Magazine Le Mensuel

Nº 3056 du vendredi 3 juin 2016

En Couverture

Tourisme religieux. Maghdouché, une terre à découvrir

C’est surtout au cours du dernier siècle que le tourisme religieux s’est de plus en plus développé dans le monde. Au Liban, ce marché s’élargit significativement. La région de Maghdouché, à l’est de Saïda, en constitue un exemple surprenant, surtout avec la mise en place d’un nouveau projet que nous présente l’évêque grec-catholique Elie Haddad.

Qu’est-ce qui a été à l’origine de cette initiative?
C’est le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, qui a été à l’origine de cette initiative. Lors d’une visite au sanctuaire de Mantara, il a découvert l’importance de cet endroit surtout sur le plan du tourisme religieux. Surpris du nombre de visiteurs, qui oscillent entre 90 000 et 100 000  annuellement, il a immédiatement réagi en proposant d’élargir la dimension d’accueil du sanctuaire pour le rendre international.

Comment percevez-vous le tourisme religieux? En quoi consiste-t-il? Quelles sont les mesures à entreprendre pour éviter de tomber dans une sorte de «commercialisation» du religieux?
Le tourisme religieux est un pèlerinage. C’est à la fois une promenade dans la nature, vu le beau panorama du lieu où se trouve le sanctuaire de Mantara, mais c’est aussi une visite d’un lieu de culte. Une fois entré dans la grotte du sanctuaire, le touriste peut éprouver le mystère de l’amour de Dieu dans une ambiance chaleureuse de piété et de recueillement. Toutefois, rien n’empêche de permettre à certaines boutiques de vendre des articles religieux, ou à un restaurant de proposer ses services, quitte à respecter les normes de l’aura spirituelle du sanctuaire. Plus encore, un centre d’écoute appelé Metanola a déjà commencé à accueillir les visiteurs. Ce centre a pour mission d’aider les âmes en difficulté à retrouver la paix et à consolider leur foi.
Ajoutons à cela qu’un projet en voie d’exécution verra bientôt le jour: il s’agit de l’édification d’une maison d’accueil pour les pèlerins, de la constitution d’une équipe de guides actuellement en formation, de l’implantation de nouveaux arbres et de différents lieux verts, de la mise en place d’un système de contrôle muni de caméras et d’autres moyens de sécurité, de l’arrivée d’une équipe polonaise pour l’entretien de la grotte, etc.

Qui est la cible visée par ce projet?
Tous les touristes libanais et étrangers qui désirent faire un pèlerinage ou passer un temps agréable en pleine nature sont visés. Aucune distinction entre chrétiens et musulmans n’est faite. D’ailleurs, la Vierge Marie est vénérée aussi bien dans le christianisme que dans l’islam. Il s’agit également de prouver que le sud du Liban est une terre sainte comme l’est la Palestine. Jésus est passé par ici.

Quelle durée de séjour pourriez-vous recommander à quelqu’un qui souhaite découvrir la région de Maghdouché?
La région de Maghdouché est centrale par rapport au tourisme religieux et profane au Liban-Sud. Après deux à trois nuits passées dans la maison d’accueil du sanctuaire, les visiteurs peuvent se rendre à la ville de Sidon, de Tyr (située à 45 Km au sud de Sidon). Visiter Jezzine et le Chouf demeure également possible.

Dans quelle mesure le lancement du tourisme religieux à Maghdouché contribuera-t-il à la prospérité de la région?
C’est une véritable occasion d’encourager les pèlerins et les touristes à découvrir le sud du Liban. Ce pays qui a souffert, pendant vingt ans, d’une guerre atroce, a aujourd’hui besoin d’être redécouvert dans son admirable richesse naturelle et spirituelle. Le pape Jean-Paul II a qualifié le pays du Cèdre de pays «Message». C’est bien au Sud que le message est réellement «vécu». Cette région constitue une mosaïque libanaise incomparable où toutes les confessions vivent ensemble.

Un touriste ne devrait pas quitter la région sans avoir…?
… visité le sanctuaire de Mantara, qui devient une nécessité sur le plan local et international. Tous ceux qui rendent visite à la Terre sainte devraient inclure dans leur trajet le Liban, notamment Maghdouché, Cana, ainsi que la côte entre Tyr et Sidon.

Propos recueillis par Natasha Metni

Photos: DR – Ministère du Tourisme, Liban.

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