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Nº 3063 du vendredi 22 juillet 2016

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Cagatay Erciyes, ambassadeur d’Ankara à Beyrouth. «La Turquie sortira renforcée de cette épreuve»

Cagatay Erciyes, ambassadeur de Turquie à Beyrouth, explique à Magazine les raisons de l’échec du coup d’Etat et ses conséquences sur le pays et sur son rôle régional.

Les Etats-Unis et les pays européens se sont dit inquiets du caractère arbitraire de certaines arrestations opérées après la tentative de coup d’Etat du 16 juillet. Ces craintes sont-elles justifiées?
L’échec du coup d’Etat est une victoire pour le peuple turc et pour la démocratie dans notre pays. Les sacrifices consentis pour empêcher le renversement des autorités démocratiquement élues devraient être appréciés à leur juste valeur. La clique qui a tenté de prendre le pouvoir a bombardé le Parlement, les bâtiments gouvernementaux et les administrations publiques, elle a tiré sur des civils désarmés. Pour la première fois dans l’histoire de la Turquie, tous les partis politiques, quelle que soit leur tendance, se sont dressés, ensemble, contre la tentative de putsch. Les gens sont descendus dans la rue pour défendre la démocratie et empêcher un retour en arrière. Ce sont eux qui ont sauvé le processus démocratique. Le peuple turc ne veut plus revenir à l’ère des coups d’Etat.

Le président Erdogan a mentionné le possible rétablissement de la peine de mort. Est-ce là un bon signe?
Le rétablissement de la peine capitale, supprimée en 2004, a été réclamé par des familles de victimes du coup d’Etat. Le président a dit qu’il avait entendu cette doléance et que le Parlement l’examinera. Il a précisé qu’il acceptera la décision du Parlement, quelle qu’elle soit.

Les autorités turques affirment que le coup d’Etat a échoué et que la situation est totalement sous contrôle. Mais pourquoi le gouvernement a-t-il appelé ses partisans à rester sur les places publiques, plusieurs jours après la fin du putsch?
Ce ne sont pas des supporters du gouvernement, mais des citoyens turcs toutes tendances politiques confondues, qui sont dans les rues. C’est toute la société qui est mobilisée pour marquer son attachement à la démocratie.

Quelles seront, selon vous, les répercussions de la tentative de coup d’Etat sur la Turquie et sur son rôle régional?
Je pense que la Turquie sortira renforcée de cette épreuve. Notre pays combat avec détermination les groupes terroristes, notamment l’Etat islamique et la clique de Gülen. Cette organisation terroriste et pernicieuse a infiltré le système judiciaire, l’armée et l’administration. Nous devons éliminer le danger qu’elle représente pour préserver la stabilité.

Mais l’affaiblissement et l’humiliation de l’armée turque ne risquent-ils pas d’avoir des répercussions négatives sur la stabilité du pays?
L’armée turque est l’une des plus puissantes du monde, elle compte 500 000 hommes. Ce n’est pas elle qui a perpétré le coup d’Etat, mais un petit groupe de conspirateurs en son sein. Leur première mesure a été de prendre en otages les dirigeants de l’armée. Tous les ans en août, les généraux de l’armée se réunissent pour discuter de la situation de l’institution militaire. Ils comptaient exclure un certain nombre d’éléments ayant des relations avec l’organisation de Gülen. Ce sont ces officiers qui ont conspiré.
 

Propos recueillis par Paul Khalifeh

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