Magazine Le Mensuel

Nº 2964 du vendredi 29 août 2014

general

From Bombay to Paris. Un condensé de saveurs épicées

Le réalisateur de Chocolat, Lasse Hallström, revient avec un nouveau film, From Bombay to Paris, the hundred-foot journey, qui tourne encore une fois autour des plaisirs du palais. Quand passion, culture, cuisine et vie s’emmêlent.
 

Après le noir passionnel du chocolat, voici une histoire qui se présente comme un véritable mélange culturel, tant au niveau du casting qu’au niveau visuel et sonore. Tout comme dans Chocolat mettant côte à côte la Française Juliette Binoche et l’Américain Johnny Depp, se jouant de la différence comme élément d’attraction et d’envie de rapprochement, le réalisateur Lasse Hallström sort la même carte pour son dernier long métrage. A l’affiche de ce film donc, des acteurs de nationalités diverses et emmêlées: Helen Mirren, Om Puri, Manish Dayal, Charlotte Le Bon… et même Michel Blanc dans un rôle secondaire. Et le charme opère.
Le film est une adaptation du roman The hundred-foot journey de Richard C. Morais, à l’instigation des producteurs Juliet Blake et de Steven Spielberg qui ont confié la réalisation au Suédois Lasse Hallström. From Bombay to Paris suit l’histoire du jeune Hassan Kadam qui a un don inné pour la cuisine. Après avoir quitté son Inde natale, la famille de Hassan, sous la conduite du père, s’installe dans le sud de la France. Le petit village de Saint-Antonin-Noble-Val, avec ses magnifiques paysages et, surtout, les bons aliments issus de la terre, est l’endroit idéal pour vivre et pour ouvrir un restaurant indien. Mais le bâtiment qui va abriter la Maison Mumbai est situé juste en face, à cent pas, du Saule Pleureur, le célèbre restaurant du village, fier de son étoile Michelin. Et sa propriétaire, Madame Mallory, est tout aussi fière qu’elle est hautaine. C’est alors le début d’une guerre sans pitié menée de manière exubérante et joyeuse à l’écran par les excellents Helen Mirren dans le rôle de Madame Mallory et Om Puri dans le rôle de papa Kadam. Les scènes, où on les retrouve tout à tour se plaignant au maire du village, alias Michel Blanc, ou s’affrontant par des piques laconiques et des propos cinglants, sont délicieusement rafraîchissantes.

 

De métissage et de vie
Et la guerre va bon train, la cuisine indienne et ses épices relevées affrontent la haute gastronomie française et ses recettes peaufinées. Jusqu’à ce que la passion de Hassan pour la grande cuisine française se combine à son don pour orchestrer un festival de saveurs associant magnifiquement les deux cultures culinaires. Le charmant village baigne désormais dans des parfums débordants de vie que même l’inflexible Madame Mallory ne peut ignorer. Cette femme qui était autrefois la rivale de Hassan finira par le prendre en charge… jusqu’à ce qu’il vole brillamment de ses propres ailes…
Productrice de documentaires pour la télévision américaine, Juliet Blake, comme elle le dit, dans des propos rapportés par le site Allociné, est «tombée amoureuse de l’histoire, de son cadre magnifique et de sa thématique: comment la nourriture peut rassembler les gens… J’ai adoré le contraste entre les deux restaurants: le français très propre sur lui, et l’indien, vivant et chaleureux. Dans le premier, on joue du Mozart; dans le second, de la musique de Bollywood bruyante: c’est un choc des cultures vraiment épique. Le roman m’a vraiment interpellée, car il traite de sujets fondamentaux: le racisme, l’intégration et la capacité d’évoluer, ce qui est le vécu de tout immigrant».
C’est exactement cette ambiance dans laquelle nous transporte le film. Un univers de saveurs, de couleurs chaudes, de paysages verdoyants, de marchés bariolés, fruits, légumes, viandes et poissons… Le centre du village grouillant d’effluves et de vie. Et quelques pas plus loin, les deux bâtisses qui s’affrontent et se côtoient, renforçant et diluant tour à tour les contrastes qui les caractérisent, ainsi que ceux de leurs habitants respectifs. Depuis le tonitruant Slumdog Millionaire de Danny Boyle, Bollywood a investi Hollywood, en gardant ce côté qui reste, jusqu’à aujourd’hui encore, exotique. Et le film de Hallström n’échappe pas à la règle. La famille Kadam qui débarque au cœur de ce village français transporte avec elle toute sa culture indienne, non seulement culinaire, mais également musicale, conviviale, familiale. Et le film se joue de ces clichés exotiques qu’il exploite dans un jeu de double facette, dans une sorte de mise en abyme cinématographiquement sentimentale.
Si Manish Dayal et Charlotte Le Bon, respectivement Hassan et Charlotte, la sous-chef de Madame Mallory, se prêtent à un jeu correct et frais, c’est surtout Helen Mirren et Om Puri qui constituent le point fort du film. Parce que dans From Bombay to Paris, il ne faut pas trop s’attendre à de grandes nouveautés ou à un scénario qui sort de l’ordinaire. Le film n’est pas dépourvu de clichés, loin de là. Mais l’image est esthétiquement soignée, colorée et chatoyante. Le divertissement se fait alors un plaisir visuel et émotionnel. De quoi passer un bon moment durant deux heures au cinéma.


Elections film week
L’organisation Nahwa al-Muwatiniya, en collaboration avec l’Association Métropolis, organise la 2e édition du Festival Worlds Alike, Elections film week, autour de la thématique de la démocratie, qui se poursuit jusqu’au 2 septembre 2014.
 

29 août The Party’s over de Rebecca Chaiklin.
30 août Please vote for me de Weijun Chen – La cause et l’usage de Dorine Brun et Julien Meunier.
31 août Secret Ballot de Babak Payami.
1er septembre An African Election de Jarreth J. Merz et Kevin Marz.
2 septembre The candidate de Michael Ritchie.

Les projections débutent à 20h et 22h au cinéma Métropolis.
www.metropoliscinema.net

Nayla Rached

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