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Nº 3100 du vendredi 5 avril 2019

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Santé

Deuxième cas de rémission. Un nouvel espoir pour les malades du Sida?

Un second cas de rémission d’un patient infecté par le VIH a été annoncé début mars par la revue britannique Nature. Une nouvelle qui ouvre des perspectives pour la recherche d’un traitement capable d’éradiquer enfin le virus du sida. Ce second cas de rémission a été annoncé, le 5 mars dernier, par la revue scientifique britannique Nature.
 

L’auteur de l’étude, le Pr Ravindra Gupta, indique dans son article que le virus est désormais «indétectable» dans l’organisme du patient, malgré l’arrêt de son traitement antirétroviral depuis 18 mois. Le malade, traité par une greffe de moelle osseuse pour soigner un lymphome de Hodgkin à un stade avancé, ne présente plus de charge virale. C’est en 2016 que ce patient, dit «de Londres», bénéficie d’une greffe de cellules souches de moelles osseuses de la part d’un donneur porteur d’une mutation génétique rare, delta-32. Or, les porteurs d’une telle mutation ne possèdent pas de gène du récepteur CCR5, auquel le VIH doit s’accrocher pour infecter une cellule, rendant impossible leur contamination par le virus. Les médecins du patient de Londres ont indiqué que «remplacer les cellules immunitaires du patient par les cellules ne contenant pas ce récepteur semble permettre d’empêcher le virus de se multiplier», expliquent les médecins du patient de Londres. Bien évidemment, en l’état, cette intervention n’est pas généralisable à toutes les personnes
infectées par le VIH, mais elle ouvre des perspectives pour la recherche d’un traitement.

TRAITEMENT LOURD
Le premier cas de rémission a été constaté il y a douze ans, avec la guérison inédite d’un patient infecté par le virus du Sida. Timothy Brown, surnommé le «patient de Berlin» avait été soigné pour une leucémie. En 2007, cet Américain séropositif de 40 ans vivant en Allemagne, avait été traité pour une leucémie, un cancer du système immunitaire avec une chimiothérapie et une radiothérapie. Deux traitements qui suppriment entièrement les cellules immunitaires défaillantes. Une greffe de moelle osseuse lui avait ensuite été administrée, afin de produire de nouvelles cellules immunitaires saines. Préalablement à la greffe, les médecins demandent à Timothy Brown d’interrompre la prise de ses antirétroviraux pour le VIH, afin de ne pas nuire à la réussite de l’opération. Stupeur chez les médecins quand ils constatent, par la suite, que le VIH est indétectable dans son sang.
Douze ans après, le patient de Berlin est toujours en rémission. Mais selon le portail VIH/Sida du Québec, «certains chercheurs ont cependant trouvé des traces d’ARN viral résiduel dans certains (de ses) tissus». Timothy Brown est-il réellement guéri? La question reste entière. Le second cas de rémission enregistré à Londres suscite en tout cas, de nombreux espoirs. Si une thérapie par les gènes s’avère a priori trop complexe pour être applicable à tous les malades du sida, en revanche, les perspectives d’aboutir à un traitement visant à éradiquer cette maladie sont réelles.

NOUVELLES PISTES
En effet, les deux cas de Berlin et de Londres ouvrent de nouvelles pistes de recherches autour du récepteur CCR5, qui s’ajoutent à d’autres déjà existantes. En juillet 2018, des chercheurs menés par le virologue Dan Barouch avaient annoncé avoir suffisamment progressé sur l’hypothèse d’un futur vaccin contre le VIH. Un vaccin expérimental avait en effet provoqué une réaction immunitaire chez des sujets humains. Le Pr Barouch avait estimé dans la revue scientifique, The Lancet, que «ces résultats représent(aient) une étape importante», même s’il était encore tôt pour se réjouir. L’étude qu’il avait publié en juillet dernier rapportait les résultats d’un test chez 393 adultes en bonne santé, séronégatifs, âgés de 18 à 50 ans, en Afrique de l’est, Afrique du sud, Thaïlande et aux Etats-Unis. Une réponse immunitaire « robuste » avait alors été enregistrée.
Un test de ce vaccin expérimental devait être lancé sur 2 600 femmes en Afrique australe, mais les premiers résultats ne sont pas attendus avant 2021 ou 2022. Ces avancées font renaître l’espoir pour les quelques 37 millions de personnes vivant avec le VIH ou le sida, d’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé, tandis qu’1,8 million de cas sont contractés chaque année. Parmi ces 37 millions de personnes vivant avec le VIH, seules 59% bénéficient d’un traitement antirétroviral.

JENNY SALEH

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