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Nº 2943 du vendredi 4 avril 2014

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Santé

La semaine mondiale d’allergie. Lorsque négliger devient synonyme de fatalité

L’allergie sévère, allant jusqu’à mettre en jeu le pronostic vital du patient, sera le thème principal de la semaine mondiale d’allergie, qui se déroulera du 7 au 13 avril 2014, sous le haut patronage de la WAO (World Organization of Allergy). Une trentaine de pays participeront à cette campagne d’information et de prophylaxie. La Société libanaise d’allergologie et d’immunologie (LSAI), membre de la WAO, participera activement à cet événement.
 

L’anaphylaxie
Président de la Société libanaise d’allergologie et d’immunologie, le Dr Elias Khairallah définit l’allergie sévère comme une «réaction excessive du système immunitaire générée par un contact avec une substance naturelle généralement étrangère à l’organisme». L’anaphylaxie (du grec ana = contraire et phylaxes = protection) est une réaction allergique généralisée qui concerne près de 5% des allergiques, soit environ trois cas pour 100 000 personnes. Elle se définit comme une réaction allergique systémique sévère, potentiellement fatale apparaissant de façon soudaine après un contact avec une substance allergénique. Le choc anaphylactique, la forme la plus sévère de l’anaphylaxie, peut s’avérer mortel en quelques minutes d’où la nécessité d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge rapide.

 

Les formes cliniques
L’anaphylaxie aiguë est la forme la plus spectaculaire et dangereuse de l’allergie. Elle peut revêtir différentes formes cliniques d’une intensité variable, touchant divers organes:
Dans 80% des cas, il peut s’agir de l’installation brutale d’une réaction cutanée (éruption généralisée, démangeaisons, rougeurs généralisées du corps).
Œdème de Quincke avec enflure du visage, des lèvres, de la langue et de la luette.
Difficultés respiratoires (une toux, un bronchospasme, voire un arrêt respiratoire).
Signes digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée).
Malaise (pâleur, sensation de mort imminente, chute de la tension artérielle).
Désorientation, angoisse, perte de connaissance, voire coma et décès.
Plus les réactions cliniques surviennent rapidement, plus elles sont graves, et ce d’autant plus qu’il y a dans les antécédents du patient des accidents anaphylactiques sévères. Dans la plupart des cas, les symptômes apparaissent très rapidement, dans les minutes suivant le contact avec l’allergène. La forme en deux temps d’un choc (anaphylaxie biphasique dans 10% des cas) justifie l’hospitalisation pour surveillance.

 

Facteurs de risque et traitement
Les allergènes, le plus fréquemment à l’origine des chocs anaphylactiques, sont liés aux aliments, aux piqûres d’hyménoptères, aux médicaments et au latex:
Les aliments: ce sont les premiers responsables de l’anaphylaxie (60% des cas). Toute protéine alimentaire est un allergène potentiel. Les plus fréquents étant le lait de vache ou de chèvre, les œufs, le sésame, les crustacés, les poissons, les fruits à coque tels que l’arachide (cacahuète), les noix de cajou, de pécan, pistaches, amandes, des fruits dits exotiques (kiwi…).
Les hyménoptères: les venins d’abeilles, de guêpes et de frelons provoquent 16% des chocs anaphylactiques et sont responsables de plusieurs décès chaque année. Une réaction forte ou sévère doit aboutir à un diagnostic précis avec des tests et à une éventuelle désensibilisation ou immunothérapie préventive chez les apiculteurs par exemple.
Les médicaments: comme pour les aliments, tout médicament peut provoquer une réaction d’hypersensibilité. Les anti-inflammatoires non spécifiques, aspirine, bêtabloquants, antibiotiques et les produits anesthésiques sont le plus souvent impliqués.
Le latex: c’est la quatrième cause d’anaphylaxie (4% des cas), surtout chez les personnes sensibilisées et exposées régulièrement pour des raisons professionnelles ou médicales.
Chez l’enfant et l’adolescent, les aliments sont la première source d’anaphylaxie, alors que les piqûres d’insectes et les médicaments sont le plus souvent en cause chez l’adulte plus âgé.
Un choc anaphylactique est une urgence médicale absolue. Il convient d’alerter immédiatement les secours et de pratiquer les premiers gestes d’urgence. Le seul médicament de première intention de l’anaphylaxie est l’adrénaline injectable. Dans un deuxième temps, le patient peut éventuellement recevoir corticoïdes et antihistaminiques pour réduire les symptômes. (L’Organisation mondiale de la santé recommande de toujours avoir sur soi au moins deux doses d’adrénaline).
Il est primordial que des patients ayant subi un épisode allergique aigu soient avertis des risques encourus et préparés à une éventuelle récidive. Ils doivent disposer d’une trousse d’urgence avec stylo auto-injecteur d’adrénaline, d’un plan d’urgence écrit, d’une identification médicale de la pathologie (bracelet, carte d’allergique…) et doivent être suivis régulièrement par un allergologue.
L’éducation du patient et de son entourage est fondamentale, d’autant que de simples mesures d’éviction de l’allergène identifié peuvent réduire et même éviter le risque de récidive.

Natasha Metni

Test: êtes-vous allergique?
Découvrez si vous ou vos proches courez un risque en répondant aux questions suivantes.

Avez-vous déjà présenté une réaction
allergique sévère généralisée?

Avez-vous déjà présenté une réaction allergique après avoir consommé un aliment en très petite quantité, ou avez-vous déjà développé une réaction au contact d’une substance?
Souffrez-vous d’asthme et d’allergie
alimentaire?

Avez-vous déjà présenté une réaction allergique après avoir consommé des œufs, du lait, des noix, des graines, des fruits de mer, du poisson ou un fruit?
Si vous avez répondu par oui à au moins l’une des questions précédentes, il est possible que vous présentiez un risque de choc anaphylactique, une affection allergique sévère et potentiellement mortelle. Pour plus d’informations et de conseils, appelez votre allergologue.
Source: flyer de l’EAACI (European Academy of Allergy and Clinical Immunology) sur l’anaphylaxie – 2012.

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