Magazine Le Mensuel

Nº 3023 du vendredi 16 octobre 2015

general

Dialogue national. Simple report ou échec?

Les raisons sont multiples et le résultat est pratiquement le même: le dialogue est reporté théoriquement jusqu’au 26 octobre, une date relativement lointaine. S’agit-il véritablement d’un report ou d’un refus de déclarer l’échec de ce dialogue sur lequel misait le président de la Chambre, Nabih Berry, et auquel il avait appelé?

Entre les positions en flèche du général Michel Aoun et les déclarations des uns et des autres, force est de constater que le dialogue est dans l’impasse. La troisième journée qui lui est consacrée a été annulée. Les raisons invoquées pour justifier ce report sont multiples. Alors que le Courant du futur voudrait limiter l’ordre du jour à l’élection présidentielle, Nabih Berry et Walid Joumblatt estiment que, dans le contexte actuel et la crise que traverse le pays, la démarche adoptée devrait être identique à celle de Doha: un accord global qui comprendrait une entente sur le président de la République, le gouvernement et la loi électorale. Le Courant du futur refuse d’aborder un autre sujet et de passer à un autre point de l’ordre du jour tant que l’affaire de l’élection présidentielle n’est pas réglée.
Pour Berry et Joumblatt, le dialogue devrait porter sur ces trois points et ne pas se limiter uniquement au président de la République. Selon des sources proches des participants au dialogue, les discussions sont devenues stériles et tournent en rond autour des qualités du président, sans enregistrer aucune percée. Sur un autre plan, avec l’échec du compromis sur les nominations militaires et les dernières positions du général Michel Aoun affichées à l’occasion de la commémoration du 13 octobre et lors de l’émission télévisée de la OTV, mardi soir, le leader chrétien, avec l’appui du Hezbollah, pourrait passer à l’escalade. Il pourrait carrément se retirer du dialogue et geler sa participation au gouvernement, surtout que son acceptation du dialogue s’est faite sous l’impulsion du Hezbollah afin de démontrer sa bonne foi et de laisser une chance à l’initiative de Berry qui avait appelé à la tenue de ces réunions. De plus, le général Aoun a constaté que le Courant du futur profite du dialogue pour l’isoler politiquement, sans lui offrir aucune concession en contrepartie.
 

Frangié appuie Aoun
Le voyage du président Berry en Roumanie et, ensuite, à Genève tombe à point pour reporter le dialogue. En principe – et si bien sûr elle a lieu – la prochaine séance du dialogue devrait se tenir à Aïn el-Tiné afin d’alléger les mesures de sécurité adoptées dans le centre-ville.
Le chef des Marada, Sleiman Frangié, s’est dressé contre la tentative du 14 mars d’insinuer que le nom du général Aoun n’est plus parmi les présidentiables, car il n’est pas accepté par certaines forces politiques. Il a réitéré son appui au général Aoun et a affirmé qu’on ne peut éliminer personne. Il a appelé à étudier les prérogatives du président de la République. Frangié s’est également demandé pourquoi on exige que le chef de l’Etat soit centriste et pas le Premier ministre? Pourquoi le général Aoun est refusé, alors que l’on devrait accepter un chef du gouvernement qui n’est pas centriste? Pour Frangié, le centrisme est une carte aux mains du 14 mars qu’il utilise contre ses adversaires. Les proches du leader chrétien du Liban-Nord rapportent que le chef des Marada ne croit pas à une élection présidentielle dans un proche avenir et pense que la solution n’est pas au Liban. Il faudrait attendre que la situation soit réglée en Syrie et dans la région. Il ne faut rien espérer avant 2017, à moins que la récente intervention russe ne fasse bouger les choses et accélère toute solution.
Pendant ce temps, le président Berry a dévoilé avoir reçu de la part de Walid Joumblatt les qualifications du président de la République. Il attend toujours l’avis de deux autres parties sur cette question. Le président de la Chambre se pencherait sur toutes ces qualifications pour tenter de trouver un dénominateur commun sur lequel tout le monde pourrait tomber d’accord.

 

Joëlle Seif
 

En attendant l’accord
Jusqu’à nouvel ordre, le Liban n’aura pas de président de la République. Il faudrait attendre pour cela un accord entre les Etats-Unis, la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite, dont les conditions ne sont pas encore réunies. Telle serait en substance l’opinion de Walid Joumblatt qui serait également surpris par l’attitude de ceux qui refusent l’ouverture d’autres dossiers ou le fonctionnement des institutions avant l’élection d’un président, surtout que ceux-là savent parfaitement que la solution n’est pas au Liban.

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