud à Naamé, Bsalim ou Zahlé, le problème est entier.  
 

Le Liban compte deux lieux d’enfouissement sanitaires à Naamé et Zahlé, et une décharge pour les matières inertes à Bsalim. Ils reçoivent les déchets solides d’environ la moitié de la population.
En 1994, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) lance un appel d’offres international pour la collecte de 1 400 tonnes de déchets par jour pour la région du Grand- Beyrouth. Sukleen remporte l’adjudication pour un montant de 23 millions de dollars par an. L’année d’après, sa prestation s’étend à la région de Beyrouth et du Mont-Liban, à l’exception du casa de Jbeil. Les ordures étaient déposées le plus souvent dans des décharges sauvages, en particulier dans celle de Bourj Hammoud.
Après la fermeture de cette dernière en 1997, le CDR établit un plan d’urgence pour la région du Grand-Beyrouth. Il met en œuvre deux décharges contrôlées: celle de Naamé, d’une surface de 700 000 mètres carrés, réservée aux ordures ménagères et celle de Bsalim, d’une surface de 300 000 m2 pour les déchets non organiques.
Ce plan prévoyait le recyclage de 10% des déchets et 50% des matières organiques serviraient à la fabrication de compost. Seules les matières inertes et non organiques devaient aller dans les deux nouvelles décharges contrôlées de Naamé et de Bsalim. Or, ce plan n’a pas été respecté. Si 20% des déchets traités sont recyclés, 70 à 80% des ordures ménagères vont à la décharge.
La décharge sanitaire de Naamé se trouve au Chouf, dans une ancienne carrière à environ 15 kilomètres au sud de Beyrouth et à 4 km du littoral. Elle atteint sa capacité en moins de cinq ans, alors qu’initialement, elle était prévue pour servir pendant dix ans. Elle aurait dû fermer en 2004, mais des terrains adjacents ont été expropriés pour son extension.
Elle couvrait une superficie de 120 000 m2 et pouvait recevoir deux millions de tonnes de déchets sur deux cellules. En avril 2001, les deux cellules ont atteint cette capacité. Une troisième est alors prévue sur une superficie de 62 000 m2. En 2005, une superficie additionnelle de 25 000 m2 est envisagée.
L’utilisation de la décharge aurait dû s’arrêter en janvier 2014, ce qui ne fut pas le cas, poussant les habitants de l’entourage à manifester pour interdire le passage des bennes à ordures, tandis que la capitale reste envahie par les ordures ménagères pendant des jours, avant d’arriver à un accord d’extension de l’utilisation de la décharge une année de plus. Des odeurs insupportables se propagent dans toute 
la région.
La décharge de Bsalim pour les matières inertes est située dans une ancienne carrière au nord de la vallée de Nahr el-Mot, dans le Metn. Elle couvre environ 45 000 m2 et elle devient opérationnelle en avril 1998. Ses activités sont interrompues le 31 mai 1999 
à la suite d’une instruction du tribunal, le 
20 janvier 2000, et à une seconde le 
3 octobre 2000. La décharge est partagée en trois cellules d’une capacité totale d’un million de m³ chacune.
La décharge sanitaire de Zahlé se trouve dans la vallée de la Békaa dans le caza de Zahlé. Elle est conçue pour recevoir 150 tonnes par jour desservant 15 des 29 municipalités du caza. Elle compte aujourd’hui cinq cellules et reçoit environ 43 000 tonnes par an.

Arlette Kassas

Les dépotoirs
Le dépotoir contrôlé de Tripoli dessert la ville et ses voisines. La Batco, depuis 1999, gère le dépotoir qui couvre actuellement 63 000 m2 et reçoit 350 à 400 tonnes par jour de déchets divers.
Le dépotoir de Saïda est en bord de mer. Il est géré par la municipalité de la ville et reçoit environ 150 tonnes de déchets solides par jour venant de quinze municipalités.

Déchets solides
On estime que 51% de tous les déchets solides municipaux sont mis dans la décharge, 32% sont déversés, alors que les 17% restants sont récupérés par le tri et le compostage.

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