Magazine Le Mensuel

Nº 3002 du vendredi 22 mai 2015

Confidences Liban

Confidences Liban

Hariri: quatre dossiers au menu moscovite
Quatre dossiers principaux au menu des pourparlers du président Saad Hariri avec les hauts responsables russes:
Les derniers développements en Syrie, la bataille du Qalamoun incluse et la nécessité de mettre le Liban à l’abri de leur impact.
La présidentielle et l’urgence du passage à l’étape du président consensuel, alors que les Russes ont axé leur discours sur la nécessité de mettre fin à la vacance du pouvoir.
Le renforcement de l’armée et des Forces de sécurité intérieure dans leur lutte contre le terrorisme.
La conjoncture régionale à la lumière des retombées de la crise du Yémen qui a sécrété de nouvelles données.

 

Le Hezbollah ingrat?
Le rôle du Département des informations dans la chasse contre les terroristes et la présence du ministre Nouhad Machnouk à l’avant-plan face à Daech et al-Nosra, avec le poids politique et communautaire qu’il représente, n’ont pas été estimés à leur juste valeur par le duo chiite, d’après une source du Moustaqbal. Celle-ci signale que des démarches symboliques et peu coûteuses auraient pu être entreprises en guise d’appréciation des efforts déployés au lieu d’agir de façon à embarrasser Machnouk dans son propre milieu et devant son public, comme ce fut le cas en marge d’une récente cérémonie du Hezbollah.

Le périple d’Assir
A l’issue des batailles de Abra, le cheikh Ahmad el-Assir aurait quitté les lieux à pied accompagné de son frère, de ses trois enfants, de Fadl Chaker et d’autres partisans à travers un chemin rocailleux pour se réfugier dans l’appartement d’Ahmad Hachem, immeuble el-Moustaqbal au cœur de Saïda, comme le véhiculent de récentes informations. C’est là que les hommes se sont rasés – contrairement à la version selon laquelle on avait trouvé les restes de la barbe d’Assir dans l’abri de la mosquée Bilal Ben Rabah- avant de repartir vers la région de Charhabil où ils sont restés quelques jours. De Saïda, Assir, son frère Amjad, ses trois enfants et le cheikh Youssef Honeiné ont mis le cap sur Tripoli à bord d’une camionnette qu’un individu surnommé Abou Hadid leur a débrouillée et qui les a accompagnés au domicile du cheikh Salem Rafeï au Koura qui les a reçus pendant trois mois.
A la suite de cet épisode, Assir est revenu à Saïda dans la même camionnette et s’est mis à changer régulièrement de domicile, tout en cherchant à quitter la ville avec l’aide de Moutassem Kaddoura qui transportait le cheikh recherché d’un endroit à l’autre.

Joumblatt ménage le Hezbollah
Observez le silence: c’est la consigne donnée par le député Walid Joumblatt à ses cadres et proches à la suite des critiques dont il a fait l’objet après son témoignage devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Des sources informées rapportent que le leader druze se dit satisfait d’une partie de son témoignage, à savoir celle relative à sa relation avec le Hezbollah. Il aurait dit à son entourage que sa préoccupation principale était d’éviter les éventuels heurts avec le parti chiite à son retour à Beyrouth. Il considère avoir réussi ce «test» en s’abstenant de tenir des propos qui auraient pu égratigner cette relation. Quant à ses analyses et accusations contre le régime syrien, elles ne laisseront aucune trace, vu que sa position à ce sujet en dehors du tribunal est tout aussi mordante.

Berry, le médiateur
Le président Nabih Berry a réussi à réunir les deux délégations du Fateh – présidée par Azzam el-Ahmad du comité central – et du Hamas représentée par le vice-directeur du bureau politique, Moussa Abou Marzouk. Les deux hommes étant arrivés en même temps à Beyrouth, le chef de l’Assemblée a profité de l’occasion pour organiser une réunion commune. Le mémo qu’il leur a présenté, après les avoir convaincus de la nécessité de renouer le dialogue entre eux, insiste sur les efforts à mettre en œuvre pour parvenir à la réconciliation interpalestinienne et à l’application des accords conclus par le passé à ce sujet, sur la formation d’une commission indépendante et impartiale pour examiner le dossier des fonctionnaires à Gaza et en Cisjordanie, et sur la relance de la commission des cadres afin de mettre de l’ordre au sein de l’OLP.

