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Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

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Jamal Jarrah, député de la Békaa. Le Hezbollah participe au partage de la Syrie

La situation à Ersal, la stratégie du Hezbollah et de l’Armée libanaise étaient au centre d’une rencontre avec le député du Futur Jamal Jarrah, qui a répondu aux questions de Magazine.
 

Le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, dit dans l’une de ses déclarations que Ersal est un territoire occupé par les terroristes. Qu’en pensez-vous?
Ce sont des propos qui remontent à août 2014, alors que les combattants étaient à l’intérieur de Ersal. Le village était bel et bien occupé au vrai sens du terme.

L’armée n’est-elle pas responsable de la libération du village?
Dire que l’armée n’est pas responsable de la région est faux. Elle se trouve à Ersal, aux points d’entrée du village, aux endroits stratégiques, dans les hauteurs du jurd et possède des lignes de défense principales dans celui-ci. C’est inexact de dire que l’armée n’est pas à Ersal. Nous avons à maintes reprises demandé à la presse de s’y rendre pour constater par elle-même. Les journalistes qui s’y sont rendus ont relevé la présence de l’armée et des FSI. Le jurd de Ersal a toujours été une problématique historique. C’est une région de 45 à 50 km de superficie, qui délimite la frontière avec les villages syriens de Qara et Nabak. Les combattants se trouvent sur les hauteurs, et ceci peut être un territoire libanais ou syrien, mais l’Armée libanaise est bien à Ersal et se trouve sur tous les points stratégiques, aux entrées et sorties du village. Elle pénètre à l’intérieur et arrête les personnes réclamées par la justice.

Pourquoi tout ce tapage médiatique autour de Ersal?
Plusieurs raisons sont à l’origine de ce tapage médiatique. Lorsque le Hezbollah est allé se battre au Qalamoun, il a promis la victoire, alors qu’en réalité, il a pris Tallet Moussa et n’a pas réussi à la conserver plus de 24 heures. De plus, les combattants sont venus de Qoussair, Yabroud et des villages occupés par le Hezbollah, qui a chassé les gens de chez eux. Les civils, femmes et enfants se sont réfugiés à Ersal, alors que les hommes s’étaient retranchés aux frontières. C’est également pour couvrir son échec au Qalamoun. Le Hezbollah défend un régime fini et cela provoque une réaction dans la rue chiite, qui se demande si Bachar el-Assad mérite qu’on meure pour lui? Et si l’on meurt pour lui restera-t-il au pouvoir? Pour récupérer ce phénomène de foule, le Hezbollah a prétendu qu’il existait un terrorisme takfiriste décidé à vous tuer. Mais quand on parle de terrorisme, il faut considérer tout le tableau. C’est le Hezbollah qui, par le passé, était un terroriste pour les Français et les marines américains dans les années 80. C’est lui qui a tué Rafic Hariri avec 1 800 kg d’explosifs, et tous les autres après lui. Il ne doit pas accuser l’autre de terroriste, alors que lui pratique la même forme de terrorisme. Daech a combattu contre le Front al-Nosra et l’Armée syrienne libre aux côtés du régime syrien et du Hezbollah. Il prétend que l’armée ne peut pas s’en tirer seule, alors que celle-ci contrôle la situation et se trouve à Ersal. Porter atteinte à l’armée vise à discréditer celle-ci et son commandant en chef, car ils veulent le remplacer par Chamel Roukoz et camoufler leur échec au Qalamoun. De plus, le Hezbollah ne veut pas d’une armée forte, car la Résistance deviendrait inutile.

Certains prétendent que Ersal devrait rester une plaie béante pour déranger le Hezbollah…
Le régime syrien a commencé à partager la Syrie et le Hezbollah participe à sa partition. La région du Qalamoun relie le littoral syrien, Homs et Qoussair à Zabadani et Damas. Le Hezbollah est entré au Qalamoun pour relier ces régions. Ersal, de par sa position géographique, constitue une entrave à ce mini-Etat.

Comment voyez-vous ce qui vient d’être créé sous le titre de Liwa’ el-Qalaa, qui prétend défendre la région?
C’est un rassemblement de tribus et de familles qui ne peut pas se battre contre les combattants. Ils vont finir par agresser les habitants de Ersal, les voler et les intimider. C’est un pas de plus vers la fitna sunnite-chiite.

On disait, en 1975, que les Palestiniens étaient l’armée des sunnites. Aujourd’hui Daech est-il devenu, lui aussi, l’armée des sunnites?
Les sunnites voient en Daech un terrorisme brutal et sanguinaire, qui n’a rien à voir avec la religion musulmane. Daech est l’invention du régime syrien, preuve en est qu’il ne s’est jamais confronté à celui-ci. Au contraire, Daech a combattu aux côtés du Hezbollah et de l’armée syrienne contre l’Armée syrienne libre et le Front al-Nosra. Il a fait main basse sur le pétrole et le vend au régime.

Propos recueillis par Joëlle Seif

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