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Nº 2942 du vendredi 28 mars 2014

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Portrait

Darine Hotait, fondatrice de Cinephilia Productions. «Nous cherchons des projets au-delà du classique»

Cinephilia Productions. Retenez bien le nom de cette maison de production de films indépendants, basée à New York, fortement affiliée au Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. Darine Hotait, scénariste primée, réalisatrice et fondatrice du projet, nous explique les raisons de sa création et ses particularités.
 

Dans quelles circonstances et pour quelles 
raisons Cinephilia Productions a été fondée?
Cinephilia Productions a été créée à Los Angeles en 2009, puis transférée à New York en 2011. Nous l’avons fondée après avoir constaté combien  une plate-forme assurant une liberté inconditionnelle aux cinéastes est nécessaire à résoudre les problèmes auxquels ils font face et pour pouvoir donner libre cours à leur imagination. Pour moi, c’est également une plate-forme qui se distingue par  son contenu original et audacieux mettant l’accent sur les films d’auteur, de science-fiction, d’imagination. Cinephilia Productions donne au cinéma une forme d’art indépendant distinct.

Le tour de Cinephilia Screenwriting Lab For Shorts (CISL) aura lieu dans quelques semaines à Beyrouth. Pouvez-vous expliquer ce qu’est ce laboratoire?
Notre laboratoire a une forte affiliation avec le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. C’est en fait une initiative qui vise à découvrir de nouvelles voies et les visionnaires de l’art du cinéma de la région. Le laboratoire leur permet de développer leur potentiel de narration, leur faculté de critique et leurs compétences techniques. En développant et en produisant des films de cette région, nous aspirons à promouvoir l’originalité du contenu et à hausser le niveau des normes de la narration. Chaque année, notre laboratoire a lieu dans une ville différente. Il peut se dérouler à Toronto, Beyrouth, Dubaï, Le Caire, Abou Dhabi, Alexandrie, Kampala, Tunis et dans d’autres villes également. Cette année, la session se déroulera à Beyrouth du 19 au 27 avril prochain. Avant ces dates, le laboratoire sélectionnera huit à dix cinéastes travaillant sur le scénario d’un court métrage. Notre formulaire de demande était très long, mais nous aide à saisir les pouvoirs d’imagination des cinéastes. La sélection des participants est basée entièrement sur l’originalité du projet proposé. Nous recherchons des projets visionnaires qui vont au-delà des limites du classique. Les réalisateurs sélectionnés seront en mesure de compléter leurs projets de scénario au cours du laboratoire.

Les personnes intéressées doivent-elles remplir des conditions particulières?
Les cinéastes doivent remplir les conditions suivantes: être en train de développer un court métrage, être âgés de plus de 18 ans. Ils doivent être originaires de l’un des pays de la région. Par ailleurs, ils doivent être en mesure de s’engager pleinement durant les six jours de ce laboratoire.

L’année dernière, vous avez produit un court métrage sur le Liban…
Effectivement. Il s’agit d’Ash de Yasmina Hatem, dont la première a eu lieu en août 2013 au Festival des films du monde de Montréal. Le court métrage montre comment Saïd, douze ans, demande à son frère aîné, Jamal, de lui trouver un emploi pour pouvoir payer les médicaments de sa mère. Mais la vente de la chicha s’avère très différente de ce qu’il a négocié.

Propos recueillis par Pauline Mouhanna

Le prix du meilleur scénario
Durant chaque période du laboratoire, le prix du «meilleur scénario» est accordé à un 
scénariste. Pour le gagnant, l’avantage est que son court métrage aura un soutien financier et sera produit par Cinephilia Productions. Trois gagnants ont été récemment annoncés de Dubaï, du Caire et de Beyrouth. 
Les trois films seront produits bientôt.

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