Rien avant l’accord irano-américain
Le maintien du statu quo au Liban: c’est ce que les diplomates conseillent aux autorités libanaises. Ils souhaitent la prolongation de la vie du gouvernement Salam et la poursuite des dialogues, abstraction faite de leur aboutissement, en attendant de savoir quelle sera la nature de l’arrangement internationalo-régional pour cette partie du monde à la lumière des résultats de l’accord définitif sur le nucléaire entre l’Iran et les Etats-Unis. Cet accord tant attendu devrait mener à un pacte relatif à des aménagements dans les pays où l’Arabie saoudite et l’Iran croisent le fer, comme en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban.

Le Hezbollah sur tous les fronts
Le Hezbollah a décidé de transférer une force composée de dizaines d’experts en armes personnelles, en missiles plus particulièrement, vers les régions adjacentes à Idlib et Jisr el-Choughour, rapportent des sources du parti. Des combattants du Hezbollah, présents dans la région depuis environ un mois, avaient combattu aux côtés de l’armée syrienne dans le sud d’Idlib pour repousser l’attaque lancée par l’Etat islamique et ses alliés après la prise de la ville par les combattants à la fin du mois de mars. Aussi, durant ces deux dernières semaines, Moscou a livré au régime une grande quantité de missiles dont il aurait besoin dans sa bataille de récupération du contrôle de Jisr el-Choughour et d’autres régions dans la mohafaza d’Idlib. En parallèle, alors que les préparatifs se poursuivent en vue d’ouvrir de nouveaux fronts dans les régions nord-est dans le rif de Lattaquié, donnant sur le rif de Hama et le rif sud d’Idlib, les combattants du Hezbollah participaient avec l’armée du régime aux batailles contre le Front al-Nosra et alliés sur les hauteurs proches de la colline de Nabi Younès.

Multiplication des discours
Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait programmé un discours pour le 24 mai à l’occasion du 15e anniversaire de la libération. Pourquoi alors avoir avancé ce rendez-vous? Pour annoncer les résultats de la bataille du Qalamoun et couper la voie aux informations propagées par une certaine presse sur le mécontentement du Hezb quant à l’attitude de l’armée qui refuse de lui apporter son aide contre l’opposition syrienne en territoire syrien. Le 24 de ce mois, Nasrallah reprendra ainsi la parole, d’après ce qui se raconte.

 

 

Assem Kanso raconte la fin de Ghazalé
Le député Assem Kanso révèle que le responsable des services secrets syriens, Rustom Ghazalé, est mort après avoir avalé un antidépresseur qu’il avait l’habitude de prendre depuis qu’il était au Liban. Il dit avoir rendu visite à Ghazalé, dont le corps était marqué d’ecchymoses, à l’hôpital. Les gardes du bureau du général Rafic Chéhadé l’avaient battu après avoir découvert qu’il portait une ceinture d’explosifs à son arrivée chez celui-ci. Kanso indique que Ghazalé s’était auparavant rendu dans son village Karfa (Deraa) en tenue militaire, un gros cigare à la main, et avait mis le feu à sa propre villa devant les caméras et les journalistes qu’il avait invités à l’accompagner. Le jour même, Chéhadé ayant appris la nouvelle, a envoyé des soldats au bureau de l’ex-responsable des S.R. pour obtenir la vidéo afin de l’envoyer au président Bachar el-Assad, avant sa projection sur les chaînes de télé et les réseaux sociaux. Ghazalé a alors pris contact avec Chéhadé pour l’insulter et le menacer, avant de se présenter à son bureau. Rustom Ghazalé n’a pas été assassiné, affirme Kanso, mais la quantité d’antidépresseurs qu’il a ingurgitée après cet incident lui a été fatale. Il est décédé avant que l’antidote commandé aux Etats-Unis pour le soigner ne parvienne à destination. C’est Ghazalé, poursuit Kanso, qui avait découvert le complot Khaddam-Kanaan-Chehabi contre Assad, et il était l’un des candidats au poste de ministre de l’Intérieur. La deuxième épouse de Ghazalé (une Libanaise de la famille Oueidate) avait pris la fuite, avec 20 millions de dollars qu’un Etat du Golfe lui avait versés, et avec l’accompagnateur personnel de son mari. Mais elle a été contrainte de revenir.

