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Nº 2920 du vendredi 25 octobre 2013

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Chucri Sader, président du Conseil d’Etat. «J’ai un rêve et je compte le concrétiser»

A l’incitation du recteur de l’Université Saint-Joseph (USJ), le père Salim Daccache, la Fédération des Associations des anciens de l’USJ, présidée par Chucri Sader, président du Conseil d’Etat, déploiera les efforts nécessaires dans le but de réconcilier les anciens avec leur université et de leur donner une vision commune du Liban, basée sur les valeurs prônées par leur institution. Interview.
 

Vous avez décidé de vous engager à fond dans le projet de la Fédération des Associations des anciens de l’USJ. Pourquoi?
L’USJ est une université fondée au XIXe siècle au Liban. La faculté de médecine a été inaugurée il y a environ cent ans, celle de droit a ouvert ses portes en 1930. Nous célébrons cette année plusieurs centenaires. L’université s’est développée au fil des ans et compte actuellement dix-huit facultés. Dans chacune d’elle, les anciens sont groupés en association. J’étais moi-même président de l’association de droit, des sciences politiques et des sciences économiques. Toutes les associations ont été regroupées en Fédération des Associations des anciens de l’USJ.

Les Américains ont leurs associations d’anciens très engagées et très puissantes. Celles de l’USJ sont moins actives. Pourquoi ce décalage?
Cette notion d’appartenance, qui existe dans le système américain, n’existe pas à l’USJ. Or, la colonne vertébrale d’une université ce sont ses anciens étudiants, susceptibles de poursuivre ce qu’ils y ont acquis dans la continuité de la culture, des valeurs humaines et morales. D’autre part, l’USJ est née dans le Liban de 1920 et elle a collaboré à sa construction. Les pères jésuites étant des bâtisseurs et des formateurs d’élite. 90% de ceux qui ont gouverné le Liban de 1920 à 1975 sont des anciens de l’USJ. Reconnaissons également que, s’il n’y a qu’une seule opinion publique que l’on n’a pas réussi à rendre débile depuis le début de la guerre à nos jours, c’est celle des universitaires. Ces tentatives d’abêtir les citoyens ont été déployées pour que les seigneurs de la guerre continuent à gouverner et à saper les institutions et tout ce qu’elles représentent. Le Liban saigne de toutes parts et a besoin d’une opinion publique critique. Les anciens de l’USJ et de toutes les universités doivent se regrouper pour peser dans la balance nationale. Le recteur de l’USJ, père Salim Daccache, a souhaité laisser son empreinte dans ce cadre et c’est lui qui m’a demandé de présider cette fédération.

En quoi consiste précisément ce projet?
Il consiste en une réconciliation des anciens avec l’USJ. Ils sont à peu près au nombre de 100 000. Nous leur lançons un appel pour leur dire que nous avons besoin d’eux et que nous souhaitons également nous mettre à leur disposition. Nous voulons tout mettre en œuvre pour nous regrouper autour d’une citoyenneté dont le but est de prôner la liberté, la démocratie, la tolérance et le dialogue dans le respect de l’autre et de ses différences. Ces valeurs qui sont d’ailleurs mises en avant par l’islam modéré. Les valeurs de l’USJ sont universelles et non seulement défendues par des chrétiens. Le Liban ne peut être reconstruit que sur de telles bases. Nous allons également œuvrer à motiver les anciens disséminés à l’étranger. Ceux qui ont émigré sont aussi engagés que leurs confrères restés au Liban, sinon plus. Il s’agit de les convaincre de mettre la main à la pâte, d’établir un lien interactif avec leur institution.

Quel est votre slogan?
«Anciens de l’USJ, unissez-vous».

Comment allez-vous appliquer ce slogan dans la pratique?
La première activité dans ce cadre sera un dîner que nous organisons le 8 novembre et qui sera sponsorisé et animé par des anciens. Nous mettons en place un website interactif, qui comprend toute la base de données concernant les anciens. Nous allons créer un espace-débat et d’échange pour une meilleure vision du Liban et des moyens que nous pouvons mettre en œuvre pour activer sa reconstruction. Nous comptons bâtir «la Maison de l’ancien», où les gens pourront se retrouver. J’ai un rêve et je compte le concrétiser.

Propos recueillis par Danièle Gergès

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