Magazine Le Mensuel

Nº 2979 du vendredi 12 décembre 2014

general

L’orgue de Naji Hakim. Unique et grandiose

Dans le cadre du festival Beirut Chants, l’organiste et compositeur libanais Naji Hakim a donné un concert, le mercredi 3 décembre dernier, dans l’église du Sacré-Cœur à Gemmayzé. Ce concert de l’orgue, unique en son genre, était une expérience rare vécue par l’audience.
 

Une soirée particulièrement intéressante: l’orgue a résonné dans la nef de l’église du Sacré-Cœur. En effet, entendre le concert de l’orgue, c’est une occasion rare. D’autant que cet instrument est généralement lié à l’église, de par son histoire, de par sa présence imposante, de par la nécessité d’avoir une salle à l’acoustique particulière pour rendre compte de la puissance de ses percussions sonores.
Mais l’orgue n’est pas exclusif de la musique sacrée. C’est du moins une hypothèse vérifiée le 3 décembre, à l’occasion du concert donné par Naji Hakim.
Ce fut d’abord une Ouverture libanaise, une composition symphonique de Naji Hakim lui-même, aux effluves de l’hymne national du pays. Saccadée, forte, elle alterne les mouvements rapides aux plus rapides qui résonnent légèrement bruyants dans l’amplitude de l’orgue. L’assistance se laisse emporter par le rythme.
A l’intérieur de l’église, calme et sérénité, le respect de l’endroit oblige. Le silence dicté par l’ampleur du son et la rareté de ce genre de concerts.
Naji Hakim n’apparaissait qu’à travers deux écrans interposés placés sur l’autel. Lui et l’orgue ne sont visibles à l’œil nu que par cette transposition et, surtout, par le biais de l’imaginaire emporté par le son. Ce son qui vient du balcon arrière de l’église où trône l’instrument majestueux.
Jouer de l’orgue, manipuler cet ensemble de notes sonores à l’aide d’un clavier et d’un pédalier, semble une œuvre gigantesque amplifiée par la présnce dans un lieu à vocation spirituelle, dans une église.
Le voyage musical se poursuit, avec d’autres morceaux, tels le Récit de Tierce en Taille de Nicolas de Grigny, Prélude et Fugue en sol majeur de Bach, Prélude, Fugue et Variation de César Franck, ainsi qu’Ezpata Dantza, Aalaiki’s salam et Carnal de Hakim.
A travers ce concert, Naji Hakim semble faire un retour aux sources. D’abord au cœur de cet endroit, étant ancien élève du collège. C’est sans doute dans cette église qu’il aurait rencontré la musique de l’orgue qui l’a entraîné en France pour parfaire ses études musicales avec Jean Langlais et au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il a remporté sept prix. Titulaire d’une licence d’enseignement en orgue au Trinity College of Music de Londres et de dix premiers prix internationaux d’orgue et de composition, ainsi que du prix André Caplet décerné par l’Académie des beaux-arts, il occupe plusieurs postes d’enseignant. En 2007, le pape Benoît XVI lui a décerné l’«Augustæcrucis insigne pro Ecclesia et Pontifice» pour l’excellence de son engagement et de son travail au bénéfice de l’Eglise et du Saint-Père. Ses œuvres comprennent des pièces instrumentales, de la musique symphonique et de la musique vocale. Reconnu pour ses improvisations, c’est avec cet exercice, ces instants qui se fixent au moment même, que Naji Hakim clôture son concert.

Nayla Rached

Beirut Chants se poursuit
La 7e édition de Beirut Chants se poursuit jusqu’au 23 décembre au cœur des églises et cathédrales de la ville. Elle sera clôturée par Les Litanies de la Vierge avec l’ensemble Correspondances dirigé par Sébastien Daucé à l’église Saint-Maron.
www.beirutchants.com

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