Le dialogue pour la sécurité
Malgré le peu de résultats directs enregistrés, le dialogue politique entre le Hezbollah et le Moustaqbal génère un climat de sécurité, surtout dans la capitale et sa banlieue. Sans cela, la querelle collective déclenchée entre les «Arabes de l’abattoir» à Khaldé, au sud de Beyrouth, aurait dégénéré en conflit armé. A l’origine de la bagarre, la mort au combat en Syrie d’un élément des Saraya de la résistance rattachées au Hezbollah, le mois passé. Ali Mohammad Askar, qui a été tué dans les batailles du jurd du Qalamoun, est issu d’une famille sunnite des «Arabes de l’abattoir» qui vit dans cette région. Dès que l’information s’est propagée, les familles, toutes de la communauté sunnite, se sont scindées en deux groupes. Les supporters de l’opposition syrienne sont alors descendus dans la rue, certains ont voulu attaquer les éléments des Saraya, appartenant dans plusieurs cas aux mêmes familles qui résident dans ce quartier. L’armée est alors intervenue pour séparer les belligérants et prendre le contrôle de la situation.

Fayçal Karamé calme le jeu
«Une approche politique préventive», c’est ainsi qu’une source de Tripoli qualifie l’intervention verbale du ministre Fayçal Karamé dans l’affaire Samaha, après les mises en garde successives des rapports sécuritaires sur la volonté de certains acteurs radicaux de replonger la ville dans une spirale de violence et d’escalade. Les Comités islamiques qui ont fait monter la tension, à en croire cette source, regroupent principalement les vestiges du Comité des ulémas musulmans et du parti Tahrir aux côtés des députés Mouïn Merhebi et Khaled Daher. «L’irruption» de Karamé avec d’autres personnalités tripolitaines dans ce dossier a réussi à faire échec aux mouvements de ces comités qui bénéficient de la sympathie du ministre de la Justice, Achraf Rifi, et à prouver le nombre réduit de leurs adeptes. Le nombre des participants au sit-in organisé à la suite de la publication du verdict contre Michel Samaha n’a pas dépassé la centaine. Cela malgré l’exhortation des fidèles du vendredi dans la mosquée Mansouri à se diriger vers la mosquée al-Salam pour protester. Des appels intensifs ont également été lancés via les réseaux sociaux par ces comités qui semblent avoir échoué à obtenir l’appui de la rue tripolitaine.

Les promesses du ministre
Les acteurs politiques, qui se sont ouvertement attaqués aux verdicts du Tribunal militaire, ne réalisent pas les conséquences de leurs positions au plan législatif. Les milieux d’une instance supérieure estiment que l’appel à l’élimination de ce tribunal, à l’instar d’autres pays qui ont mis fin aux tribunaux privés, n’est pas conforme à la réalité. La majorité des pays démocratiques, en Occident et ailleurs, continuent à ce jour à compter sur le système des tribunaux privés. L’annulation de ce genre de tribunaux entraîne la suppression de tous les autres tribunaux privés qui font partie de la structure juridique au Liban, comme le conseil d’arbitrage du travail, les tribunaux du travail, ou encore les tribunaux religieux…
Les sources considèrent que l’ignorance des principes législatifs ou leur soumission à des intérêts politiques immédiats affaiblissent le pouvoir judiciaire face aux deux pouvoirs exécutif et législatif. Elles révèlent par ailleurs, que l’un des ministres s’était engagé à mettre au point un «deal» pour libérer les détenus islamistes à l’instar de ce qui s’était produit en 2005.
 

 

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