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Eric-Emmanuel Schmidt sur scène. Mélange d’obéissance et de liberté

Invité par Persona Production, l’écrivain Eric-Emmanuel Schmidt sera sur scène du 7 au 10 juin, pour présenter Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Par nayla rached

Paris, rue Bleue, dans les années 60. Moïse, onze ans, mal aimé, supporte comme il peut de vivre seul avec son père. Monsieur Ibrahim, le vieux sage, tient l’épicerie arabe et contemple le monde depuis son tabouret. Un jour, le regard de Monsieur Ibrahim rencontre celui de Momo. De conversation en conversation, la vie devient plus souriante et les choses ordinaires extraordinaires…
Cette histoire, on la connaît presque tous, qu’on ait lu le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt ou non, qu’on ait vu le film éponyme avec Omar Sharif ou non. Cette histoire, c’est l’un des plus grands succès de Schmidt, traduite en 38 langues, à tel point, comme il le dit, qu’il est devenu désormais, dans beaucoup de pays, «l’auteur de Monsieur Ibrahim».
Récit initiatique, drôle et émouvant, véritable hymne à la tolérance, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est le deuxième volet du Cycle de l’invisible, 6 récits sur l’enfance et la spiritualité, dont font également partie Milarepa, Oscar et la dame rose, L’Enfant de Noé, Le sumo qui ne pouvait pas grossir et Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus.
Paru aux Editions Albin Michel en 2001, le livre est la biographie romancée de son ami Bruno Abraham-Kremer. «Ecrit en quelques jours sur un coin de table pour faire plaisir à un ami», ce monologue fut mis en scène et interprété, durant 600 représentations, en 2001, par Bruno Abraham-Kremer. En 2012, Francis Lalanne interprète le monologue, dans une mise en scène d’Anne Bourgeois, au Théâtre Rive Gauche, à Paris. C’est par un concours de circonstances qu’Eric-Emmanuel Schmidt devient l’acteur de son monologue: en raison d’un engagement préalable, Lalanne était dans l’impossibilité d’assurer neuf représentations. Les amis de Schmidt le poussèrent alors à monter sur scène. Ce baptême terrorisa l’auteur mais obtint une standing ovation du public. Depuis, Eric-Emmanuel Schmidt a interprété son œuvre en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Italie, aux Etats-Unis…
Avec ce dernier spectacle dans la programmation 2018 de Persona Productions, sa fondatrice Joëlle Zraick, relève cette expérience autre qui attend le public. «Eric-Emmanuel Schmidt est auteur avant tout. On vient le voir dire son propre texte, il y a quelque chose de très touchant dans sa manière de le transmettre au public. C’est une autre expérience sur scène». L’Express, relève un «bijou d’écriture, d’émotion, d’humour». «C’est très drôle et très déchirant», écrit Le Figaro. Et pour Télérama, l’histoire de l’écrivain français est «belle et généreuse, pleine de lumière et de tolérance».
«Lorsqu’il récupérera son vieil exemplaire, affirme Schmidt en 2004, Momo découvrira ce qu’il y avait dans le Coran de Monsieur Ibrahim: des fleurs séchées. Son Coran, c’est autant le texte que ce que Monsieur Ibrahim y a lui-même déposé, sa vie, sa façon de lire, son interprétation. (…) La spiritualité vraie ne vaut que par un mélange d’obéissance et de liberté. Voici donc enfin l’explication qu’on me demande toujours, l’explication de ce mystérieux titre, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran».

Nayla Rached
 

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