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Nº 3029 du vendredi 27 novembre 2015

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Walid Khoury, député de Jbeil. «Notre camp politique est soudé»

«Notre camp politique est soudé et n’a jamais vacillé depuis que toutes ses composantes, dont Sleiman Frangié, ont déclaré haut et fort que leur candidat à la présidence est Michel Aoun. Je n’ai aucun doute sur ce plan, actuellement, rien n’a changé». Interview de Walid Khoury, député du Courant patriotique libre (CPL) à Jbeil.
 

Le Liban se dirige-t-il vers l’élection d’un président de la République?
Les développements en Syrie semblent indiquer que nous sommes dans une phase de changement. Mais en ce qui concerne l’élection d’un chef de l’Etat, nous devons prendre en considération plusieurs facteurs que le CPL n’a eu de cesse de répéter: nous devons essentiellement renforcer l’équilibre au sein des institutions entre les composantes du pays. Pour cela, retrouver un rôle chrétien essentiel sur la scène interne est fondamental. Or, les chrétiens pâtissent déjà d’une loi électorale qu’ils considèrent injuste à leur égard, même si la parité a été consacrée à Taëf. Au niveau de la présidence, dont les prérogatives ont déjà été affaiblies, ils ont souvent été confrontés à des scénarios qui ne prennent pas en compte la volonté de leur électorat. Notre principal argument, celui de la représentativité chrétienne, n’est pas retenu. Le problème de la présidentielle ne réside pas uniquement dans le vide actuel mais, de manière plus structurelle, dans l’incapacité des chrétiens à élire, du moins depuis la fin de la Guerre civile, un président qui les représente réellement. Nous sommes un pays démocratique où chaque communauté a des droits qui doivent être préservés. D’ailleurs, ceux qui réclament la démocratie pour la Syrie devraient d’abord l’assurer dans leur pays, en ne refusant pas de donner ses droits à une des composantes essentielles du tissu social.

Actuellement, le nom de Sleiman Frangié revient en boucle. Sa rencontre avec Saad Hariri, à Paris, conforte certains observateurs dans leurs analyses: il pourrait être le prochain locataire de Baabda avec l’aval de l’Iran et de l’Arabie saoudite. Appuieriez-vous ce scénario?
Il y a quelques mois, le général Michel Aoun a également rencontré Saad Hariri et réussi à tisser un dialogue avec le Futur. Comment cela s’est-il soldé? Par un non-aboutissement du dialogue qui semblait pourtant si prometteur.

Vous dites donc que Sleiman Frangié n’a pas plus de chance que le général d’accéder à la première magistrature?
Notre camp politique est soudé et n’a jamais vacillé depuis que toutes ses composantes, dont Sleiman Frangié, ont déclaré haut et fort que leur candidat à la présidence est Michel Aoun. Et je n’ai aucun doute que sur ce plan, actuellement, rien n’a changé.

Etes-vous surpris ou contrariés par la rencontre inattendue Frangié-Hariri?
Non. Pas du tout. Pourquoi le serions-nous?

Sleiman Frangié a-t-il mis le général au courant de cette réunion qui, en fait, s’est tenue dans la discrétion la plus totale, comme si les deux hommes craignaient que les médias s’en emparent et que leurs alliés ne les boudent?
Je ne le sais pas.

Est-il possible que le président Bachar el-Assad chute en Syrie et que Frangié préside le Liban, comme certains observateurs l’avancent?
La communauté internationale est divisée en ce qui concerne la Syrie: si les Etats-Unis et certains pays de la communauté européenne réclament le départ de Bachar el-Assad, la Russie insiste sur le fait qu’il est incontournable et doit faire partie de la solution à venir. Et de fait, sur le terrain, c’est l’armée syrienne qui, à ce jour, a l’avantage. Certains avancent que si Assad tombe, la question de Daech serait résolue. Mais nous devons nous rappeler que celui-ci a existé bien avant le déclenchement de la guerre en Syrie sous d’autres appellations, dont les talibans en Afghanistan, Boko Haram en Afrique, Abou Sayyaf aux Philippines… Toutes ces forces constituent désormais une nébuleuse mondiale qu’il est urgent d’éradiquer en conjuguant tous les efforts et avant qu’il ne soit trop tard.
 

Propos recueillis par Danièle Gergès

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